20/11/2018 01:43:08
Cameroun- Kamto Fidèle à lui-même : "Je ne marcherai jamais sur le sang des camerounais pour arriver au pouvoir"

" Ils peuvent vous empêcher de manifester, mais ils ne peuvent pas changer vos cœurs (…) car je sais que vous me portez dans vos cœurs ". " l'efficacité n'est pas dans le bruit et la violence " " l'efficacité est dans la tête ". Des phrases fortes qui mettent en exergue s'il était nécessaire, le sens des responsabilités de l'homme, le pacifisme d'un Maurice Kamto pointé du doigt par les va-t-en guerre de l'ancien régime comme l'instigateur d'une révolution qui se prépare.

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Les populations de la capitale économique buvant comme du petit lait, le discours du "président élu"


" Ils peuvent vous empêcher de manifester, mais ils ne peuvent pas changer vos cœurs (…) car je sais que vous me portez dans vos cœurs ". " l'efficacité n'est pas dans le bruit et la violence " " l'efficacité est dans la tête ". Des phrases fortes qui mettent en exergue s'il était nécessaire, le sens des responsabilités de l'homme, le pacifisme d'un Maurice Kamto pointé du doigt par les va-t-en guerre de l'ancien régime comme l'instigateur d'une révolution qui se prépare.


Depuis l'élection présidentielle du 7 octobre 2019, un vent de "nouvelle façon de faire de la politique" souffle sur le Cameroun. Et l'architecte de cette révolution n'est autre que Maurice Kamto, candidat présumé vainqueur dudit scrutin, qui l'a encore démontré cet après-midi à Douala, où il a attéri en provenance d'Addis-Abeba.


Déjà à son arrivée à Douala en début d'après-midi où des centaines de personnes, dont des militants du Mrc -son parti- étaient massées pour lui réserver un accueil digne de ce nom, Kamto a  opposé aux autorités de la police qui voulaient l'empêcher de séjourner à Douala, une résistance tout ce qu'il y a de pacifique, mais dont la fermeté ne démordait nullement, pour avoir le droit de communier avec ses fans de la capitale économique. C'était déjà extraordinaire, quand on sait que depuis le rétablissement du pluralisme politique de façade au Cameroun, les adversaires du président Biya ont toujours été soit obligés de battre en retraite, soit de se livrer à la violence à travers leurs militants, pour se faire entendre. Généralement, les choses se terminent par un bain de sang, au profit de la police, si tant est que tuer des militants de l'opposition peut-être considéré comme une victoire.

Avec Maurice Kamto, les choses vont autrement. Il campe sur ses principes,  mais ne prête jamais le flanc aux adeptes de la violence gratuite. Et il faut avoir perdu le Nord pour le violenter,  et prendre sur soi la responsabilité du désastre qui peut s'ensuivre.  

C'est pourquoi cet après-midi de lundi, après avoir parlementé avec la bête noire de la "Sardinavie", la police n'a pas trouvé mieux que de revenir à des sentiments plus républicains pour laisser le si honni « Tonton Maurika » s'offrir le bain de foule qui était prévu pour lui par une population de Douala à lui largement acquise, depuis l'aéroport de Douala jusqu'au siège du Mrc au quartier Grand Moulin  à Deido.

 
Sur plus de 15 kilomètres, les populations de la capitale économique se sont massées au bord de la route, depuis l'aéroport de Douala jusqu'à Deido, pour saluer le héros de la présidentielle du 7 octobre, de retour de l'Union Africaine.
 
Et quand le président élu (mais déclassé par le Conseil Constitutionnel) du Cameroun se juche sur le balcon de l'immeuble qui abrite le siège de la Fédération Mrc du Wouri, les populations qui ont envahi la rue sur une centaine de mètres à la ronde et qui sont au bord de l'hystérie, attendent non seulement qu'il leur dise ce qu'il a récolté de son périple éthiopien, mais aussi qu'il lance le mot d'ordre décisif qui  leur permettra d'en découdre une fois pour toutes pour récupérer la "victoire volée". Mais l'agrégé de droit, est un féru de politique : il est venu à Douala pour apporter son soutien à tous ceux qui se battent pour que l'élection présidentielle du 7 octobre se réapproprie son véritable sens, mais qui sont arrêtés, bastonnés et traduits en justice comme ce sera le cas le 4 décembre prochain pour sa camarade, l'avocate Michèle Ndoki et 41 autres, qui ont douloureusement expérimenté dans leur esprit dans leur chair  la pratique de l'iniquité et de la violence en politique, lors d'une manifestation de protestation contre le hold-up électoral, le 27 octobre dernier : omoplate cassé, nez cassé avec la crosse d'une kalachnikov…

Pour l'homme politique humaniste, c'est le sort de ces personnes qui passent avant tout triomphalisme sur les suites de son voyage à Addis-Abeba, où selon certaines informations, vont se jouer les prolongations du dernier match électoral au Cameroun, avant, si nécessaire, la vérification de tout ceci par les tirs aux buts à l'ONU.

On croit alors être au bout de la sagesse en politique, quand Maurice Kamto déploie l'artillerie lourde qui va finir de désarmer jusqu'aux nombreux commissaires de police accourus sur les lieux, on s'en doute, pour parer à toute éventualité, probablement en donnant l'ordre de casser de l'opposant  pris en flagrant délit d'apologie du terrorisme et d'incitation à la ré…volution :    

" Ne faites pas de manifestations non autorisées. Je ne veux perdre aucun d'entre vous (...) "" Je ne marcherai jamais sur le sang des camerounais pour arriver au pouvoir ".


Discours de communion de l'homme du 7 octobre 2018 avec le peuple de Douala

Message reçu cinq sur cinq. Mais les Camerounais auront-ils la patience et le bon sens d'un Kamto dans un pays qui se délite de plus en plus, où à cause des 13 coupures intempestives d'électricité enregistrées ce jour dans la ville, notamment au canton Deido, l'émeute a été évité de justesse lundi parce que les populations attendaient de recevoir dans la paix ce défenseur de leur cause ? Kamto sera-t-il toujours compris par ces populations qui, après son départ de Douala, ont encore dû subir trois bonnes autres coupures d'électricité entrecoupées de rétablissement qui duraient à peine 10 minutes, et qui ont été prolongées jusqu'à mardi à 00 heure 52 minutes ?

On le souhaite, mais il semble que bientôt, la voix de Kamto sera bien trop petite pour ramener les Camerounais à la raison, poussés qu'ils sont à la déraison par la gouvernance je-m-en-fichiste du pays par ceux qui pensent que « tant que Yaoundé respire, le Cameroun vit. ».

Ndam Njoya Nzoméné

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