23/07/2019 16:15:11
Mamadou Mota déshabillé, torturé et écrasé avec des rangers par les soldats de Biya. Le coût élevé du pacifisme au Cameroun (Tribune)

Révoltant ! Ni plus, ni moins! Mais le traitement que le régime de Biya -fut-il aussi légitime que le disent ses partisans- inflige à ceux qui ne chantent pas sa chanson, ne louent pas son dieu et n'avalent pas goulument la salive quand il défèque, ne rampent pas sur leur ventre quand le dieu fait homme du Cameroun respire, a aussi du bon...

TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille




Révoltant ! Ni plus, ni moins! Mais le traitement que le régime de Biya -fut-il aussi légitime que le disent ses partisans- inflige à ceux qui ne chantent pas sa chanson, ne louent pas son dieu et n'avalent pas goulument la salive quand il défèque, ne rampent pas   sur leur ventre quand le dieu fait homme du Cameroun respire, a aussi du bon, en ce sens qu'il nous renseigne à suffire  sur l'inanité de l'action  politique pacifique, civique et civilisée, dans un pays officiellement ensauvagé et envahi au plus haut niveau de la direction de l'Etat par des bêtes féroces.

Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je commence à penser qu'il y a des policiers, des militaires et des gendarmes payées par certaines forces méphistophéliques tapies dans l'ombre et résolues à faire imploser définitivement le Cameroun,  pour nous donner la preuve que les Anglophones d'Ambazonie ont eu raison avant tout le monde.  Avant nous tous, nous autres, qui nous accrochons encore au doux rêve du dialogue qui permettra d'aplanir les différends entre fils du Cameroun.

J'ai peut-être tort, mais après avoir vu ce qui a été fait dans la nuit de lundi à mardi à des compatriotes emprisonnés sans jugement qui ne demandaient qu'à être jugés et condamnés, afin que soit sauvée la face de leur oppresseur, lequel oppresseur n'est autre que  cette justice camerounaise qui ailleurs se veut le dernier rempart contre l'arbitraire, qu'il soit le fait du fort ou du faible, mais qui sous nos cieux, jouit de l'infâme réputation d'être la seule justice au monde dotée de grands yeux ouverts et globuleux,  pour distinguer entre les justiciables, lesquels, en raison de leur appartenance politique, pour une même action de marcher  pour dire « Non au hold-up électoral » ou de marcher pour dire « Pô Mbia Oyééééééééé ! », doit être mis en détention provisoire illimitée, jugé par un tribunal en violation de toutes les lois et chartes,  ou être libre de vaquer à des festins copieux et bien arrosés.

Bien sûr, c'est antinomique avec la tradition de la vraie justice qui veut que celle-ci soit aveugle, n'applique que la même loi pour tous, sans rancœur, ni complaisance, et ne se fiant qu'à sa conscience pour délivrer des édits, qui sont du reste aussi  invariable que les propriétés d'une eau potable, quelles que soient la taille, la couleur, la naissance, la puissance, le nombre de doigts et d'orteils du justiciable.  Oui, la seule justice au monde qui se fait flétrir pour sa propension pathologique à emprisonner les individus avant de se mettre à en chercher les raisons (Ceux qui ont vu la justice camerounaise dans les procès Edouard Etonde Ekoto et Paul Eric Kingue ne me démentiront pas).

La justice camerounaise est priée de me contredire en s'inspirant de l'illustration ci-dessus pour ouvrir une information judiciaire à l'encontre de ceux qui ont rendu possible cette image de la deuxième personnalité du MRC et de ses compagnons de détention, l'air d'avoir été traversés par l'ouragan Mitch. Ou plus prosaïquement, d'avoir été soumis à la torture, à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. En totale et
flagrante violation  de la Déclaration universelle des droits de l'homme du 10 décembre 1948.

Ndam Njoya Nzoméné

Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE