13/03/2012 01:48:40
Côte d'Ivoire. Ben Soumahoro «allume» les Ouattara
L'ancien député de Bako accuse l’élite ivoirienne dans son intégralité d’avoir été collectivement complice de l’aventure politique d’Alassane Ouattara et de son épouse, qui ont fini par conquérir la Côte d’Ivoire à coups « de mensonges, de duperie et de tromperie ».
Le nouveau courrier
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Dans un texte disponible en intégralité sur Internet, l’ancien député de Bako accuse l’élite ivoirienne dans son intégralité d’avoir été collectivement complice de l’aventure politique d’Alassane Ouattara et de son épouse, qui ont fini par conquérir la Côte d’Ivoire à coups “de mensonges, de duperie et de tromperie”.

L’honorable Mamadou Ben Soumahoro dit Waraba revient à la charge, une semaine après sa dernière sortie «consacrée» à Guillaume Soro. Cette fois, l’ex-député de Bako s’attaque à Alassane et Dominique Ouattara qu’il accuse de «crimes et de mensonges». «Alassane Dramane Ouattara s’est tracé avec aisance un véritable boulevard qui l’a conduit, le 11 Avril 2011, à la Présidence de la République de Côte d’Ivoire. Nous oublions souvent que la guerre que nous a livrée Alassane Dramane Ouattara a duré 20 ans !», attaque d’emblée l’honorable Mamadou Ben Soumahoro, dans une adresse aux Ivoiriens, samedi dernier.

Selon lui, Alassane et Domique Ouattara se sont accaparés la Côte d’Ivoire, comme un braquage de banque, à coups «de mensonges, de duperies, de tromperie ». «Aucun Ivoirien n’a été surpris par la fin du film. C’est le début de l’histoire qui a surpris même les observateurs les plus avertis et les plus concernés. Alassane Dramane Ouattara et Dominique Folloroux n’intéressaient personne et quand des vérités évidentes les concernant étaient mises sur la place publique, ceux qui devaient y prêter attention et en tirer les premières conséquences détournaient pudiquement la tête, parce qu’ils ne se sentaient pas directement et personnellement visés. Nous avons tous été à divers titres responsables de ce manque de vigilance à cet égard. Nous avons tous été à un titre ou à un autre les complices conscients, inconscients ou complaisants de ces petites et grandes manoeuvres d’Alassane Dramane Ouattara et de Dominique Nouvian Folloroux pour parvenir au pouvoir d’Etat en Côte d’Ivoire. Et plus nous étions élevés dans la hiérarchie des structures de l’Etat, plus nos responsabilités étaient grandes, plus nous étions encore plus sourds, plus aveugles mais surtout plus muets», soutient Waraba.

L’ex-député de Bako ne manque pas de remettre en doute la capacité d’Alassane Ouattara à diriger la Côte d’Ivoire, à faire face aux problèmes sociaux auxquels sont confrontés les Ivoiriens. Parce qu’au dire de Ben Soumahoro, Ouattara n’a d’yeux prioritairement que pour la France de Nicolas Sarkozy à qui, il a offert la Côte d’Ivoire mains et pieds liés. Les autorités françaises, affirme Waraba, ont trouvé en Alassane Ouattara un «exécuteur-testamentaire », pour le compte prioritairement des intérêts de la France. «Il (Alassane Ouattara, ndlr) est policé jusqu’aux confins de l’obséquiosité. Mais tout cela cache une brutalité extrême et une absence totale d’état d’âme devant les problèmes humains», estime-t-il. Affirmant que le problème de Ouattara «reste un problème moral et un problème de dignité». Pour la petite histoire, Ben Soumahoro – qui promet d’en rajouter une couche au sujet des révélations inédites sur le couple Ouattara –, raconte une anecdote. Quand il a quitté le RDR, explique-t-il, Hamed Bakayoko est venu le voir pour lui demander de «revenir à la maison» en utilisant des arguments surprenants.



«Tu ne sais pas ce que tu perds. Tous les marabouts ont dit à Alassane qu’il allait diriger ce pays, que ce sera difficile, qu’il connaîtra peut-être même la prison mais qu’il finira par être président», lui aurait confié l’actuel ministre de l’Intérieur. «La conversation n’est pas allée plus loin. Nous étions en 1998. Comme vous le voyez, rien ne devait lui échapper ni lui résister. Les marabouts, les fakirs et les marmiteurs étaient à l’oeuvre, les néo-colonisateurs impénitents aussi. N’allez pas demander à Nicolas Sarkozy de faire son examen de conscience après ce qu’il a fait à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens. Il est le digne continuateur des basses oeuvres de ses aînés et prédécesseurs.

Dans l’intérêt bien compris de la France et de la France seule. (…) D’ailleurs l’année dernière, le plus brillant écrivain français de l’année 2011 Alexis Jenni dont le livre ‘‘l’art français de la guerre a été primé par l’académie Goncourt et dont on dit qu’il est un grand connaisseur de l’Afrique, a exposé avec brio en trois phrases notre infortune et notre impuissance : << Dans les guerres coloniales, on ne compte pas les morts adverses. Ils sont une difficulté du terrain que l’on écarte, comme les cailloux pointus, les racines de palétuviers, ou encore les moustiques. On ne les compte pas parce qu’ils ne comptent pas. >> Dont acte.»

Frank Toti


comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE