Gaza : Destructions d’écoles, d’hôpitaux… Chaque jour la statistique des morts et des blessés s’amplifie (Par Christian Velpry)

Les pervers ont cru qu’ils allaient pouvoir passer, cette fois, à la barbe de l’Onu, réduisant le Conseil de Sécurité à l’impuissance. La motion exigeant les mesures humanitaires a été, contre toute raison, bloquée. Trois pays ont mis leur veto ; un seul aurait suffi, mais il s’agissait sans doute de montrer jusqu’où la monstruosité pouvait aller…

Le 22 novembre 2023

Nous marchons pour défendre les Palestiniens ; depuis combien de temps ? Mais ça fait un demi-siècle ! et on en est toujours là ! ou plutôt, c’est encore pis aujourd’hui !

Mais cette fois — que s’est-il donc passé ? — Les voix horribles des Sheytanous, leurs menaces, les destructions et les massacres, ça ne passe plus : les peuples du monde en ont assez ; l’odeur du sang s’est répan­due, presque immédiatement, sur toute la surface de la terre, la vague de l’émotion a déferlé sur tous les continents, et un cri s’élève : « Assez ! Arrêtez ça ! »

Les pervers ont cru qu’ils allaient pouvoir passer, cette fois, à la barbe de l’Onu, réduisant le Conseil de Sécurité à l’impuissance. La motion exigeant les mesures humanitaires a été, contre toute raison, bloquée. Trois pays ont mis leur veto ; un seul aurait suffi, mais il s’agissait sans doute de montrer jusqu’où la monstruosité pouvait aller…

Le massacre a donc continué. Chaque jour la statistique des morts et des blessés s’amplifie ; destructions d’écoles, d’hôpitaux, etc. Les puissants du monde ne bougeaient guère, ces dernières semaines ; chacun essayait sa chanson avec ses habituels interlocuteurs. Dans les coulisses, des conciliabules se tenaient, certains parlant de cesser le feu, d’autres de trève. Et un beau jour, ce qui devait arriver arriva. La nature a, dit-on, horreur du vide ; aussi, la réduction de l’Onu à zéro créait une sensation de gêne, de vertige : à qui, à quoi se raccrocher ? Comme de juste, à ce qui existe… Personne n’avait prévu que les BRICS allaient prendre la place : l’alliance n’a pas été formatée pour ça. Mais nécessité fait loi. Et c’est du pays où le peuple ressentait le plus la situation comme intolérable qu’est partie la convocation, l’Afrique du Sud.

Ainsi, ceux qui avaient joué, si imprudemment, à mettre l’Onu à zéro ont pu constater que tout ce qu’ils ont finalement provoqué, c’est la prise de responsabilité nouvelle des BRICS. Et il est tellement évident que ce groupe d’États s’est désigné pour faire le travail à la place de la défail­lante Onu, que le Secrétaire général de cette dernière s’est joint à eux, comme si ça allait de soi… Ce qui s’est passé hier est un tournant. Il fallait s’y attendre ; ça s’est produit… Cela ne débouche pas immédiatement sur une solution, il n’y a pas eu de « communiqué commun », les uns sont en bons termes avec Israël, les autres défendent les Palestiniens. Mais désormais, ce sont les BRICS qui héritent du rôle de l’Onu. Enfin donc les violents d’Israël se trouvent face à quelque chose. On attendait ça depuis 75 ans.

Je ne saurais jouer au devin, je ne sais pas plus que mes lecteurs le détail de ce qui va suivre. Mais il y a lieu de croire que le bain de sang va s’arrêter de façon imminente, et que la question qui va se poser, c’est celle de mettre enfin la paix dans le secteur, que les divers pays se constituent en forme d’États régulièrement construits, et acceptant le Droit international. Et que les forces armées étran­gères qui n’ont rien à faire dans la zone finissent pas se résoudre à s’en aller et rentrer chez elles.

Pourquoi a-t-il été si difficile de parvenir au point où nous sommes aujourd’hui ? Je crois pouvoir dire que c’est venu du fait que personne n’avait réussi à nommer les choses par leur nom, auparavant. Il n’avait pu être question de construire le Droit parce que des gens avaient mis en exergue trop d’émotions rattachées à la religion, et s’étaient permis de manipuler les thèmes religieux. En fait, il y a 75 ans, soutenus par les USA, certains qui se faisaient passer pour « le reste des Hébreux » ont érigé une idole. L’idole, c’était leur groupe, auquel ils ont donné nom Israël, nom qu’ils ont utilisé aussi pour nommer le pays qu’ils allaient contruire sur un territoire volé à d’autres.

La fameuse phrase, absurde, « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », n’aurait pas dû pouvoir être reçue comme elle l’a été. C’était une ignominie de l’accepter, et le mal est parti de là. Les non-autochtones se sont précipités, se rassemblant autour du nouveau drapeau, et bien évidemment ils ne pouvaient supporter la vue des autochtones, qui les offusquait comme un reproche vivant.

Je crois que ces deux mots que je viens d’inscrire : « idole », « non-autochtonie » renferment une grande part de l’explication du mal qui a résulté depuis lors. Ceux qui sont guidés par le principe divin se conduisent de façon vertueuse, développent de bons rapports avec leurs voisins, avec les autres humains. Même si les cultes religieux sont différents, les hommes savent excellemment distinguer entre l’universel, ce qui est commun à tous, et le particulier de chaque culture : les frottements se réduisent, l’entente se crée. Mais, il y a ceux qui trichent, et qui, croyant mieux s’assurer, se forgent des idoles, croyant que ça leur permet de violer le droit des autres. Cela amène la violence. Le principe divin favorise la vie, les idoles tuent.

(A ce sujet, j’évite ici de traiter ici au long ce qui constitue un gros souci, je me contente d’en dire seulement quelques mots pour délimiter le sujet : les colonialismes, partout où ils se sont produits, ont toujours créé des idoles, versé le sang, violé le droit des gens ; mon pays, la France, ne fait malheureusement pas exception, et, on le voit en ce moment, il est en train de s’auto-détruire par le fait de ne pouvoir renoncer à ce qu’il croit être ses « possessions » . Toute la pensée dite « humaniste », qui éclôt vers le milieu du XVe siècle, se constituant comme en écho à la colonisation ancienne de l’Égypte pharaonique par les Helléno-macédoniens (vers 300 av. J. C.), mais qui tient encore hélas aujourd’hui, représente une ignominie : elle est fondée sur le mépris des autres et a permis toutes les violences ; elle est même responsable de falsifications de la science…)

Je reviens à la question de l’autochtonie, qui doit être prise au sérieux. Pas question de priver de leur autochtonie ceux qui, par bonheur, l’ont conservée. Mais que faire pour les autres ? Je pense que c’est une revendication légitime, pour tout groupe, de se reconsti­tuer une autochtonie s’il l’a perdue, et quelles que soient les circonstances qui le lui ont fait perdre. Mais retrouver une terre est question bien délicate… Ce qui est apparu avec une singulière évidence dans la crise que nous venons de vivre — et dont je veux espérer qu’il va être possible de sortir — c’est que la violence la plus aiguë se trouve jaillir de chez les peuples non-autochtones, pour les nommer, USA, Israël. Ce sont toujours, bien entendu, des éléments minoritaires, chez ces peuples, qui se mettent à leur tête et impulsent la violence. Ni aux USA, ni en Israël on ne peut dire que tout le monde soit violent, mais les dirigeants qui ont mis les idoles en place ont tout de même réussi à amener une grande part de leurs concitoyens à accepter de plier devant elles, et cette part leur sert de masse de manœuvre ; ces pauvres gens sont pris dans la contra­diction : ils voudraient bien avoir la paix, mais ils acceptent de plier devant de dangereuses idoles…

Il n’est pas indifférent que ce soit les Africains des Brics qui aient déclenché la prise de responsabilité par l’alliance. Les Africains sont proches de dieu : sans rien dire, ils ont senti depuis les débuts d’Israël que l’érection de l’idole faussait tout. Pour eux — et peut-être eux seuls, hormis quelques rares personnes lucides ailleurs — la fausseté du jeu avec la religion était claire. Chez les peuples dominants de l’après-guerre 1939-1945, on a cru pouvoir l’étouffer en utilisant le langage du Droit ; ça n’a pas été possible, alors on a permis à ce pays mal construit, Israël, de se tenir en dehors du Droit. On a vu à quelle impasse cela a mené.

Je remarque aussi quelque chose : les Palestiniens, chassés pour une part de chez eux, s’accrochant, les autres, à la terre qui leur reste, ont beaucoup souffert, mais se sont donné le programme de sauver la vie, avec toutes ses exigences. Ils n’ont pas érigé d’idoles, ils se sont refusé, en dépit de tout ce qu’ils subissaient, à haïr ceux qui leur faisaient du mal. Ce peuple des Palestiniens s’est élevé très haut, c’est un modèle pour toute l’humanité. Il est temps de veiller à mettre fin à son supplice. Et de leur permettre de donner des obsèques dignes à leurs morts.

Dès que la guerre sera arrêtée, il va s’agir de construire les choses, dorénavant, de façon rigoureuse. Renverser les idoles, ne pas permettre d’en ériger de nouvelles ; faire que tous puissent construire leur État de façon qui leur convienne, mais en prenant la ferme résolution de suivre un Droit universellement consenti. Que tous donnent le même sens aux termes de droit de part et d’autre de chaque frontière.

Et puis, il y a ce besoin, presque physique, d’autochtonie. Il va falloir trouver moyen — cela va prendre du temps, et ne pourra se faire que petit à petit — de permettre à chaque groupe de se reconstituer une autochtonie, tout en entretenant de bons rapports avec ses voisins. Cela se présente matériellement comme un casse-tête* ; mais Il suffit, en fait, d’avoir la volonté d’y parvenir, et d’y travailler avec patience. On y arrivera.

C’est la condition, nécessaire et suffisante pour avoir la paix sur terre.

Amen !

Christian Velpry (citoyen français, né en 1937, chercheur en mathématiques et en histoire des sciences.

* Sur le ‘’casse-tête’’, quelques remarques supplémentaires. Tout le monde vient de quelque part. Nous savons maintenant que tous nos ancêtres sont sortis d’Afrique, à des époques plus ou moins reculées. Une idée-guide pourrait être celle-ci, pour une famille, un groupe : revenir aux derniers logis où l’on s’était senti bien. Bien sûr, le monde a changé et les peuples ont bougé. Ceux qui en sont à  chercher un lieu ne reviendront sans doute pas, en fait, au point d’où ils étaient partis : le puzzle des communautés n’est pas fixe, à la surface de la planète. Mais, dans la recherche du futur, il n’est pas nécessaire d’oublier le passé. Pour autant, il ne faut se construire ni fétiche, ni idole. Il faut se retrouver une place au milieu des autres, c’est-à-dire commencer peut-être par apprendre à développer de bonnes relations. S’interdire de cultiver la haine et accepter de croire en la vie, au respect, à l’amour. Choisir ceux avec qui on peut partager la vie, mais en n’oubliant pas que nous sommes les frères ou sœurs, les semblables de tous les autres.

C. V.

N.B. : Remarque sur la date : rencontre curieuse, ce jour est le 60e anniversaire de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy. Les héritiers de ses assassins sont toujours au pouvoir (…).

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