Cameroun/Holdup: De “Allô Fokou” aux “Allô Fokou”, les présages de la radicalisation progressive de la Résistance Nationale

Si tu n’aimes pas le changement, va te pendre, sardinard » : le challenge de "Allô Fokou" de Richard Bona qui fait des ravages

Le propre des dirigeants politiques impopulaires est de rester sourd aux aspirations des peuples au service desquels ils sont placés. Quand bien même ces aspirations font un bruit de tonnerre. Et de ne céder que sous la contrainte, prenant leurs jambes à leur cou quand c’est possible, et par la même occasion, le parti de vivre dans l’infamie le reste de leur misérable vie. Parfois ils connaissent un meilleur sort : celui d’être tué ou de  mourir immédiatement après leur déchéance. Toujours est-il que leur mort ou leur exécution se fait toujours de manière à les plonger dans le déshonneur total des chiens méchants et errants.

De leur désir d’éternité, ils finissent par acquérir la conviction d’être éternels. Ils tuent et vampirisent leurs peuples, ils massacrent des journalistes qu’ils accusent « d’intelligence avec l’ennemi », convaincus par des sorciers et magiciens aussi fous qu’eux, que le sang versé du peuple renforce leur toute puissance.

Que des illusions !

Mobutu Sese SekoKuku Ngbendu wa Za Banga ferma ses oreilles six ans durant aux complaintes de Etienne Tshisekedi pour l’instauration d’un régime démocratique qui, en raison des principes qui guident ce type de système politique, serait obligé de respecter les droits de tous, y compris de ceux qui ont auparavant freiné des quatre fers son avènement. Il ne put quitter le pouvoir avec ses quatre membres, ses yeux et ses oreilles que parce que son fougueux adversaire, Laurent-Désiré Kabila, respectueux de l’icône africaine Nelson Mandela, lui avait fait cette concession à condition qu’il aille en exil. Il partit sur la pointe des pieds pour mourir ignoblement quelques mois plus tard et être inhumé comme un pestiféré au Maroc, loin de la terre de ses ancêtres où il avait régné sur des millions d’âmes apeurées comme un dieu, plus d’une trentaine d’années durant.

Moins chanceux que lui, l’un de ses anciens homologues, le Roumain Nicolae Ceausescu avait été jugé expéditivement et exécuté avec son épouse par l’armée qui, après avoir tiré en vrac sur le peuple à son instigation, avait enfin trouvé le moyen d’apaiser ce peuple en colère : éliminer physiquement le “Génie des Carpates”.

Des exemples des tyrans dont la fuite et/oula mort ont ému par leur caractère tragique sont légion dans le monde*.

Ils auraient pu entendre la voix de la sagesse, celle qui appelait timidement à « changer spontanément pour donner une chance à une alternance pacifique à la tête de l’Etat ». Ils ont emprisonné, torturé et tué sous divers prétextes. Ils ont « fait les varans » jusqu’à ce que surviennent des gens plus réalistes, adeptes de la Loi du Talion, peu enclins à tendre la joue droite après avoir été souffletés sur la joue gauche.

Au Cameroun, l’histoire qui est un éternel recommencement est en train de bégayer. Pour avoir refusé d’écouter la voix de ces anglophones qui ne demandaient qu’à être considérés comme ils l’entendaient et non comme certains voudraient qu’ils acceptent de l’être, certain régime qui s’arrogeait injustement le mérite d’avoir fait du Cameroun un havre de paix a réussi l’exploit de  faire d’une partie du Cameroun le théâtre d’expression des talents des fous de la gâchette facile –peu importe le camp auquel ils appartiennent-, qui tuent des enfants et des femmes, des pasteurs, des journalistes…, incendient des villages, des écoles et des hôpitaux, envoient des centaines de milliers de Camerounais sur le chemin de l’exil et privent des centaines de milliers d’enfants de la possibilité de recevoir l’éducation et l’instruction…    

Dans ce même pays, pour avoir refusé d’écouter la voix d’un John Fru Ndi qui a défaut de récupérer sa victoire volée, demanda longtemps la réforme profonde du code électoral et un respect des règles démocratiques en matière de management de la scène politique, avant de se ramollir et de passer son tour… en “rentrant dans les rangs” des opposants “patriotes” et “républicains”, le régime a fait naître la bourrasque Maurice Kamto contre laquelle il est aujourd’hui en passe de recruter toute l’opposition pour en faire vainement son allié, alors que les Camerounais ont en majorité fait du “tireur de pénalty”, leur vrai “président élu”. Et encore, la bourrasque Kamto qui n’a cessé de tendre la main pour que soit soldé le contentieux politique du dernier “holdup électoral”, envisageant de ce fait le terme de la Résistance Nationale, et qui est pour cela considéré comme un “moumou” par ceux qui exècrent le régime quarantenaire au pouvoir, n’a pas été lui aussi entendu.

#ctaText??#  Maurice Kamto rend hommage au Bâtonnier Tchakoute Patie Charles

Cette attitude du régime a contribué à radicaliser des Camerounais qui comptent sur le plan planétaire, à l’instar de l’artiste de renom Richard Bona, qui vient de servir un « Allô Fokou » à une clique de sangsues, incapables de vivre autrement qu’en s’accrochant aux basques de l’Etat vache à lait, et prêtes à tuer pour cela, mais qui doivent se résoudre à faire sans, ou à se faire hara-kiri, pour dans un cas comme dans l’autre, coller la paix aux Camerounais.

Le généreux conseil de Bona à la Sardinavie rampante ayant été mal accueilli par ceux qui semblent raffoler d’insultes quand leur leader les décoche contre d’autres Camerounais tout aussi respectables mais coupables du péché d’opposition en “démocratie emballée”, “avancée” puis “apaisée”  (“apprentis-sorciers”, “vendeurs d’illusions”,  “certains petits partis politiques” et autres petits noms d’oiseaux) voilà que surgit des fonds de la résistance nationale camerounaise contre la dictature, une autre voix, plus furieuse que celles qui se sont exprimées jusqu’ici : C’est la voix de RIZIKI, réécrivant plus violemment « ALLÔ FOKOU » de Richard Bona, avec beaucoup plus de précision sur les destinataires du message.

Ce sont aussi ces autres challenges de Allô Fokou, réalisés par des Camerounais d’ici et d’ailleurs ou des Africains qui en épousent la triste mais noble lutte. Come pour dire que progressivement, les choses se précisent, et que la situation se radicalise de plus en plus, préfigurant quelque chose de difficile à contenir.

*  Il ne faut pas cependant mettre tout le monde dans le même sac : Patrice Emery Lumumba du Congo (tué par les Etats-Unis, la Belgique, , Sylvanius Olympio du Togo (assassiné par le caporal Etienne Eyadema à l’instigation de la France), Thomas Sankara du Burkina (assassiné  avec une centaine de personnes par la France et leurs bras armés locaux Blaise Compaoré et Gilbert Dienderé, avec le soutien d’un soi-disant « vieux sage dirigeant d’un Etat voisin), Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire à qui la France a imposé une sale guerre dès le début de son magistère avec la complicité de l’ONU, des Burkinabés Alassane Ouattara et Blaise Compaoré -le même-, avant de l’emprisonner depuis 2011 ainsi que des chefs d’Etats africains peu contents de côtoyer un génie de la trempe de  ce Professeur d’Histoire révolutionnaire aux accents sankaristes), Salvador Allende du Chili… ne sont pas à mettre dans le même sac que Pol Pot alias Saloth Sar du Cambodge, Bokassa Jean-Bedel  de Centrafrique, Ahmadou Ahidjo du Cameroun,  Bernard et Jean-Claude Duvalier de Haiti, Ferdinand Marcos des Philippines, Saddam Hussein d’Irak…   

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