Prestation de serment d’Alassane Ouattara : Le parrain Sarkozy reçu avec les honneurs militaires à Abidjan

Il n’a pas pu se retenir. Mieux, il a osé ! Comme le criminel qui revient toujours sur le lieu du crime, l’ancien président français est revenu en Côte d’Ivoire le 13 décembre, à la veille de la prestation de serment de son filleul Ouattara qui vient de s’adjuger un mandat présidentiel anticonstitutionnel aux prix d’environ une centaine de vies humaines. Comme en 2011, quand il avait fallu que l’ancien fonctionnaire burkinabé du Fonds monétaire International   patauge dans des marres de sang  de ses compatriotes pour s’installer à la présidence de la Côte d’Ivoire.

Il y a un peu plus de 9 ans, en effet, Nicolas Sarkozy arborant la casquette du chef de guerre de la France, renversait le régime légitime du président Laurent Gbagbo pour installer de force à la tête de la côte d’Ivoire, un certain Alassane Ouattara. Au passage, il avait, aux moyens de frappes militaires sanglantes, anéanti le dispositif de défense de la déjà très modeste armée ivoirienne, puis frayé le passage aux forces de la rébellion acquises à Ouattara à des fins de commissions d’effroyables et inénarrables hécatombes.  A l’instar du massacre de Duekoué dans la nuit du 29 au 30 mars 2011, au cours duquel les chasseurs “dozos”, éléments supplétifs des soi-disant Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) du duo Ouattara-Soro, massacrèrent à la machette, au couteau et au feu, environ 3.000 personnes, en majorité de sexe masculin, dont des centaines de petits enfants innocents âgés de trois à cinq ans.

Le crime des victimes était leur appartenance  à une localité réputée pro-Gbagbo.

Le même Sarkozy, qui n’a pas de titre officiel en France, si oui celui d’un infréquentable homme d’Etat empêtré dans d’énormes scandales est donc revenu à Abidjan où il a été reçu à l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, par le Premier ministre Ahmed Bakayoko. Et comme il fallait s’y attendre celui que des langues venimeuses qualifient souvent pour des raisons qui leur sont propres de « nabot », a eu droit aux honneurs militaires. Comme un président en titre.

Un précédent dans l’histoire des relations françafricaines qui exprime le degré de sujétion du régime à vie en Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara, ainsi que de celui-ci, à l’ancien président français.

Ni Giscard d’Estaing, ni Mitterrand, ni Chirac, qui avaient et étaient de fortes personnalités, n’ont bénéficié d’une telle sollicitude en Afrique après leur départ de l’Elysée. Inutile d’évoquer le très falot Hollande qui, alors qu’il était encore en exercice, se fit moquer en face et en mondovision par le dictateur camerounais, Paul Biya, qui lui asséna indirectement que « ne dure pas au pouvoir qui veut, mais dure qui peut »

Tout près de nous, Blaise Compaoré, véritable soutien et lobbyiste et mentor en Afrique de Ouattara qui avait d’ailleurs fait de son pays la base arrière des combattants luttant pour installer son compatriote Ouattara à la tête de la côte d’voire, na pas reçu de son ancien élève devenu président, les honneurs rendus à Sarkozy au nez et à la barbe d’Emmanuel Macron qui, dernièrement, faisant fi des souffrances du peuple ivoirien et insultant la mémoire de ses martyrs, a félicité Ouattara qui venait de s’adjuger par la force un mandat présidentiel acquis à plus de 94%  dans un pays où la majorité des populations le prennent pour un agresseur, au point de mettre leurs vies sur la balance des pertes et des profits pour le faire partir.    

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois  que le pouvoir d’Abidjan ose un semblable pied de nez aux autorités françaises, comme pour leur faire comprendre clairement qu’en dehors de Sarkozy, rien, ni personne en France ne compte à ses yeux.

En mars 2016, après les attentats de Grand Bassam, Nicolas Sarkozy qui n’est plus président de la France depuis 4 ans arrive en Côte d’Ivoire où il est reçu en grandes popes par ADO, et après un entretien à la présidence, les deux hommes donneront un point de presse au cours duquel ADO présente son ami comme le président d’un parti politique français. Qui plus est de l’opposition. Quelques jours plus tôt pourtant, le même Ouattara avait reçu les ministres français  des Affaires étrangères et de l’Intérieur de l’époque, Jean-Marc Ayrault et Bernard Cazeneuve, dépêchés sur place par le président d’alors, François Hollande qui nourrissait la géniale ambition « d’apporter le soutien logistique et de renseignement [de la France] à la Côte d’Ivoire pour retrouver les agresseurs ».

Imaginez un seul instant l’inverse : tout simplement impossible ! Alors quand on vous dira que le monde change, ce sera vrai. Mais uniquement dans le sens où l’Afrique subira les outrages des autres.  

Bien observer le salut militaire subrepticement fait par Nicolas Sarkozy (36ème seconde de la séquence vidéo) pour comprendre combien et pourquoi Nicolas Sarkozy est tant pris au sérieux en Côte d’Ivoire.

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