Message de fin d’année 2019 au Cameroun : Le président élu met en accusation l’obsession pouvoiriste de Paul Biya

Télescopage discursif au Cameroun où hier, mardi, 31 décembre 2019, à la même heure ou presque, comme s’ils se livraient à la concurrence de l’audimat, les “deux présidents” issus du scrutin présidentiel d’octobre 2018 se sont adressés aux Camerounais à travers des messages de vœux de fin d’année, non seulement en présentant deux bilans qui n’ont rien en commun, mais aussi et surtout en s’invectivant l’un et l’autre.
Président de la République conformément aux résultats de l’élection présidentielle proclamé par le Conseil Constitutionnel, Paul Biya qui a brossé un bilan satisfaisant à presque tous points de vue, ne s’est pas privé de tacler son ancien ministre et désormais adversaire “à la vie, à la mort”, en lui dispensant une leçon “magistrale” de respect des règles de la démocratie.
A l’opposé, Maurice Kamto, “président élu” selon les résultats de la présidentielle compilés et consolidés par son Etat-major, a de son côté, dans un discours diffusé sur les réseaux sociaux, discours dit dans un anglais impeccable qui aura aussi forcé l’admiration que la version qu’il a prononcée en français (Cf. https://youtu.be/KXermsZoYqE et https://youtu.be/TGSlIci5NjA) campant définitivement la posture du véritable président d’un pays bilingue nommé Cameroun qui se respecte, dans lequel il a dressé un bilan tout en sinistrose, mais finalement réaliste de l’année qui entrait en gare.
« Dans mon message de fin de l’année 2018, j’avais dressé un tableau préoccupant de la situation générale de notre pays et espéré sincèrement que celle-ci s’améliorerait en 2019. Malheureusement la situation a empiré. En cette in d’année 2019, le Cameroun est un État sinistré du fait de l’obstination de monsieur Paul Biya à demeurer à la tête de l’État alors qu’il n’a plus rien à offrir au pays », a d’emblée relevé Maurice Kamto, rappelant en outre l’opinion qu’il a de Paul Biya, celle d’un chef inconséquent, à la limite seulement “raisonnable” quand il faut s’offrir des victoires à la Pyrrhus, c’est-à-dire capable de tout pour assouvir des intérêts purement égoïstes : « Jamais un homme n’aura autant sacrifié, pour son égo, la vie de ses compatriotes, toutes catégories sociales confondues ».

Selon Maurice Kamto, la guerre dans les deux régions anglophones, conséquence inattendue des revendications socioprofessionnelles déclenchées il y a plus de trois ans par des avocats et enseignants d’expression anglaise, est à ce titre exemplaire de l’égocentrisme du président Biya ou de son régime.
« Le conflit armé dramatique que le régime en place impose aux compatriotes des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest perdure. Et malgré l’évidence que nul ne pourra gagner cette guerre par les armes, le pouvoir refuse la tenue d’un dialogue sincère pour y mettre fin », accuse le leader du MRC pointant du doigt le bilan humanitaire tragique de cette crise qui dure depuis fin 2016, qui se chiffre en milliers de morts aussi bien parmi les populations civiles qu’au sein des éléments forces de défense et de sécurité qui ont payé quant à eux un lourd tribut pour préserver l’intégrité du territoire camerounais : « Le bilan de cette guerre fratricide est terrible. Sur le plan humanitaire, environ 3000 et 12 000 morts, selon les sources, parmi les populations civiles, des centaines d’éléments des forces de défense et de sécurité tombés arme à la main, plus de 5000 réfugiés au Nigeria, des centaines de milliers de déplacés internes, des centaines de villages détruits, une pratique généralisée de la torture, des actes de barbarie et des exécutions extrajudiciaires, des arrestations et des détentions massives »,

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