A Ebolowa, des pro-Biya arrosent d’”urine” le journaliste Sam Sévérin Ango en présence des forces de l’ordre pour son adhésion au MRC

On croyait avoir atteint le paroxysme de la barbarie, courant première décade d’octobre, quand des membres de l’ethnie du président Biya se sont lancés aux trousses des “allogènes” Bamouns et Bamilékés installés dans leur ville, Sangmélima, pour punir ces ressortissants de l’Ouest d’avoir des affinités sociologiques avec des compatriotes de la diaspora qui tentaient d’empêcher Paul et Chantal Biya de couler un paisible séjour à Lyon.

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Que nenni ! La scène de ce vendredi 1er novembre 2019 à Ebolowa, à la croisée du rocambolesque et du tragique, en a fait baver ceux qui avaient cru que les supporters ethniques ou partisans tribaux de Paul Biya ne pouvaient être plus primitifs.

Sam Séverin Ango victime des violences à l’entrée de la ville d’Ebolowa

Lors des événements de Sangmélima ils avaient pris le prétexte de l’assassinat d’un natif de la ville, transporteur par moto, par des hors-la-loi. Le prétexte était d’autant plus boiteux que la colère des natifs s’était enflammé contre leurs compatriotes “étrangers” venus de l’Ouest du Pays, alors que l’assassin dont ils n’ignoraient pourtant pas l’identité, était lui aussi un natif. Quand cette évidence niaise leur fut rétorquée, ils trouvèrent la pichenette de justifier les actes de vandalisme contre des ressortissants de l’Ouest par leur intention d’exprimer leur mal-être et leur mal-vivre à l’intention de leurs élites qui écument les arcanes du pouvoir et se servent d’eux comme des marchepieds pour leur ascension politique -sans contrepartie utile-. Là aussi, la “justification” des actes de haine tribale, était si bancale qu’elle ne pouvait tenir, car dans ce cas-là, ils auraient dû s’en prendre aux [leurs].

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Ceux qui répriment par la prison et dans le sang des manifestants pacifiques de l’opposition applaudissent des quatre membres des loubards du régime extrêmement violents

Dans un cas comme dans l’autre, on pouvait comprendre que le désarroi, le désespoir, aient pu pousser des êtres fragiles à de tels extrêmes, même si en réalité, on savait ce que cachaient l’éruption d’actes de vandalisme : une incitation au crime vengeur signée par les barons tribaux, tribalistes et xénophobes d’un régime en perte de vitesse qui veut tout emporter dans sa descente aux enfers.

Mais qu’est-ce qui peut bien justifier que des loubards mettent à exécution, au nez et à la barbe des autorités administratives et du maintien de l’ordre, la menace de troubler l’ordre public, et que ces autorités qui auraient dû sévir le plus fermement du monde longtemps avant, aient préféré se plier en quatre devant des criminels, en mettant entre parenthèses le droit des Camerounais d’exprimer librement leurs opinions pinions politiques partout où ils le veulent, alors que ces mêmes autorités nous ont surpris depuis le début de l’année en cours, en arrêtant à chaque fois des centaines de personnes entre janvier et août, pour la simple raison qu’ils avaient effectué des marches pacifiques dument déclarées auprès de l’autorité compétente ?

Pour avoir adhéré au MRC, Sam Séverin Ango devrait-il changer d’ethnie ?

Comment peut-on concevoir que dans un pays, des gendarmes se lient ouvertement aux militants d’un parti politique, fut-il au pouvoir, pour bloquer l’entrée de toute une ville devenue fief tribal d’un chef d’Etat, à des militants d’un autre parti ?
Comment comprendre qu’un partisan d’un chef de l’Etat puisse arroser d’un liquide fétide (certains parlent d’urine) une personnalité emblématique de la société camerounaise, comme le journaliste Sam Séverin Ango, parce qu’il est passé outre la loi non écrite du cantonnement de tous les Bulus du monde dans le parti politique du président bulu, Paul Biya ?

Discours de Sam Severin Ango depuis l’Etat fédéral sécessionniste du Sud Cameroun

Cette ségrégation qui consiste à interdire la fréquentation d’une certaine partie du pays à un type bien précis des citoyens n’est-elle pas un signe précurseur d’une entreprise de sécession en cours de préparation au sein des amis politiques de Paul Biya qui en ont marre de vivre la contrainte d’un « Cameroun un et indivisible » sans cesse rebattu du bout des lèvres par eux juste pour dissimuler leur véritable agenda ?

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