Cameroun: Les sécessionnistes décident d’un cessez-le-feu, l’armée de Biya (BIR) tire sur des civils anglophones

Chassez le naturel, il revient au galop. L’armée camerounaise tribalisée qui cultive une certaine inclination au massacre depuis le déclenchement du génocide anglophone (instruit par Paul Biya, et sur les conseils du Secrétaire permanent du Conseil National de Sécurité, Atanga Nji), a décidément du mal à se défaire de la culture du carnage qui a pris le contrôle de son esprit. Et ne pourra s’y résoudre que par la contrainte, type secrétaire général de l’ONU, António Guterres force d’interposition de l’UA ou de l’ONU. Tenez !

Réagissant à l’appel du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, lancé le 23 mars pour « un cessez-le-feu immédiat, partout dans le monde », dans le but de préserver les civils, plus vulnérables dans les pays en conflit, de la « furie » du coronavirus, lequel appel a été relayé à leur intention par les médiateurs de l’organisation suisse HD Center (Centre pour le dialogue humanitaire), les groupes armés sécessionnistes de l’Etat en projet d’”Ambazonie” (actuelles régions anglophones du nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun) réunies sous la bannière des Southern Cameroon Defence forces (SOCADEF), avaient accepté mercredi 25 mars de s’inscrire dans une logique de cessation des hostilités : « Les Socadef sont prêts à soutenir le cessez-le-feu et garantiront sécurité et libre circulation aux observateurs internationaux et aux acteurs humanitaires en Ambazonie (…) conformément au droit international humanitaire », avaient à cet effet indiqué  déclaré le leader du mouvement Ebenezer Akwanga,  dans un courrier adressé au chef de l’État camerounais, Paul Biya, le 25 mars.

 « Nous sommes prêts à rencontrer des représentants désignés de la République du Cameroun pour une bonne application du cessez-le-feu », avait-il ajouté, non sans saisir cette opportunité pour appeler les « autorités et les forces de sécurité de la République du Cameroun à répondre à l’appel du secrétaire général des Nations unies ».

Le colonel de l’armée de l’air Didier Badjeck pense que les sécessionnistes doivent simplement se rendre, sinon ce sera la guerre jusqu’à la fin.

La première réponse à cette décision raisonnable et humanitaire des sécessionnistes anglophones est venue d’un officier de l’armée camerounaise récemment mis à la retraite, le Colonel Didier Badjeck ancien chef de la Division de la Communication du ministère de la Défense (MINDEF) du Cameroun. «Que ce soit très clair: il y a d’un côté la loi et son application stricte et indistinctive, et il y a de l’autre côté, l’illégalité et sa cohorte d’illégitimités. Tenir compte d’un cessez-le-feu prononcé par une faction irrédentiste participe d’une opération de légitimation de ce groupe qui semble ainsi, maître de l’initiative d’arrêter ou de continuer les combats», a écrit celui qui prétend être désormais “chercheur en polémologie et sur l’APSA(Architecture de paix et de Sécurité en Afrique) critiquant ainsi sévèrement la radio française RFI, qui avait fait écho de la nouvelle posture des séparatistes : «Ceux qui éprouvent par cet acte quelques sentiments, démontrent aussi une concupiscence à leurs pratiques barbares, illégales et anticonstitutionnelles. Il n’existe aucune autre alternative que l’obtempération devant la loi; aucune explication de circonstance devant le vol, l’assassinat, le terrorisme, ou la sédition par exemple, qui ne constitue nullement le moindre dividende».

La deuxième réponse -et la plus cinglante- à ce que l’on pourrait qualifier de “déclaration de bonnes intentions” des séparatistes, a été donnée ce dimanche, 29 mars, par une unité spéciale de  l’armée camerounaise, le Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) de sinistre réputation(*) compte tenu de sa contribution à la répression au Cameroun.

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Ainsi, des éléments du Bir ont profité de ce cessez-le-feu unilatéralement décidé par les anglophones pour se livrer à des exactions habituelles, matérialisées par des tirs à balles réelles sur des populations civiles comme l’indiquent l’auteur de la vidéo ci-dessous.

D’ici à ce que les groupes armés anglophones rompent la trêve, faute d’avoir trouvé une oreille attentive en  face, il n’y a qu’un pas, que la milice de guerriers tribaux du régime Biya dénommée BIR (finalement rien à voir avec des soldats d’une armée conventionnelle) vient d’inviter à franchir.

(*) Selon des statistiques communiquées sous anonymat à Cameroonvoice par des officiers du MINDEF supposément “bien renseignés”- le BIR (mieux équipé que toutes les autres unités de l’armée et surentrainé), officiellement unité spéciale antiterroriste de l’armée camerounaise, serait devenue depuis 2008, une force paramilitaire, féroce, et entièrement dévouée au seul président Biya, dont il a pour mission essentielle de protéger le régime à n’importe quel prix. Pour cette raison, son effectif serait constitué à plus de 60% des ressortissants des régions du Centre et du Sud qui ne cachent par leur proximité sociologique, voire tout simplement familiale, avec le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya, 87 ans, au pouvoir depuis 38 ans. Selon un officier mécontent, la conséquence de cette catégorisation structurale de l’unité spéciale BIR  en est que les éléments du BIR considèrent toute velléité de contestation du régime de Biya comme une affaire personnelle, ou une déclaration de guerre contre la grande ethnie Béti constituée de sous-groupe ethnique (Bulu de la région du Sud dont est issu le président, quoique beaucoup situent les origines de ses parents du côté de Nanga-Eboko dans le centre) et des ethnies (Ewondo, Eton, Bene… de la région du Centre) qui, en cas de perte du pouvoir par l’un des leurs, pourrait subir ce que le “régime des Bétis” fit subir au milieu des années 1980 aux ressortissants du septentrion, proches –sociologiquement- quant à eux de l’ancien président Ahmadou Ahidjo. Constamment dopé aux stupéfiants les plus dangereux et plus bien rémunérés que les autres, les nervis du BIR ne ont des difficultés à assimiler le discours qui voudrait que malgré le grand nombre de Bétis dans les cercles du pouvoir, le régime est constitué d’hommes et femmes de toutes les ethnies qui pillent le pays et lui imposent la misère, et qu’il ne peut y avoir de règlement de comptes sur la base de l’appartenance ethnique d’un tel ou de tel autre après Biya. Ils ne lésinent sur aucun moyen pour faire taire tous ceux qui veulent s’attaquer à l’ethnie Béti via le régime Biya, et affirment même être en mesure de faire face à n’importe quelle armée, même celle des Etats-Unis, pour sauver le régime.      

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