La fierté et l’espoir des Ghanéens après la visite d’Obama

Sur la terrasse de ce “spot” installé dans le quartier populaire d’Osu (sud-est), Gyamfuah, cheveux ras et yeux pétillants, n’y va pas par quatre chemins quand il s’agit du premier président noir des Etats-Unis.
“Je l’aime autant qu’il nous aime. C’est mon frère!”, lance la fillette de 12 ans dans un éclat de rire.

A Osu comme, plus à l’ouest, au marché Makola, le plus vaste de la capitale, chacun dit sa joie d’avoir pu dire “akwaba” (bienvenue) au fils d’un Kényan, à l’occasion de sa première visite présidentielle en Afrique subsaharienne. “Oh, je suis fier!”, lâche Yaya, le regard soudain embué.

“Il aurait pu commencer par aller au Kénya voir sa famille, mais il a choisi le Ghana”, insiste le vieil homme qui veille sur le parking du parc Rawlings, du nom de l’ancien putschiste et ex-chef de l’Etat ghanéen Jerry Rawlings.
Sur les banderoles et sur les pagnes, dans les publicités et sur les badges, toute la ville déclare encore sa flamme au locataire de la Maison blanche. Mais par sa venue, Barack Obama a aussi fait naître des attentes à la mesure des difficultés vécues par la population.

“Il peut faire quelque chose pour nous”, tranche Gyamfuah. “Nous avons besoin d’aide: il n’y a pas d’argent, pas de travail, et pas d’ordinateurs dans notre école”, énumère la gamine.

Assise à côté d’autres femmes sur un trottoir où elle propose une poignée de légumes, Gladys compte aussi sur un secours américain. “On ne peut pas nourrir nos enfants, on n’a pas d’argent pour aller à l’hôpital”, se plaint-elle. “La vie est de plus en plus difficile”.

T-shirt sur le dos à l’effigie de la star du jour et de son homologue ghanéen John Atta-Mills, Ebenezer, un garçon de 14 ans, pense aussi qu’Obama “peut aider notre pays” et lui fournir les “produits” dont il manque. Le président américain “a des projets pour le Ghana”, appuie Koffi, vendeur de souvenirs.
“Il a le pouvoir d’aider le Ghana parce que l’Amérique est un grand pays”, estime ce rasta de 30 ans, guitare sous le bras. Certains préfèrent toutefois se montrer plus prudents. “Je ne sais pas s’il peut” venir en aide au Ghana, lâche Davis, une dame qui traverse le marché boueux d’un pas pressé.

En écho au discours d’Obama devant le Parlement ghanéen, elle juge surtout que les Africains doivent “arrêter de dépendre des autres” et “prendre leurs responsabilités pour ne pas rester toujours en bas”. “On n’attend pas d’aide de l’Amérique. On peut régler nos propres problèmes”, renchérit Bernice sur un ton énergique.

Pour cette coiffeuse d’une quarantaine d’années, Barack Obama “veut que les gens sachent que l’Afrique a quelque chose à offrir au monde”. Or, “tout le monde peut apprendre du Ghana” et de sa “transition” politique pacifique, fait-elle valoir. Et puis, souligne-t-elle, “grâce à Dieu, nous avons du pétrole dans le pays, alors bientôt nous n’aurons plus besoin d’aide!”

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