Guinée / France : Un échange musclé entre Paris et Conakry

Horrifié par le bain de sang du 28 septembre, Bernard Kouchner estime qu’on ne peut plus travailler avec Dadis Camara qu’il compare au dictateur ougandais Idi Amin Dada. En plaidant pour «une intervention internationale», le ministre français des Affaires étrangères entend surtout mettre une pression maximum sur les dirigeants de la junte au moment où Blaise Compaoré entame sa mission de médiation. Car pour l’instant, tant à Abuja qu’à Bruxelles, on attend les résultats de la médiation avant de se prononcer sur une intervention.

La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) est en train de peser les risques. Intervenir militairement dans un pays qui n’est pas en guerre serait un précédent politiquement délicat. Mais d’un autre côté, chacun, à commencer par le Nigeria, ressent l’urgence d’agir avant que la situation ne se détériore. Même analyse de la part de l’Union européenne où un diplomate redoute qu’une intervention militaire trop précipitée ne contribue à souder la junte derrière son chef. Pour l’heure, l’idée d’une intervention militaire est d’abord une épée de Damoclès sur la tête de Dadis. En fonction des concessions qu’il fera, elle pourrait prendre la forme d’une force de paix, ou même d’une force d’observation dont l’objectif serait d’aider la Guinée à réformer son armée.

Bernard Kouchner
Ministre des Affaires étrangères
« Le danger de guerre inter-communautaire est immense ».

Moussa Dadis Camara
« Kouchner n’est que ministre des Affaires étrangères de la France (…). Lorsque le président Sarkozy prend une position, ça peut me laisser à réfléchir, mais je n’ai pas besoin de répondre à un ministre des Affaires étrangères ! »

 

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