L’Union africaine déterminée à faire pression sur le chef de la junte

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA) doit se réunir, ce jeudi, en Éthiopie, pour discuter de la situation en Guinée, à la suite du massacre du 28 septembre dans un stade de Conakry, où plus de 150 civils ont été tués et de nombreuses femmes violées par des militaires, selon l’ONU, à l’occasion de la répression d’une manifestation organisée par l’opposition.

 
Cette réunion est prévue alors que la junte au pouvoir a été vivement critiquée par la communauté internationale, mercredi, et qu’un ultimatum lancé par l’UA à son encontre, le 18 septembre, expire samedi. Il enjoint le chef des putschistes, Moussa Dadis Camara, à renoncer à se présenter à la présidentielle guinéenne de janvier, sous peine de sanctions.
 
L’UE évoque un crime contre l’humanité
 
“Le leader du coup d’État doit rendre compte de ses actes devant un tribunal pour crime contre l’humanité”, a ainsi attaqué le commissaire européen en charge du Développement et de l’Aide humanitaire, Karel de Gucht, hier. Une accusation que Chérif Idriss, le conseiller du capitaine Camara, juge trop hâtive, comme il l’a confié à FRANCE 24. Celui-ci estime, en effet, qu'”il faut laisser faire l’enquête et établir les faits avant de condamner les gens”.
 
Chérif Idriss affirme par ailleurs que la junte a pris “les dispositions nécessaires pour que les enquêtes puissent se dérouler “, estimant qu’une “enquête nationale et internationale pour faire la lumière sur les événements du 28 septembre 2009” est nécessaire.
 
Washington aussi hausse le ton
 
De leur côté, les États-Unis ont réclamé mercredi “une enquête internationale” et ont demandé au chef de la junte de quitter le pouvoir.
 
“Nous faisons pression pour qu’apparaisse une meilleure gouvernance, pour que la corruption soit traitée. C’est aujourd’hui notre objectif principal en Guinée”, a déclaré un porte-parole du département d’État.
 
“Indigné”, Chérif Idriss a réagi aux déclarations américaines en affirmant qu’elles risquent de faire “basculer l’unité nationale en Guinée” et demande à Washington de “faire appel à la sagesse”.
 
La Cour pénale internationale (CPI) a, quant à elle, lancé un “examen préliminaire” de la situation à Conakry afin de déterminer si des crimes relevant de sa compétence ont été commis lors de la répression du 28 septembre.
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