Synode pour l’Afrique: la mondialisation ne doit exclure aucun peuple

 la mondialisation ne doit exclure aucun peuple, estime Benoît XVI
Le pape Benoît XVI, le 23 septembre 2009 au Vatican.

© AFP | Le pape Benoît XVI, le 23 septembre 2009 au Vatican.

“La mondialisation est une réalité humaine et en tant que telle, elle peut être changée en fonction du point de vue culturel”, a expliqué le pape aux quelque 240 pères synodaux, dont 197 évêques africains, réunis depuis le 4 octobre et pendant trois semaines sous sa présidence.

L’Eglise catholique a sa propre vision, a argué Benoît XVI, en citant sa récente encyclique Caritas in veritate. La mondialisation doit puiser dans “la doctrine sociale de l’Eglise” et “sa vision de l’homme et de la société”, a martelé le pape, en rappelant l’importance de la “solidarité” entre et au sein des communautés.

“Courage lève-toi”, a lancé le pape en citant l’Evangile à l’adresse de l’Eglise d’Afrique en l’appelant, à côté de sa mission “de première urgence d’évangélisation”, à poursuivre son engagement “avec tous les moyens possibles pour qu’aucun Africain ne soit privé du pain quotidien”. “Tous doivent pouvoir conduire une existence digne de l’être humain”, a ajouté Benoît XVI.

Selon le pape, le synode a fait émerger “les problèmes actuels de l’Afrique et son grand besoin de réconciliation, de justice et de paix”.

Le développement économique et humain en Afrique doit être “respectueux des cultures locales et de l’environnement”, a souligné le pape en rappelant l’encyclique Populorum progressio de Paul VI et le rôle des missionnaires. Ils ont suivi cette “logique” en Afrique ces 40 dernières années, “la seule” qui puisse, selon Benoît XVI, réussir à combattre la faim et la maladie.

Le pape a insisté sur le rôle de la famille, “cellule de base de la société menacée par des courants idéologiques provenant aussi de l’extérieur”, dans une allusion aux programmes de certaines ONG et organisations internationales.

Dans ses 57 propositions, le synode des évêques a d’ailleurs dénoncé comme “inacceptable” une clause du protocole de Maputo (2003), signé par l’Union africaine, qui admet l’avortement en cas de violences sexuelles, viol, inceste ou en cas de risques pour la santé de la mère et de l’enfant.

Le pape s’est dit inquiet pour les jeunes Africains “exposés à des pressions et influencés par des modèles de pensée et de comportements en opposition avec les valeurs humaines et chrétiennes des peuples africains”.

Le pape a célébré la messe solennelle, avec à ses côtés plusieurs cardinaux africains dont Peter Kodwo Appiah Turkson, nommé la veille président du conseil pontifical Justice et Paix. La basilique Saint Pierre était pleine à craquer de fidèles qui, accompagnés de choeurs des communautés nigériane et éthiopienne de Rome, chantaient en langues africaines et en latin.

Un peu avant midi, le pape a célébré l’Angelus, retransmis et applaudi à Milan (nord), sur l’esplanade de la cathédrale où a été béatifié devant 50.000 personnes, le père Carlo Gnocchi, un prêtre qui après avoir combattu pendant la deuxième guerre mondiale dans le corps des chasseurs alpins, s’était engagé dans l’aide aux orphelins et aux mutilés de guerre.

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