28 septembre : Dadis responsable, selon l’Onu

https://i0.wp.com/www.jeuneafrique.com/photos/021122009115455000000toumba-dadis.jpg?w=696Le rapport de la Commission d’enquête de l’Onu n’y va pas par quatre chemins.

Les atrocités commises à Conakry le 28 septembre relèvent, selon les enquêteurs, de « crime contre l’humanité ». Les hauts responsables de la junte figurent, dans le document, comme directement responsables des exactions commises contre des civils et les membres de l’opposition. Selon les informations obtenues par Jeune Afrique, le critère ethnique semble, en outre, avoir été déterminant dans le choix des victimes, en particulier des femmes violées.

Secrets de fabrication

La commission d’enquête indépendante, dépêchée par Ban ki-Moon, à Conakry, en vue d’établir les faits et d’identifier les auteurs et commanditaires du massacre du 28 septembre, a pu achever la rédaction de son rapport à la date prévue : le 15 décembre. Revenue de la capitale guinéenne avec un jour de retard, elle s’est réunie, dans la foulée, à Genève, pour compiler les milliers de documents et les centaines de procès verbaux d’audition (680 témoins entendus) afin de rédiger un rapport d’une centaine de pages, en français, qu’elle a transmis par voie électronique, grâce au système hyper-protégé des Nations unies.

Ban ki-Moon, qui a reçu le rapport le 15 décembre, l’a transmis, dès son retour de Copenhague vendredi 18 décembre, aux membres du Conseil de sécurité.

Il était vital de respecter l’échéance du 15 décembre, car au-delà de cette date, la « Maison de verre » se vide de son personnel pour cause de trêve des confiseurs.

Les investigations ont cependant été amputées d’un jour de travail du fait de la tentative d’assassinat contre le capitaine Dadis Camara, le 3 décembre. Le séjour de la commission a Conakry devait s’achever le 4 décembre.

Néanmoins, les quatre objectifs de la commission d’enquête ont pu être atteint.

1. Etablissement des faits. L’audition des membres de la junte, des représentants des forces vives, des organisateurs de la manifestation, ceux de la société civile et de nombreux témoins de la répression du stade de Conakry ont permis de relater le film des événements durant cette funeste journée.

2. Identification des auteurs et commanditaires. Les enquêteurs ont pu établir la responsabilité directe du capitaine Moussa Dadis Camara et prouver la participation de plusieurs membres de la junte. En premier lieu, le lieutenant Aboubacar Sidiki « Toumba » Diakité, cité par plusieurs témoins. Par ailleurs, et contrairement à ses dénégations, la présence de Claude Pivi, ministre de la Sécurité présidentielle, au stade a été corroborée par plusieurs témoignages. Le rôle de Tiegboro, patron des services de sécurité, reste trouble.

3. Qualification des faits. La notion de « crimes contre l’humanité » ne semble pas faire l’ombre d’un doute aux yeux des enquêteurs. Outre l’usage d’armes à feu contre des manifestants désarmés, l’enquête a confirmé plusieurs dizaines de cas de viols collectifs et d’actes barbare à l’endroit de manifestantes. Le caractère ethnique dans le choix des victimes de violences sexuelles a été établi par la commission d’enquête. Les femmes peules étaient clairement ciblées.

4. Recommandation. Les enquêteurs suggèrent à Ban ki-Moon la saisine de la Cour pénale internationale.

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