Elecam: comment le pouvoir veut se derober des camerounais et des bailleurs de fonds

Selon nos informations, le président de la République, qui a solennellement déclaré lors de son discours de vœux à la Nation, le 31 décembre 2009, que des ajustements seront apportés à Elections Cameroon (Elecam), serait en train d’étudier une stratégie pour éviter d’être pris à son propre piège. Malin et rusé, Paul Biya n’entend as apporter une révolution au sein de cet organe chargé de l’organisation et de la supervision des élections au Cameroun.

D’après des indiscrétions glanées dans l’entourage présidentiel, le chef de l’Etat pourrait autoriser qu’un complément de compétence soit apporté à Elecam. Vu sous cet angle, il ne s’agirait nullement de porter quelque changement que ce soit au niveau de la composition des membres de cette instance, aussi bien les douze membres du conseil que la direction générale des élections, indépendamment du fait que six des responsables nommés par le président de la République, dont le président de cette structure, Samuel Fonkam Azu’u avaient une appartenance officielle au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc).

Pour l’instant, difficile de savoir la dose de changement qui sera apportée à Elecam, bien que des informations réputées crédibles tendent à souligner avec force que « quelque chose sera fait lors de la prochaine session de l’Assemblée nationale », en mars 2010. Selon une source diplomatique, cette sortie présidentielle serait une manière subtile pour le chef de l’Etat d’atténuer la critique de la communauté internationale, en l’occurrence le Commonwealth dont l’un des émissaires, l’ex Premier ministre canadien Joe Clark, n’aurait pas été tendre vis-à-vis du gouvernement dans son rapport.

En fin stratège, le président de la République, qui pourrait se rendre aux Etats-Unis au courant de ce premier trimestre, aurait par de telles pirouettes l’occasion de « convaincre » Barack Obama de la volonté des autorités camerounaises d’organiser des élections libres et transparentes ; lui qui sait pertinemment que le nouveau patron de l’administration américaine est davantage favorable aux institutions fortes, au lieu d’hommes forts à la tête d’institutions faibles.

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