Quand Michel Galy parle d’Alassane Ouattara…

Le chercheur Michel Galy, spécialiste de la Côte d’Ivoire, présente le “côté obscur” d’Alassane Ouattara, à la tête d’une armée de « chefs de guerre sanglants », qui, selon lui, pourraient bientôt piller Abidjan.

Sur RMC mercredi matin, le politologue et chercheur au Centre d’études sur les conflits, Michel Galy, auteur de Guerres nomades et sociétés ouest africaines (édition L’Harmattan), dresse un portrait duel du président ivoirien.

« Ouattara a plusieurs facettes… »

Selon lui, Ouattara n’est pas seulement le président très occidentalisé que la communauté internationale a adoubé : « Alassane Ouattara a plusieurs facettes. C’est un homme très policé, qui a fait ses études au Etats-Unis, qui a été directeur adjoint du Fonds monétaire international (FMI) pour l’Afrique. Mais c’est aussi celui qui depuis 2002 a été derrière la rébellion qui tenait les deux tiers de la Côté d’Ivoire et qui est arrivée au pouvoir par les armes, avec le massacre de Duékoué, une petite ville dans l’ouest où ses troupes ont massacré un millier de personnes il y a quelques jours, selon Caritas et d’autres ONG. »

Ouattara est en effet arrivé au pouvoir par la grâce de Félix Houphouët Boigny. A la mort de ce dernier, il a gouverné le pays et réprimé des manifestations de façon très violente. A cette époque-là, il met notamment Laurent Gbagbo, son épouse Simone et son fils Michel en prison pendant six mois.

« Appuyé par des conseillers occidentaux »

Des troupes pro-Ouattara dans lesquelles se cache selon Michel Galy, une dérive ethnico-régionale très dangereuse : « Ses soldats sont les guerriers qui, en 2002, étaient un millier, et depuis se sont “multipliés”. Il y a des chasseurs traditionnels, des conseillers, voire des forces du Burkina et du Nigéria, et au minimum un appui logistique de conseillers occidentaux – sans doute français et américains –, qui explique cette sorte de guerre éclair en 3 jours où l’armée de Ouattara est descendue de Duékoué vers Abidjan. »

Selon Le Canard Enchainé, la France aurait même fourni des armes aux forces de Ouattara. Un membre des services du renseignement français y affirme : « On a fourni des conseils tactiques aux FRCI » (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) mais aussi « des munitions et des Famas » (fusils d’assaut).

« Les militaires risquent de se payer en pillant, violant, tuant… »

Inquiet pour la capitale ivoirienne et ses civils, Michel Galy ajoute : « Tous ces chefs de guerre du nord vivent de rackets, de pillages depuis 2002, et ils observent un système de violence continue sur les populations, tel qu’à mon avis les élections au nord sont très contestables. Les chefs se payent sur les rackets, mais les petits militaires de base ne sont pas payés et risquent de se payer en pillant Abidjan, en violant, peut-être en tuant les partisans de Gbagbo ; c’est un grand risque dans les jours à venir. »

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