Le président Gbagbo arrêté par les forces françaises et remis aux rebelles

Le président Laurent Gbagbo a été arrêté lundi en début d’après midi par les forces spéciales françaises et remis aux mains des rebelles selon plusieurs sources concordantes sans qu’aucun démenti officiel n’ait été fait.

« Le Président de la République SEM. Laurent Gbagbo vient d’être arrêté par les forces spéciales françaises. Un peu plus tôt, elles avaient forcé le grand portail de la Résidence du Chef de l’Etat avec leurs chars. Elles y ont pénétré en compagnie des chefs rebelles Koné Zakaria et Wattao. A l’heure qu’il est, nous ne savons pas où se trouve le Président Gbagbo qui a été remis aux rebelles », a indiqué Alain Toussaint, conseiller du Chef de l’Etat ivoirien.


 

« Depuis environ 13H00, Laurent Gbagbo est ici avec sa femme et son fils Michel. Je les vois », a déclaré aux médias Anne Ouloto, porte parole d’Alassane Ouattara, candidat malheureux du second tour de l’élection présidentielle. « Il est aux mains des rebelles », a précisé par téléphone à Directscoop une source militaire proche du président ivoirien disant craindre que le schéma fait à Patrice Lumumba se repète.

Une vingtaine de chars français accompagnant plusieurs légionnaires français avaient investis lundi dès 8 heures (GMT et heure locale) la résidence du Chef de l’Etat Laurent Gbagbo où ils combattaient directement contre les militaires de l’armée ivoirienne.

C’est la première fois que les militaires français entrent en action sur le terrain et combattent contre les militaires ivoiriens. « Les rebelles ont échoué. Les soldats français veulent donc prendre le relais. Au-delà d’une ingérence et d’une violation de souveraineté, c’est un coup d’Etat doublé d’une tentative d’assassinat contre le président Gbagbo », s’était offusqué un diplomate encore présent en Côte d’Ivoire.

Un différend post-électoral oppose le Président Laurent Gbagbo, déclaré élu par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs en Côte d’Ivoire, à l’opposant Alassane Ouattara, candidat malheureux à cette même élection et proche de Nicolas Sarkozy. La dernière résolution (1975) de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, votée le 30 mars à l’initiative de la France et du Nigeria, invite au réglement du différend électoral par la voie pacifique sous l’égide d’un haut représentant désigné par l’Union Africaine.

Laurent Gbagbo a accepté ce  haut représentant déjà désigné ; mais Alassane Ouattara l’a récusé, encouragé en cela par la France. Il  tentait depuis,  avec l’appui des militaires  français, de renverser par la force Laurent Gbagbo, le Président démocratiquement élu.

 

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