Calendrier Maya. La fin du monde, c’est ce 21 décembre 2012

La fin du monde approche. Elle est là : imminente. Elle se produira d’ailleurs en cette fin d’année 2012. Plus précisément le 21 décembre, c’est-à-dire dans…10 jours. En tout cas, c’est ce qu’annonce, selon certains « scientifiques », un des calendriers Maya, vieille civilisation d’Amérique du Sud aujourd’hui disparue. Après des milliers d’années, leurs « prédictions » sur l’apocalypse qui devrait voir la disparition totale de la race humaine se réaliser dans quelques jours. Du coup, avec la technologie qui n’existait pas encore en leur temps, la prophétie Maya crée un véritable buzz sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux.

C’est chacun qui y va de sa réflexion, de son imagination, de ses appréhensions aussi. Martin Camus Mimb, journaliste à Vox Africa, mi-figue mi-raisin, l’évoque sur son compte Facebook : en faisant un rapprochement rigolo entre Lionel Messi, joueur de football, et le messie que finalement tout le monde aura vu avant la fin du monde. «…Croyez avant de mourir ou vous allez mourir sans croire au Messi », écrit-il sur son mur. Autre allusion, celle de Valéry Foka, communicateur de formation, sur le même réseau social, qui présente le « Bon programme de la fête de fin du monde du 21 décembre 2012…». Sur ce réseau très étendu, un utilisateur a même créé un compte « Prophétie calendrier maya » et jusqu’à ce lundi 10 décembre à 14heures, il avait déjà 17 abonnés.

Entre amusement et inquiétude

Tout cela paraît bien rigolo. Mais, le fait est que la psychose, sournoise, pourrait rapidement s’installer au sein de la population camerounaise, notamment les internautes hyperactifs. La fin des temps annoncée par les Mayas ne fait pas seulement rire. Elle cause également une inquiétude non feinte chez certains qui croient en certaines forces. Sur Twitter, un internaute camerounais, qui a refusé que nous l’identifions formellement, soutient qu’il fait déjà des adieux à ses proches, demande pardon à ceux qu’il aurait blessé, et rembourse ses dettes, en attendant la fin du monde. D’autres personnes réagissent de plus en plus à cette prédiction dont le sérieux semble être accentué par les documentaires diffusés par certaines chaînes de télévision à thèmes comme « National Geographic », qui diffuse depuis quelques temps des enquêtes sur le fameux calendrier des Mayas.

Le peuple Maya constitue une ancienne civilisation de Mésoamérique principalement connue pour ses avancées dans les domaines de l’écriture, de l’art, de l’architecture, de l’agriculture, des mathématiques et de l’astronomie. Elle occupait les territoires correspondant actuellement à une partie du sud du Mexique, au Belize, au Guatemala, au Honduras et au Salvador. La vie des Mayas, peut-on lire sur Wikipedia, était structurée par deux calendriers. L’un d’eux se nomme le « Tzolkin ». C’est sur sa base que certains prédisent des changements radicaux, voire la fin du monde, pour 2012, plus précisément le 21 du mois en cours. « Ces dates correspondraient à la fin d’un cycle de ce calendrier Maya et marqueraient, selon les partisans de la théorie, au moins un changement dans la conscience mondiale et le début d’un nouvel âge », peut-on lire.

Prophéties antérieures non vérifiées

Cette thèse est pourtant rejetée par de nombreuses personnes que nous avons abordées dans les rues de la capitale camerounaise. Pour dire tout simplement que la plupart n’y croit pas du tout. « Laissez-nous avec ces balivernes. Nous, on boit la bière. Que la fin du monde-là vienne nous trouver sur place », ira jusqu’à répondre un jeune homme au reporter du Messager. Et de fait, le scepticisme est marqué par un background tout aussi alarmiste. Plusieurs religions, sectes et autres sciences astrologies et occultes ont en effet déjà annoncé la fin du monde à de nombreuses reprises.

Des gourous ont même précipité dans la mort, par des suicides collectifs, des centaines de personnes sous le prétexte d’une fin du monde apocalyptique. Mais, il semble que l’espèce humaine est plutôt coriace. Cela a fini par blaser plus d’un, notamment parmi les Camerounais qui estiment qu’il ne faut pas être alarmiste. « Mais, comme on ne sait jamais, on ne perd rien en attendant de voir le 21 décembre », conclut Josée Abena Mbang, étudiante en psychologie à l’université de Yaoundé 1.

Alain NOAH AWANA

 

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