Cameroun. Le ministère de la Santé publique en feu

C’est l’évènement qui a le plus animé les conversations dans la ville de Yaoundé, dans l’après midi du vendredi 6 décembre 2013. Comme une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue à travers la ville : le ministère de la Santé publique est en feu. Sur les lieux, difficile d’accéder jusqu’au lieu du sinistre, à cause du cordon de sécurité établi par les forces de l’ordre. Depuis le ministère des Finances jusqu’au palais de justice, passage impossible pour les véhicules, exceptés ceux des forces de l’ordre, mais surtout des sapeurs pompiers. Ces derniers s’activent justement. Il est question d’éteindre le feu qui a consumé près d’une douzaine de bureaux, à partir du 3ème étage. Le bureau du patron des lieux, André Mama Fouda est menacé. Mais, difficile d’y aller vraiment, mentionne un pompier : « l’entreprise pour maîtriser cet incendie n’est pas des plus faciles, car, certains bureaux à proximité de ceux en feu ne le sont pas encore. Il faut donc essayer de contrôler les jets d’eaux, pour ne pas causer plus de dégâts avec l’eau qu’avec le feu ». Les sapeurs pompiers se sont déployés et au bout de 4h d’horloge, l’incendie est maîtrisé.

En soirée, aux environs de 20h, la fumée jaillissait encore de la partie de l’aile B du bâtiment calciné. 3 camions du corps des sapeurs pompiers étaient encore présents sur les lieux, remballant le matériel. Les alentours du ministère avaient un aspect boueux, l’odeur du brûlé se fait de plus en plus ressentir. Pourtant, à en croire les pompiers, il y a eu plus de peur que de mal, car pas de pertes en vie humaines. Juste des dégâts matériels énormes. Selon le Minsanté, l’incendie se serait déclaré dans le bureau du directeur des ressources humaines, mais, difficile pour le moment, de dire ce qui en était à l’origine.

Florette MANEDONG

FOCUS

Secours : Entre dénuement et impuissance des soldats du feu

A cause d’une réelle absence de promptitude des sapeurs pompiers à réagir avec efficacité et célérité sur les flammes, près de deux niveaux du bâtiment qui abrite les services du ministère de la Santé publique sont complètement réduits en cendres.

Yaoundé, il est un peu plus de 15 heures 45 minutes, vendredi, 06 décembre dernier. Plusieurs employés en service au bâtiment qui abrite le ministère de la Santé publique et une grande quantité des services centraux, ont rangé les documents, fermé les bureaux. D’autres, fatigués par les nombreuses charges de la semaine, poussent un « ouf » de soulagement, s’échangent des souhaits de « bon week-end » ; avec la promesse ferme de se retrouver en début de la semaine à venir. Mais c’était sans compter avec selon certaines sources, les caprices, l’audace et l’irrévérence d’un court circuit. Selon certaines indiscrétions, c’est dans le bureau du directeur des ressources humaines, hermétiquement fermé, que l’on a observé la première montée des flammes. L’alerte est donnée. Affolé, tout le monde accourt. Les employés des services concernés, qui déambulaient encore sur les lieux ou non loin de là où, se trouvent les bars et restaurants de Gilbert Tsimi Evouna, rappliquent sur les lieux du crime.

En dépit de la mobilisation tous azimuts, l’impuissance des témoins est générale. Les incertitudes et le désarroi s’accentuent. Les personnels sont pris entre deux feux. Comment affronter à mains nues, les flammes ? Comment contenir son indignation en continuant à observer, sans réaction, se consumer, documents, archives, effets personnels et bureaux… « Il y a un peu de tout ce qui me concerne dans mon bureau. Je suis fini » explique un employé. Affolée et très inquiète, une dame en larmes reste inconsolable. Bénéficiaire d’une tontine d’environ un million de Fcfa, pour éviter d’emporter cet argent à son domicile, elle l’a enfermé dans son tiroir. « Une partie devait servir aux courses des fêtes de fin d’année ; mais voilà que tout est réduit en cendres » lâche-t-elle. 

Du matériel d’intervention archaïque 

Saisis en urgence, les soldats du feu, (malgré la bonne volonté dit-on), n’ont pas réagi à la mesure des attentes. Pour un incendie éclaté en plein centre urbain (il faut souligner que le bâtiment du Minsanté est à deux doigts de trois casernes des sapeurs pompiers : Mokolo, carrefour Warda, Mimboman), comment comprendre que les flammes aient duré plus de deux heures, sans que la réaction ni même l’offensive des soldats du feu, en soient efficaces. Alors que les employés pris entre deux feux, cherchaient où, donner de la tête, les sapeurs pompiers vibrionnaient pratiquement dans tous les sens, allaient et venaient ; prétextant un approvisionnement en eaux. Mais en voyant de plus près, les matériels d’intervention des soldats du feu, datent de Mathusalem. Ils sont surannés nécessite un remplacement à grande échelle.

André Mama Fouda, en 1er, a fait partie de ceux qui ont assisté en spectateurs résignés, les dégâts de l’incendie. Le ressentiment affligeant, l’écœurement désolant, le ministre de la Santé publique a subi  un grand supplice et une véritable torture psychologique. Gilbert Tsimi Evouna, que le ministre a appelé au secours, n’y pouvait rien. Même « Abraham », les citernes antiémeutes, généralement très promptes lorsqu’il s’agit de brutaliser des grévistes et personnes en position de sit-in, n’a pas été déployé. De retour de sa mission, hors du pays, le Drh, ne pourra que constater les dégâts. Selon certaines sources, le règne de la débrouille et du sauve qui peut pourrit le ministère. Aucune maintenance n’est assurée ; chacun fait ses propres bricoles, s’achète au bord de la rue : balai, interrupteurs, ampoule, les conducteurs d’énergie. De tels mélanges épars et imprudents seraient à l’origine de multiples dégâts. Il y a quelques jours, Le Messager dans ses colonnes, décriait, l’état de délabrement et de décrépitude des salles de toilettes à l’immeuble ministériel N°2. Si un doigt accusateur est pointé vers, la ministre Jacqueline Koung à Bessike, chef du département ministériel du Cadastre, des domaines et des affaires foncières ; dont l’une des missions est la protection du patrimoine public, l’on ne peut fermer les yeux sur ce qui est fait au niveau des ministères pour éviter le piteux état aux différents services et biens de l’Etat. Et pourtant ce ne sont pas les budgets qui manquent. Un véritable.

 

Souley ONOHIOLO  

 

 

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