L’euthanasie est « contraire à la culture africaine »

Ouagadougou

Le 15 mars s’est tenu à Ouagadougou un colloque international de bioéthique. L’euthanasie et la procréation assistée furent au cœur des échanges.

« Les problèmes que pose aujourd’hui la bioéthique provoquent et ne peuvent laisser muet ». C’est par ce difficile constat que le Professeur Jacques Simpore, aussi religieux camillien, justifie le colloque international de bioéthique qui s’est tenu à Ouagadougou le 15 mars dernier. 

Organisé à l’occasion des 400 ans de la mort de leur fondateur, Saint Camille de Lellis, les Camilliens (ou « serviteurs des malades ») ont voulu mettre en avant les nouvelles problématiques que rencontrent les soignants africains. Le colloque a été l’occasion de revenir plus précisément sur les thèmes de l’éthique médicale, de la procréation assistée et de l’euthanasie. L’Eglise du Burkina et Monseigneur Justin Kientega précisent ainsi que l’objectif est de développer à cet égard des « initiatives courageuses pour notre Église et notre pays ».
 
Les « questions de la contraception, de la sexualité, de la régulation des naissances, de l’avortement, du clonage, du statut de l’embryon humain, du VIH-sida, de l’euthanasie (…) » sont effectivement devenues des sujets d’inquiétude en Afrique. Ces thématiques, qui étaient jusqu’à présent plutôt cantonnées à l’Occident, s’élargissent désormais au continent africain et ne vont pas sans poser quelques problèmes : elles sont en profonde contradiction avec la culture africaine et sa conception de la vie.
 
Si l’euthanasie n’est pour l’instant pas légalisée sur le continent, l’homme de culture Titinga Pacérée, a exprimé le malaise qui entoure la question car « la vie est sacrée pour l’Africain. A mon sens, il n’est pas possible dans une situation concernant l’Afrique, qu’il y ait l’euthanasie. Je sais qu’il y a des peines de mort, je sais qu’il y a des exécutions et de graves violations des droits de l’homme en matière de vie. Un homme qui souffre fait pitié,  mais qu’on se décide à le tuer, cela n’est pas l’Africain. »

Lors du colloque, le Dr Paul Ouedraogo, Vice Provincial des religieux camilliens au Burkina, a aussi présenté la lettre encyclique « Humanae Vitae », écrite par le Pape Paul VI en 1968 sur le mariage et la régulation des naissances. Pour le médecin, cette lettre est « l’acte fondateur et interrogateur sur les enjeux des questions éthiques de notre temps ».

Il souhaite ainsi que l’appel de l’Eglise à un « choix courageux de l’amour et de la responsabilité face à la vie » « continue d’être une réalité chez nous, en vue de combattre l’esprit de profit qui gouverne certaines décisions internationales combien déstabilisatrices de nos valeurs traditionnelles en matière de respect de la vie ».

Gaëlle Bertrand

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