Afrique du Sud: affrontements entre manifestants noirs et blancs à l'université de Bloemfontein

L'université a confirmé mardi dans un communiqué l'interruption de la rencontre, à la 17e minute par un groupe de manifestants, « chassés et battus par des spectateurs ».

Une vidéo amateur reprise par les médias locaux montre un groupe de manifestants noirs envahir le terrain de l'université, poursuivis par des spectateurs blancs.

A la suite de ces incidents l'université a décidé de fermer ses portes mardi et mercredi et a fermement condamné ces actes de violence envers les manifestants.

« Personne n'a le droit de se faire justice soi-même », indique le communiqué.

Le parti radical de gauche des Combattants pour la Liberté Economique a réagi en affirmant qu'un « groupe d'étudiants blancs et leurs parents ont déferlé sur le terrain et battu [les manifestants] en les traitant d'animaux ».

« Nous condamnons les racistes et soutenons les étudiants pour leurs protestations », ajoute le communiqué du parti.

Ces étudiants soutiennent les travailleurs de l'université de Bloemfontein qui demandent la fin du recours aux prestataires de services pour le nettoyage ou la sécurité du campus.

Ces incidents surviennent alors que les cours sont également suspendus à l'université de Pretoria après des violences entre des étudiants noirs souhaitant la fin des cours en afrikaans et des militants d'Afriforum, un lobby afrikaner.

Une vidéo montre notamment un étudiant noir giflant un homme blanc pendant ces affrontements sur le campus de l'université de la capitale sud-africaine.

L'université de Pretoria a suggéré que des partis politiques étaient impliqués derrière les affrontements, y voyant « une opportunité d'exacerber leurs différences sur nos campus ».

« Cela cause de sérieux troubles que nous ne pouvons tolérer », ajoute le communiqué.

En novembre, les étudiants de l'université de Stellenbosch (sud-ouest) avaient obtenu que les cours soient donnés en anglais et non plus en afrikaans, la langue de la minorité blanche qui avait instauré l'apartheid.

Les divisions raciales restent un problème majeur en Afrique du Sud, près de 22 ans après la fin de l'apartheid.

De nombreux étudiants dénoncent le racisme et l'absence de transformation raciale au sein des universités du pays.

Depuis un an, les universités sud-africaines sont agitées par des manifestations.

En novembre dernier, des dizaines de milliers de manifestants avaient défilé pendant plusieurs jours dans différentes villes du pays, obtenant du gouvernement le gel de l'augmentation de leurs frais d'inscription.

AFP

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