Côte d'Ivoire : le parlement sous la botte de Ouattara vote pour la répression de la presse

Alea jacta est ! Le sort en est donc finalement jeté  en Côte d'Ivoire où les députés ont adopté avant-hier le très liberticide  projet de loi sur la presse, qui leur avait été présenté par le ministre de la Communication, Bruno Koné, et dont lune des originalité est le fait qu'elle durcit la répression contre les journalistes en prévoyant dorénavant une peine d'emprisonnement d'un à cinq ans des journalistes, convaincus d'”atteinte à la sûreté de l'Etat” et d'”apologie des crimes de guerre et contre l'humanité”.

Mercredi dernier, à l'occasion de la célébration de la Journée Internationale de la Liberté de la Presse, les journalistes ivoiriens s'étaient bruyamment élevés contre le projet de loi rétrograde qui stipulait qu’« Est puni d'un emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 300. 000 à 3.000.000 CFA, quiconque par voie de presse ou par tout autre moyen de publication : incite au vol et au pillage, au meurtre, à l'incendie et à la destruction par quelque moyen que ce soit, de biens publics et privés, à toutes formes de violences exercées à l'encontre de personnes physiques et morales ainsi que sur les biens, ou à l'apologie des mêmes crimes et délits ; incite à la haine religieuse, à la haine raciale et à la haine sous toutes ses formes ; fait l'apologie des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité, des crimes de génocides ou de collaborations avec l'ennemi ; incite les militaires et des forces de l'ordre à l'insoumission et à la rébellion ; porte atteinte à l'intégrité du territoire national, à la sûreté intérieure et extérieure de l'État  ».
Ils avaient alors cru pouvoir sensibiliser le pouvoir législatif, sur le danger que représentait cette loi pour la liberté d'expression et de la presse, qui était un des acquis obtenus par les ivoiriens et leur presse sous le régime de Laurent Gbagbo, nonobstant quelques couacs à mettre sur le compte de l'apprentissage. Hélas !, ces libertés sont le cadet des soucis des députés “ouattaristes” qui, à l'exemple de leur commanditaires du pouvoir exécutif pensent qu'il suffit de museler la presse pour conserver le pouvoir.
Le ministre de la Communication, “initiateur” officiel de cette loi a certes tenté une explication bancale, selon laquelle « L'intention du gouvernement est d'attirer l'attention des journalistes », qui ne doivent « pas tomber sous le coup de ces exceptions », et expliqué que l'article 90 dénoncé par les journalistes n'était pas une création, mais une transposition d'article existant dans le code pénal, les hommes de médias ne le trouvent pas moins « confligène », et appellent le parlement à le retirer. Ce qui semble désormais improbable.

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