Incarcération du journaliste Ahmed Abba : Des organisations internationales accentuent la pression sur le Cameroun

Amnesty International, Reporters Sans Frontières (RSF) et des organisations internationales de la société civile semblent déterminées à ne pas laisser le gouvernement camerounais dormir sur ses deux oreilles à cause de la détention du journaliste Ahmed Abba, correspondant en langue haussa de RFI au Cameroun, condamné le 24 avril 2017 à 10 ans de prison au Cameroun pour “blanchiment du produit d’un acte terroriste”, selon la justice militaire, “pour avoir rapporté les activités de Boko Haram” selon l’opinion publique qui voit dans ses démêlés avec la justice la manifestation logique de la répression que le gouvernement de ce pays exerce sur les journalistes “audacieux”.

Dans une déclaration conjointe évoquant le fait que “Aucune preuve solide n’a été produite contre Ahmed Abba pendant le procès qui a été reproté 18 fois”, 36 groupes et personnalités ont dit leur engagement à faire des pressions publiques et politiques sur les autorités camerounaises “qui n’auraient jamais dû arrêter Abba”, afin d’obtenir la libération de ce journaliste envoyé derrière les barreaux à l’issue d’un procès “injuste”.

RSF a affirmé avoir mis sur pied dans cette optique un comité de soutien réunissant des personnalités célèbres  du monde et surtout Afrique.

« Le comité a décidé de commencer en ligne en créant une page Facebook dans laquelle nous partagerons les messages de  soutien », a révélé Cléa Kahn-Sriber, chef du bureau Afrique de RSF, ajoutant que « Ce n’est juste que le premier pas, la campagne devant grandir en force si les autorités ne libèrent pas Ahmed Abba. ».

Le comité de soutien à Ahmed Abba comprend de nombreuses organisations non-gouvernementales régionales et internationales de défense des journalistes et des droits de l’homme, à l’instar de “Africtivistes” (une coalition pro-démocratique de cyber-activistes africains), Amnesty International, journaliste en danger, (JED) la Fédération Internationale de Journalistes et le Comité de Protection des Journalistes (CPJ) qui ont fait du journaliste Abba un des lauréats du Prix de la Liberté de la Presse Internationale  2017.

Pour Angela Quintal (Coordinatrice du programme CPJ Afrique) qui a exigé que le gouvernement « libère sans délai » le journaliste et « répare cette injustice », chaque jour qu’Abba passe derrière les barreaux « est un autre travestissement de la justice qui envoie un message glacial à la communauté médiatique au Cameroun. ».
Arrêté le 30 juillet 2015 et “torturé par les services de sécurité camerounais pendant trois mois”, avant d’être mis à la disposition de la justice militaire, Ahmed Abba a toujours clamé son innocence en insistant sur le fait qu’il avait de tous temps gardé la distance  qui sied à un journaliste professionnel, vis-à-vis du groupe terroriste Boko Haram.

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