Barbarie d'Etat en RDC : Emmanuel Macron et Mariano Rajoy désignés sponsors officiels de Kabila

Le président français, Emmanuel Macron, et le Premier  ministre espagnol, Mariano Rajoy, n’ont pas réussi à cacher longtemps leur jeu de l’adoubement de la dictature en place en RDC incarnée par Joseph Kabila.  Vite rattrapés et mis à nu sur les réseaux par des organisations de la société civile congolaise les sponsors intéressés du “sérial massacreur” de Kinshasa ont sorti l’artillerie lourde communicationnelle en parlant de diffamation, de “fake news”. Mais nul n’est plus dupe !

Alors que le hashtag #BoycottFrance lancé en manière de mesure de rétorsion contre la France macronienne – qui contrairement à ce qui se passait à l’ère Hollande a résolument pris fait et cause pour la dictature  qui règne illégitimement et illégalement en RDC-  fait fureur,  la presse occidentale, manifestement actionnée par le Quai d’Orsay sur instructions de l’Elysée, a décidé de voler au secours de la diplomatie de Tartufe française, en relayant samedi des diplomates qui pointent du doigt « la première opération de fake news » et « campagne de nuisance politique intentionnelle » contre la France dans le cadre desquelles la France et l’Espagne, au même titre que les civils congolais massivement trucidés par Kabila-, feraient les frais de la crise politique en RDC.

Les suppôts communicationnels de cette contre-campagne prennent appui sur les dessins du caricaturiste Kash publiés dans le quotidien Le Potentiel paraissant à Kinshasa.

Des caricatures qui en disent long sur le soutien de la France et de l’Espagne à Kabila

Sur la première caricature intitulée « Les sponsors de la barbarie en RDC », on voit le Français Macron et l’Espagnol Rajoy, en treillis, mitraillette en mains, aux côtés de Joseph Kabila, muni d’un bâton, en plein exercice de massacre des populations congolaises. « Par Toutatis, tire ! Il y a en a encore qui bougent encore ! », hurle le président français à l’intention du chef de l’exécutif espagnol. Rajoy qui ne l’entend visiblement pas, hurle plutôt un « Congo Catalona hijo de puerco » – entendez « Au Congo comme en Catalogne, mourez, fils de porcs », à l’intention d’un Congolais qui lui donne du fil à retordre, puisqu’au lieu de mourir… “tranquillement” comme les autres, celui-ci  tente de parer le coup de pied fatal qu’il s’apprête à lui asséner.

La deuxième, intitulée « Les héritiers de Léopold II » (du nom du roi belge initiateur de la colonisation du Congo Belge dans les années 1860, ndlr),  met en scène les mêmes trois protagonistes de la première, marchant sur un sol jonché de cadavres  entouré de montagnes de tombes. On y voit un Kabila qui, en échange de tout ce qu’elles veulent, sollicite de la France et de l’Espagne qu’elles le débarrassent des flèches que lui ont décochées les organisations des droits de l’homme, les organisations citoyennes et les Nations Unies, ainsi que l’Union Européenne et les Etats-Unis qui multiplient ces derniers temps des sanctions contre son régime. Et les deux compères occidentaux à leur tour de formuler leurs demandes avant même d’avoir accédé au vœu du dictateur. C’est ainsi que Emmanuel Macron, reconnaissable à l’étiquette “Escroc Macron” collée sur la poche inférieure droite de sa veste, et  poussant un baril de pétrole marqué Total (groupe pétrolier français, ndlr) fait valoir ses appétits  sur les puits de pétrole du Lac Albert : « OK ! Faites-moi le plein ! ». Quant à lui,  Rajoy, clé à molette en main, exige : « Je veux le barrage d’Inga Caramba ! ».

En effet, à travers ces caricatures, Kash fait écho à l’opinion publique congolaise qui a trouvé « très mou » le communiqué du Quai d’Orsay après le massacre de 12 personnes par l’armée de Kabila lors de la marche du 31 décembre 2017 organisée par le Comité Laïc de Coordination de l’Eglise Catholique. Ce à quoi il faut ajouter la révélation par l’édition africaine en ligne du journal La Libre Belgique, des manœuvres de la France et l’Espagne « deux pays ayant des intérêts industriels au Congo » (sic) pour bloquer le communiqué de l’Union européenne condamnant la répression sanglante de cette marche pacifique dont le but était d’exiger du pouvoir congolais qu’il respecte les accords de la Saint Sylvestre 2016 prévoyant des élections avant fin 2017, et d’exiger de Kabila qu’il déclare officiellement qu’il ne tentera pas de modifier la Constitution pour se présenter à l’élection présidentielle à venir, son dernier mandat étant arrivé à son terme le 19 décembre 2016, conformément à la Constitution congolaise. 

Si jusqu’à présent l’Espagne n’a pas encore réagi, beaucoup se seraient attendus, en ce qui concerne  la France de Macron, à ce que ce pays change  de fusil d’épaule en se rangeant derrière le peuple congolais comme tous les Etats occidentaux respectables. Que non !, L’Elysée, le Quay d’Orsay et leurs communicants ont plutôt entrepris de se défausser pour leurs turpitudes sur le Rwanda de Paul Kagame, qu’ils accusent d’avoir ourdi la campagne de manipulation de l’opinion contre la France   subséquemment à un récent refroidissement des relations entre Paris et Kigali, après que la justice française a mis en cause fin 2017, le ministre rawandais de la Défense James Kabarebe  dans l’attentat contre l’avion de l’ancien président Juvénal Habyarimana, à l’origine du génocide tutsi de 1994.

Archifaux, en effet !, car nonobstant quelques petites disputes, le régime de Kabila reste le bras armé de la tentative impérialiste rwandaise en RDC. Le même Rwanda fait d’ailleurs itérativement l’objet des accusations  de l’opposition et de la société civile congolaise qui affirment, preuve à l’appui, que les éléments des forces armées qui exécutent les plans de répression de Kabila sont des Rwandais.

La France et sa presse manipulatrice devraient plutôt chercher auprès des Congolais eux-mêmes, les raisons de l’aversion de ce peuple pour elle. Et elles sont aussi évidentes que le nez sur la figure : « La France de Hollande nous recevait, nous soutenait et faisait tout pour libérer nos militants arrêtés par l’ANR (agence nationale de renseignement de RDC, NDLR). On a appelé au boycott de la France pour mettre pression sur cette puissance qui, depuis l’arrivée au pouvoir de M. Macron, a une position bien moins claire que par le passé », a expliqué Floribert Anzuluni, coordinateur du mouvement citoyen Filimbi, cité par le lemonde.fr. Lequel cite aussi un twitt du mouvement citoyen Lucha qui affirme « Condamner ne suffit pas, unissons-nous pour une campagne #BoycottFrance au Congo et partout où les peuples africains sont opprimés avec la complicité de la France ».

Ce n’est pas très compliqué à voir, n’en déplaise à la France qui veut orienter l’opinion pourtant très avisée, sur le terrain de la polémique politicienne.

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