Zimbabwe : Mugabe appelle son successeur à autoriser des manifestations pacifiques

Au Zimbabwe, première sortie de Robert Mugabe depuis la fin des élections générales de juillet qui ont vu l'élection d'Emmerson Mnangagwa, ancien vice-président du pays. Dans un discours de 40 minutes diffusé ce jeudi, l'ex-président est revenu en long et en large sur ces élections jusque-là contestées par le principal parti d'opposition du Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

Après l'échec de tous ses recours légaux, le parti dirigé par Nelson Chamisa entend passer par la rue pour obtenir l'annulation des résultats, bravant ainsi une interdiction de la police. Une option adoubée par Robert Mugabe qui estime que l'opposition doit être "autorisée à manifester pacifiquement" afin d'exprimer ses griefs.

Une déclaration qui pourrait titiller l'esprit des opposants zimbabwéens, à plusieurs reprises interdits de manifester pacifiquement sous le règne de Robert Mugabe, encore moins pour protester contre les résultats d'une présidentielle. Mais le passé semble loin derrière et l'ancien président a davantage un discours conciliant, même à l'égard de son successeur qu'il a pourtant refusé de soutenir pendant les élections.

"Mnangagwa nous aime et nous l'aimons aussi

Lors de son adresse qu'il tenait à l'occasion des obsèques de la mère de son épouse Grace dans la soirée de mercredi, Mugabe a dit accepter les résultats des élections du 30 juillet remportées par le président sortant Emmerson Mnangagwa et son parti, la Zanu-PF. Mieux, l'ancien homme fort du Zimbabwe assure avoir oublié le coup de force qu'il l'a poussé à la démission en novembre 2017 et a appelé au dialogue.

Quant à Grace Mugabe, elle n'a pas tari d'éloges à l'endroit du président Mnangagwa qui a affrété un jet privé pour la récupérer, elle et son époux, depuis Singapour où ils se trouvaient, afin d'assister aux obsèques de sa mère.

"(Mnangagwa) nous aime. Il sait que nous l'aimons aussi. Nous prions pour lui parce que c'est la volonté de Dieu qu'il soit président. Nous prions pour qu'Il lui donne la sagesse de diriger le pays", a-t-elle ajouté.

A moins d'un revirement de dernière minute, la saga du pouvoir entre les Mugabe et Mnangagwa semble connaître une issue heureuse.

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