Pourquoi la diaspora a fermé les portes du Forum de la Paix de Paris au chef de guerre camerounais Paul Biya

Une victoire du peuple camerounais acquis au changement qui a rejeté massivement Paul Biya à l’occasion de la dernière élection présidentielle. Une victoire obtenue,  il est vrai, par la diaspora camerounaise d’Europe  –inutile de faire la fine bouche pour peu qu’on ait l’humilité de reconnaitre qu’on est ankylosé par la peur de se faire massacrer par un régime qui –quoique parfois malgré la volonté de son chef-  éprouve un tel besoin fondamental d’emprisonnement et de meurtre des voix discordantes qu’user de son droit à l’opposition démocratique au Cameroun relève  de l’inclination pathologique au suicide.

 Alors que s’égrène vers sa fin les dernières minutes du Forum sur la Paix de Paris qui commence lundi pour s’achever mercredi, il est loisible de constater que le chef de l’Etat camerounais contraint malgré lui au maximalisme belliciste par les va-t-en guerre qui l’ont pris en otage et reconduit de force à la tête du Cameroun, n’y a pas pris part. Sa participation aurait de toute façon paru contre-nature, compte tenu de l’antinomie des portraits : la guerre et la paix dînant joyeusement à la même table ! 

  
Paul Biya y avait été pourtant invité de la manière la plus solennelle qui soit, par son homologue français. C’était début août dernier, par le truchement de l’Ambassadeur de France au Cameroun. Un diplomate dont on se demande déjà de manière lancinante s’il défend les intérêts de la France au Cameroun, où s’il défend les intérêts de Paul Biya et de son régime illégitime auprès des décideurs français en général et de l’Elysée en particulier. Mais il s’agit là d’un autre problème sur lequel nous reviendrons dans nos prochaines publications avec des détails à tout le moins croustillants, tellement  la capacité de Paul Biya à retourner les esprits se passe de tout commentaire. 

Il était alors question de faire comprendre de façon sous-jacente aux Camerounais que Biya sera élu quel qu’en soit le cas. Et qu’il représentera le Cameroun à ce forum mondial auquel était conviés une centaine environ de têtes couronnées du monde, pour non seulement commémorer le centenaire de l’armistice, mais également, faire comprendre à tous les bellicistes et autres isolationnistes de la planète qu’ils n’auront pas assez d’une vie pour faire face aux entités résolument engagées dans une démarche diamétralement opposée.

Erreur logiciel ! Car le calendrier du Forum sur la Paix allait coïncider avec le Plan de Résistance Nationale (PNR) contre le hold-up électoral lancé par son adversaire Maurice Kamto, vainqueur présumé de l’élection présidentielle, malheureusement “coupé et décalé” en deuxième position par un ELECAM et surtout par un Conseil Constitutionnel dont « les décisions ne sont susceptibles d’aucun recours »… légitime.
Le Forum  sur la Paix de Paris qui allait se croiser de manière inattendue avec les arrestations des journalistes au Cameroun dont la plupart attendent derrière les barreaux des prisons spéciales d’être jugés pour… terrorisme comme notre confrère Michel Mbiem Tong du site Hurinews.com, défenseur des droits de l’homme et membre du Comité de Libération des Prisonniers Politiques (Cl2P) ne pouvait donc que susciter la réaction que l’on connait, des Camerounais qui peuvent manifester leur mécontentement sans que tombent sur eux les gros bras armés de la sécurocratie régnante  du Cameroun.

Sincèrement, on ne peut qu’être déçu de ne pas entendre résonner la voix du Cameroun à travers son si éloquent président qui sait si bien traduire en des termes forts le désappointement des nations  et Etats en voie de développement dans un concert des Nations englué dans l’unilatéralisme des Etats puissants et impérialistes. Mais cette déception est aisément contrebalancée par le sentiment que cette absence est moins préjudiciable au Cameroun et à l’Afrique que l’adoubement d’une dictature hypocrite  qui se perche sur le toit du monde pour hurler des leçons de dialogue  et de consensus, mais qui, use de violence domestique pour réduire au silence, y compris en leur donnant la mort, des émeutiers de la faim et des protestataires anglophones, quitte à les pousser à une interminable et meurtrière  guerre de sécession. 

Emmanuel Macron l’a compris, en n’insistant pas pour recevoir son homologue camerounais à qui il a pourtant adressé récemment une lettre “confidentielle” de félicitations pour sa réélection. Il reste à celui d’en tirer les leçons pour se réconcilier  avec un peuple camerounais prêt à pardonner à ses enfants égarés.

Mais le pourra-t-il seulement, pris en otage qu’il est par des mythomanes bellicistes et des bandits politiques -dont les seuls noms provoquent des haut le cœur- qui se servent de lui comme d’un paravent pour assouvir leurs ambitions d’enrichissement illicite  et de pouvoir, et n’hésitent pas à brandir à la face du peuple contestataire des forces de sécurité et de défense dont ils ont fait des pantins au service de la barbarie  ?

Rien n’est moins sûr, et il ne faudrait pas alors s’étonner que les Camerounais continuent de laver leur linge sale sur la place publique étrangère, faut d’espace et d’occasion pour le faire chez eux-mêmes.

C’est déjà ça de… perdu ! La honte de ça !

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