Au Cameroun, de mal en pis- Détenus au secret depuis 1 mois, 4 jeunes au Trib. Militaire : Ils ont osé demander le départ de Biya


Source image hurinews.com

Revenu de l'enfer des camps de tortures du Cameroun, le cyber journaliste Michel Biem Tong est de nouveau à l'œuvre. Avec une révélation en règle d'un cas de violation grotesque des droits humains dont se rend coupable le régime, en séquestrant depuis un mois dans l'une de ses prisons 4 jeunes gens coupables d'avoir demandé le départ du pouvoir de Biya.

L'on apprend ainsi de Hurinews que « Depuis bientôt un mois, 4 jeunes gens croupissent dans les cellules de la police judiciaire à Yaoundé. Leur péché : avoir demandé au président camerounais de quitter le pouvoir au cours d'un direct sur la page Facebook de l'un d'eux. Accusés de rébellion, leur affaire a été portée devant le tribunal militaire. »

« C'était comme un jeu d'enfants. Anama Raymond Jules, Yannick, Queba Kuete et Natacha Mongo se sont rendus au rond-point de la Poste Centrale à Yaoundé le 18 mai dernier. Date à laquelle des milliers de Camerounais à Paris ont marché pacifiquement pour dénoncer le pouvoir de Yaoundé. Munis du drapeau du Cameroun, ils ont tourné une vidéo en direct sur la page Facebook de Raymond Jules dans laquelle il demandait le départ de Paul Biya, 37 ans au pouvoir et 86 ans d'âge. Puis, ils ont été interpellés par des policiers en civil pour une destination inconnue. C'est une semaine après qu'on est informé qu'ils se trouvent à la Direction de la Police Judiciaire à Elig Essono, à Yaoundé.

D'après l'Association de Défense des Droits Etudiants du Cameroun (Addec), les 4 infortunés ainsi que quatre autres jeunes gens sont accusés de rébellion et c'est le Tribunal militaire de Yaoundé qui s'est saisit de leur affaire. Ils étaient d'ailleurs attendus au parquet du tribunal militaire ce mercredi 13 juin mais une source au sein de l'Addec a fait savoir à www.hurinews.com qu'ils n'ont finalement pas été extraits. Depuis bientôt un mois, les 8 jeunes camerounais, sont maintenus en garde-à-vue à la police judiciaire. Pourtant, d'après le Code de procédure pénale, la garde-à-vue ne saurait excéder 6 jours.

Il ne s'agit donc ni plus ni moins que d'une détention arbitraire qui s'inscrit en violation des instruments juridiques internationaux ratifiés par le Cameroun. Notamment la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme qui prescrit en son article 9 que « nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu… ». La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples en son article 6 dispose que : « …nul ne peut être arrêté ou détenu arbitrairement… ». Les deux textes internationaux protègent également la liberté d'opinion respectivement dans leurs articles 19 pour la Déclaration et 9 pour la Charte. »

Et Michel Biem Tong de commenter :

« Cette autre situation malheureuse vient rappeler aux observateurs avertis que le Cameroun s'est installé de manière résolue dans un indicible ensauvagement des institutions judiciaires où pour un oui ou pour un non, pour peu que vous exprimiez une opinion contraire à celle voulue par les autorités établies, vous pouvez vous retrouver des jours voire des mois durant dans les quatre murs d'une cellule. Comment peut-on admettre qu'on brise la vie à des jeunes camerounais sans histoire en les privant de liberté de manière tout à fait arbitraire juste pour avoir exprimé leurs opinions sur les réseaux sociaux ? Comment peut-on l'admettre si l'on n'est pas un Etat voyou mais tend à devenir une République exemplaire ? De plus en plus, il est aisé de se rendre compte que le Tribunal militaire au Cameroun n'est pas cet organe en charge de sanctionner les militaires délinquants et indisciplinés qu'il est censé être mais un instrument dont le régime dictatorial de Yaoundé se sert pour répandre la peur parmi ceux qui osent le contester publiquement. Ce pays qui est nôtre est visiblement une curiosité planétaire. Un gendarme peut tuer un citoyen puis circuler librement et monter en grade tandis qu'un civil est condamné à raser les murs d'une cellule juste pour avoir fait valoir son droit fondamental : celui de s'exprimer librement. Quel pays ! »

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