Crise Anglophone, détention de Kamto et +500 opposants : Des députés canadiens exigent une intervention internationale au Cameroun

Dans un communiqué rendu public le 4 juillet 2019, des parlementaires canadiens sonnent le tocsin de l’urgence d’une action Internationale  au Cameroun. Résultante, il va sans dire, d’une audience au parlement canadien sur la situation des droits de l’homme au Cameroun.

Une audience au cours de laquelle ils ont dénoncé les violations des droits humains dans la zone anglophone depuis deux ans et celles commises depuis l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 avec l’arrestation Maurice KAMTO et 500 prisonniers politiques.

Une audience devant la Sous-Commission Internationale des droits de l’homme du parlement canadien sur la situation sociopolitique et sécuritaire au Cameroun a servi de prétexte aux parlementaires du « pays à la feuille d’érable » pour dénoncer les violations des droits humains dans la zone anglophone du pays depuis 2016, ainsi que  et commises depuis l’élection présidentielle de 2018 avec l’emprisonnement de plus de  500 opposants dont le principal candidat à ce scrutin, Maurice KAMTO, et ses alliés.

C’est sans surprise que les parlementaires canadiens, manifestement bien informés, ont décrit le Cameroun comme un pays « confronté à de multiples crises ». Un pays où, « Alors que les forces de sécurité combattent Boko Haram dans le nord du pays, le conflit avec les milices séparatistes persiste dans les régions nord-ouest et sud-ouest anglophones du Cameroun ».

Le lien de cause à effet entre les premières manifestations généralisées des enseignants et avocats anglophones dénonçant la domination croissante des francophones sur le système judiciaire et éducatif du Cameroun est souligné par les parlementaires, qui relèvent que « Les chefs de l’opposition et leurs adhérents sont confrontés à des détentions arbitraires et à des violations de leur liberté de réunion », et que Ces violations des droits de l’homme se sont multipliées après l’élection présidentielle du Cameroun d’octobre 2018, qui a été largement critiquée pour ses irrégularités.

A la suite de ces constatations préliminaires, d’autres observations pertinentes faites sur la détérioration sans cesse grandissante de la situation au Cameroun ont amené les parlementaires à conclure globalement à la nécessité d’une plus grande et énergique implication de la communauté internationale dans le drame camerounais, notamment pour contraindre les entités qui prennent des libertés avec les droits de l’homme à se départir de cette manière barbare de régler les désaccords humains. (Voir Communiqué de presse publié ci-dessous en fac-similé en fin de page).

C’est le cas par exemple de  l’Honorable Anita Vandenbeld, représentante de la circonscription d’Ottawa-Ouest — Nepean, qui a affirmé qu’« En tant que membre du Commonwealth et de la Francophonie, le Canada est bien placé pour s’engager dans la tâche complexe  consistant à mettre en place un processus de médiation conduisant à une solution politique acceptable pour le gouvernement central du Cameroun et pour sa communauté anglophone ».

Pour le Député à la Chambre des communes du Canada David Sweet, c’est une responsabilité de la communauté internationale de contraindre le Cameroun à se  conformer à ses engagements relatifs au respect des droits humains :  « La complexité de la crise politique au Cameroun et sa lutte contre le terrorisme ne sauraient  justifier des violations des droits de l’homme. La communauté des États a la responsabilité de promouvoir le respect des droits de l’homme partout dans le monde.»

Son de cloche presque identique  chez  Sheryl Hardcastle, qui constate avec une pointe d’amertume que « Les violations des droits de l’homme perpétrées par les forces de sécurité camerounaises n’ont servi qu’à désillusionner davantage les Camerounais déjà déplacés, à faire perdre aux populations anglophones des occasions d’éduquer leurs enfants (Ndlr : boycott des activités scolaires imposées par les sécessionnistes et suivi par adhésion à la cause par une frange de la population et par contrainte par une autre) et à faire perdre aux anglophones toute confiance en leur gouvernement ». Et la représentante  de la circonscription électorale fédérale de Windsor — Tecumseh à la Chambre des Communes de conclure que « Pour éviter de perdre une génération, il est temps d’agir. ».

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