Révolte des prisonniers politiques anglophones au Cameroun : Incendie et tirs à l’arme lourde à la prison centrale de Kondengui

« Kamto, président ! Paul Biya, pédé ! bande de voleurs » C’est à ces cris, généralement lancés sous la harangue des figures bien connues de la scène politique mais mis sous les fers dernièrement par le régime du président Biya,  que les  prisonniers politiques incarcérés pour la plupart sans jugement à la prison de Kondengui à Yaoundé au Cameroun ont manifesté, leur révolte toute la journée de lundi, mais aussi toute la nuit.
Tout a commencé en milieu de journée quand, les prisonniers politiques anglophones dont certains sont détenus depuis fin 2016 ou début 2017 sans jugement, ont entrepris de signifier aux “Seigneurs” investis du droit d’embastiller les citoyens selon leur bon vouloir sous le prétexte de la  sauvegarde de l’ordre public, qu’ils en avaient marre de laisser des gens marcher sur leurs droits d’hommes libres. 


Mouvement De Protestation A La Prison De Kondengui: Des Coups De Feu entendus (Vidéo KMER REPLAY)

En grosso modo, leurs revendications tenaient de l’incompréhension qui sourd dans leurs rangs au sujet des librations ciblées dont ont bénéficié au moins par deux fois déjà,  environ 400 de meurs compagnons des galères sur les plus de 5.000 qu’ils sont dans ce pénitencier, sans qu’il leur soit donné des explications raisonnables sur la poursuite de leur maintien en détention, là où d’autres, dans la même situation qu’eux, pour la plupart arrêtés au même moment, étaient élargis au stade de l’instruction judiciaire.

A cette  incompréhension, il faut ajouter le mauvais traitement alimentaire, qui, pour les antécédents (politiques) qui les y ont conduits, sont traités comme des bêtes de somme, pis, des pestiférés  dont il faut hâter la mort. C’est constamment du maïs en bouillie qui est servie, très souvent à moitié cuit et trempé dans de l’huile de palme de mauvaise qualité qui est servie à ces prisonniers du président et de son entourage qui les punissent ainsi de n’avoir pas su bénéficier tranquillement, en silence, de la liberté que les propriétaires exclusifs du pays ont bien voulu leur « accorder ».

Faisant bloc contre cette monstruosité qui consiste à se servir du paravent de la loi pour priver des individus de leur liberté, parfois en les narguant avec des propos du genre : « On vous maintiendra en prison tant qu’on le voudra, même pour rien, et ce ne sont pas vos machins de ONU,  de Union Européenne, de Amnesty et autres saloperies qui vont nous empêcher, car s’ils tentent, nous allons vous massacrer, vos familles avec, avant  de nous occuper d’eux », les prisonniers anglophones, bientôt rejoints par des centaines d’autres arrêtées pour  leur proximité avec l’ancien candidat à l’élection présidentielle, Maurice Kamto (lui-même emprisonné depuis six mois pour avoir marché –oui, « marché », c’est-à-dire avoir effectué un mouvement corporel consistant à mettre répétitivement un pas devant un autre-), ont décidé de réclamer à hue et à dia leur liberté, affirmant n’avoir plus rien à  faire derrière les barreaux ou même les stipulations du Code de procédure pénale relatives à la détention provisoire font d’eux des hommes et des femmes libres depuis belle lurette.
 
Jusqu’à très tard lundi soir, ils affirmaient être prêts à tout, y compris à mourir, laissant craindre une émeute du genre de celle qui avait entrainé le massacre des prisonniers politiques libyens les 28 et 29 juin 1996 dans la prison d’Abou Salim  à Tripoli. 15 ans plus tard, la révolte des épouses de ces prisonniers allaient causer la perte du colonel Kadhafi.

Aux dernières heures de lundi, un grave incendie (dont les images d’une rare atrocité nous sont parvenues) a éclaté à la prison, sans que l’on sache exactement quelle en était l’origine.

Nous y revenons 

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