Cameroun- Les rats quittent le navire : le fils du président Biya demande refuge à des pays étrangers

Brésil, Chine, Congo,  États-Unis, France,  Russie. Tels sont les 6 pays dont les chefs de missions diplomatiques en poste au Cameroun ont été saisis par Georges Gilbert Baongla, personnage controversé s'il en est, se présentant tantôt comme un journaliste, tantôt comme un homme politique, mais plus connu ces dernières années comme celui qui clame à qui veut l'entendre qu'il est le fils aîné du président camerounais, Paul Biya, sans que celui-ci confirme ou infirme les faits. 

Arrêté fin mai dernier à la suite d'une plainte déposée contre lui par Amougou Belinga, un très proche du ministre d'Etat chargé de la Justice, monsieur Baongla allègue, dans une de ses correspondances aux ambassadeurs des pays sur lesquels il a jeté son dévolu, faire l'objet de représailles politiques  -il est aussi président d'un de ces partis politiques confidentiels dont le président national n'est même parfois pas militant, comme il en pullule au Cameroun.
« Faisant suite à nos précédentes requêtes donc copie ci-jointe, je viens très respectueusement auprès de votre très haute personnalité solliciter un refuge en tant que président du parti républicain lié à un procès incertain et kafkaïen tenu envers ma personne et au mépris de la loi, pour diffamation ». «… une affaire politique où mes ennemis veulent ma mort », indique-t-il, non sans préciser : « Par ailleurs, ma vie est menacée dans ce milieu carcéral, avec un état de santé précaire ».

Gilbert Baongla était pourtant il y a quelques temps, très influent et redouté par des Camerounais qui craignaient, même quand ils étaient offensés par lui, de devoir faire face à son présidentiel père(*). Même le propriétaire d'une villa qu'il louait dans un quartier chic de la capitale avait dû attendre qu'il soit absent pour le vider de sa propriété en exécution d'une décision judiciaire d'expulsion, tellement Baongla avait fait avaler à tout son monde qu'il était intouchable en tant que « premier fils du président de la République ».

Son arrestation le 29 mai et sa mise en détention provisoire le 3 juin avait été interprété comme l'illustration que Paul Biya dont l'évocation du nom l'avait toujours protégé du courroux de ses adversaires, ennemis ou victimes, parfois bien placés au sein du sérail, ne pesait plus lourd sur la balance, rapporté à celui des clans qui se sont formés pour s'arroger d'importantes parcelles de pouvoir dans la perspective de l'éviction de la tête de l'Etat du successeur d'Ahmadou Ahidjo, ou de sa disparition.

Que Baongla qui passait il y a peu encore pour très introduit dans le sérail, au point d’invectiver des ministres et des officiers généraux de l’armée, ou d’annoncer quelquefois à l'avance les coups de sang de son père, en soit à vouloir fuirr ce “bout de paradis” infernal en lequel son “père” a transformé le Cameroun, donne la nette impression d'une  fin de règne au Cameroun se déclinant en un méga embrouillamini, traduit par un départ en catastrophe des partisans du régime (?).

(*) Un journal a révélé il y a quelques temps que baongla n’avait pourtant aucun lien de parenté naturelle avec le président Biya « Baongla avait été donné comme filleul à son bapteme à Monsieur Paul Biya, à l'époque Premier ministre et ce, dû à l'étroitesse des rapports entre dame Élise Baongla, génitrice de Georges Gilbert Baongla, et Madame Jeanne Irène Biya. Par conséquent, Baongla n'a jamais été le fils de Paul Biya. Mais plutôt, Filleul », avait écrit  l'hebdomadaire Investigations dans sa livraison du 13 juin 2019.

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