Cameroun : L’armée a tué 20.000 personnes en Ambazonie. De sa prison, Ayuk Tabe charge Biya

Le président du Gouvernement fédéral Provisoire d’Ambazonie n’y va pas de main morte dans une interview aux relents accusateurs accordée à l’hebdomadaire Jeune Afrique

Condamné le 20 août dernier à la prison à perpétuité avec neuf de ses proches, Julius Ayuk Tabe a imputé à l’armée camerounaise les atrocités dans les régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest (désignées par les sécessionnistes comme “l’Etat d’Ambazonie”).  

« (…) ce sont les militaires camerounais qui se rendent coupables d’actes de barbarie en Ambazonie. Environ 20000 personnes ont été tuées, plusieurs dizaines de villages incendiés, plus de 120000 personnes cherchent refuge au Nigeria et ailleurs… Paul Biya et son armée auront un jour à répondre de leurs crimes » accuse le leader emprisonné.

Un bilan macabre 10 fois plus élevé que celui de l’ICG

Loin du chiffre de 1850 personnes tuées qu’a avancé l’Ong américaine International Crisis (ICG)Group en juin, l’accusation du leader ambazonien et le bilan macabre de 20.000 tués ont toujours été battus en brèche par les autorités camerounaises. Ces dernières mettent généralement les tueries, incendies, enlèvements et torture aussi bien de civils que des éléments des forces de défense sur le compte des groupes armées sécessionnistes, .

Peu avant le début du dialogue national, le gouvernement camerounais a par exemple fait état, vidéo à l’appui, de l’inhumation par les “sécessionnistes” d’une femme en vie, que ses bourreaux accusaient d’être avec eux le jour, et la nuit venue, d’être de mèche avec l’ennemi.

Il y a environ deux semaines, en plein dialogue national, la nouvelle de l’assassinat d’une gardienne de prison capturée puis mise en pièces (au sens propre) par des sécessionnistes supposés, a profondément choqué l’opinion publique nationale et internationale. Ému, l’Ambassade des États-Unis à Yaoundé a publié un communiqué  adjurant le gouvernement camerounais de  mener des enquêtes sur ce drame pour en punir les auteurs.

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Des exactions des “amba boys” ? Oui, mais pas autant que celles des forces gouvernementales, selon Ayuk Tabe

Julius Ayuk Tabe reconnait cependant les exactions de son camp qu’il ne cautionnerait manifestement pas, même s’il préfère jeter davantage la pierre à l’ennemi :  « Nous ne les –crimes et exactions des séparatistes, ndlr- exonérons pas. Mais nous savons aussi que les milices gouvernementales commettent des atrocités et tentent de nous les attribuer. Seule une mission d’enquête indépendante peut établir les faits. Et, jusqu’à présent, Yaoundé a opposé une fin de non-recevoir à toutes les demandes des organisations humanitaires », clame-t-il.

Une lutte à mort sous le contrôle du droit International

Sans démordre du fait qu’il soit derrière les barreaux pour une période indéterminée, celui  “Seseku”  de célébrer les combattants séparatistes appelés “amba boys” dont les actions seraient assimilables à lutte d’indépendance  adossée sur le droit international :

« Quiconque estime aujourd’hui encore que l’Ambazonie est une chimère vit dans un autre monde. Les résolutions 1514 et 1608 de l’ONU, l’histoire et le droit international fondent notre détermination à lutter contre l’annexion de notre patrie. Certains nous qualifient de terroristes, d’autres de sécessionnistes. Pour d’autres encore, nous ne sommes que des rats et des chiens. Qu’importe, nos combattants, les Amba Boys, sont nos héros ».

En face, les autorités camerounaises soutenues par les forces de défense et de sécurité sont déterminés à faire des combattants séparatistes dits “amba boys”, de simples “zéros” .

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