Cameroun/Crise sociopolitique : Ce que l’UE recommande

Le Conseil de l’Union Européenne a tenu ce jour une assise relativement à la crise sociopolitique qui prévaut  au Cameroun. L’instance s’est fendue d’une série de recommandations à l’intention des autorités de Yaoundé.

Le Grand dialogue national autrement

L’union Européenne se dit tout d’abord satisfaite de l’arrêt des poursuites contre Maurice Kamto, ses partisans et  alliés ainsi que les détenus de la crise dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Faisant allusion au Grand Dialogue National récemment tenu, les officiels de l’UE « appellent à la poursuite de ce processus afin de répondre aux attentes légitimes de la population, tout en encourageant la participation de toutes les personnes concernées à la fois dans le pays et dans la diaspora, y compris les femmes, les jeunes et la société civile. ».

L’UE rappelle sa disposition « à soutenir tous les efforts, tels que les travaux de facilitation menés par les autorités suisses, capables de poursuivre sur cette lancée. » ; la Suisse avait notamment annoncé avoir été mandatée par « une majorité des parties » pour mener une médiation entre le gouvernement et les groupes armés indépendantistes dans les régions  du Nord-Ouest et du Sud-Ouest .  Selon jeune Afrique, à l’ouverture de la concertation nationale à Yaoundé, des assises  analogues  avaient justement cours en Suisse à l’initiative du Centre pour le dialogue humanitaire (HD). L’Ambazonia Coalition Team (ACT), une plateforme qui regroupe dix organisations sécessionnistes ambazoniennes y a vu le jour.  Il s’agit sans doute pour l’Union d’indiquer de manière sibylline, la nécessité de changer de stratégie. Pour les assises du Palais des Congrès, Paul Biya a désigné lui-même un coordonateur à savoir le Premier Ministre Membre de son parti et défini les sujets de discussion.

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S’exprimer librement

Dans la mosaïque des résolutions, il y a celle relative au respect des droits de l’Homme «  L’Union européenne appelle les autorités et les institutions camerounaises à agir de manière proportionnée, tout en respectant les obligations découlant de la Constitution camerounaise et des traités et conventions internationaux relatifs aux droits de l’Homme auxquels le Cameroun a souscrit. ».

L’UE s’intéresse particulièrement  au  principe d’accès à la justice et à la tenue des  procès équitables devant des tribunaux  indépendants. Face à des restrictions préoccupantes de l’espace politique, l’UE  rappelle que « le respect de la liberté de réunion, la liberté d’expression et la participation de la société civile au débat public sont essentiels pour tout État démocratique et pluraliste. C’est pourquoi l’UE demande à l’ensemble de l’opposition camerounaise de s’exprimer librement, conformément à la loi, et de participer sans entrave au processus de dialogue national et aux élections locales et générales prévues pour 2020. »

La violence n’est pas la solution

Préoccupée par la persistance de la violence et le niveau d’insécurité dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a fait état de graves violations, notamment d’ « arrestations et de détentions arbitraires, d’incendies de maisons, de recours excessif à la force contre des civils et de violences sexuelles. Cela a exacerbé la crise humanitaire, obligeant plus de personnes à s’exiler, avec près de 42 000 réfugiés au Nigéria et 530 000 personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest » précise la note. «  Le recours à la violence dans ces régions n’est pas la solution. » peut-elle marteler avant de préciser qu’il est nécessaire que toutes les parties au Cameroun respectent l’état de droit et résolvent cette crise de manière pacifique par le biais d’un dialogue inclusif.

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