Françafrique : Jean-Yves Le Drian oblige Biya de remettre le Terminal à conteneurs du PAD à Bolloré

Sur hautes instructions du président de la République, la finalisation de la concession provisoire du Terminal à Conteneurs du Port Autonome de Douala (PAD) à la société suisse Terminal  Investment Limited (TIL) connait depuis mercredi, un brusque coup d’arrêt.

Derrière cette “pause”, se dessine l’ombre de l’ancien concessionnaire, Douala International Terminal (DIT) du magnat français des transports, Vincent Bolloré. Et pour de nombreux analystes, la visite quasi inopinée dans le pré-carré français dénommé Cameroun qu’effectue depuis jeudi du ministre Français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian,  ne serait pas étrangère à cette volte-face des autorités camerounaises qui s’y sont impliquées au plus haut niveau.

En effet, grâce à l’entregent de son allié naturel, la France, le Cameroun est peu à peu en train de redevenir fréquentable sur la scène internationale. Mais le prix du lobbying français pour la réhabilitation du régime de Paul Biya auprès des puissants de ce monde qui lui ont tourné le dos pour cause de dictature exacerbée,  est des plus élevés à la limite de la rançon.

Une rançon dont l’une des facettes, hideuses serait cet exaspérant reniement en lequel se confondraient les dirigeants camerounais, au point de perdre de vue la soi-disant indépendance de la justice dont ils se veulent souvent les hérauts de prédilection quand on leur suggère la libération des prisonniers politiques qui pullulent encore ici.

Il faut rappeler brièvement qu’éliminé de la short list des soumissionnaires à la reprise du Terminal à conteneurs du Port Autonome de Douala,   le consortium AMP-Bolloré  qui gérait depuis une vingtaine d’années cette infrastructure, et dont le contrat arrive à son terme en 2020 avait saisi la justice pour obtenir la suspension du processus de concession.

#ctaText??#  Cameroon calls for freeze on Douala port contract over Bollore court case (Reuters)

Mais le top management du Pad avait à son tour demandé et obtenu de la justice un sursis à exécution de cette première décision. Cela lui avait permis de signer un contrat de concession avec le suisse TIL, et beaucoup avaient applaudi ce qu’ils ont appelé « le nationalisme du président Biya », expliquant que c’est le chef de l’Etat camerounais qui avait ordonné que soit fait ce que d’aucuns croyaient impossible : retirer une activité lucrative en Afrique francophone à une multinationale française, qui plus est à Bolloré, qui fait la pluie et le beau temps dans les pays jadis colonisés par la France. Des pays dont il terroriserait les chefs d’Etats.  

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