La Russie en voie de fournir de l’armement lourd et sophistiqué au Cameroun (Diplomate)

Le Cameroun veut accroître ses moyens de faire efficacement à une éventuelle agression militaire. Le regain de vitalité qui marque à la fois le comportement de la Russie dans le secteur du marché de l’armement en Afrique, d’une part, et de l’autre, la coopération entre le Grand ours eurasien et le Berceau de l’Humanité récemment décliné en un méga sommet à Sotchi*, l’y a encouragé.

«Le Cameroun envisage d’acheter le système antiaérien Pantsir-S1. Le Cameroun veut acquérir de l’équipement militaire russe, notamment le véhicule antiaérien de courte à moyenne portée Pantsir-S1».

Ambassadeur Mahamat Paba Salé

Ces propos sont de l’Ambassadeur du Cameroun en Russie, l’ancien ministre Mahamat Paba Sale, qui se confiait ainsi peu avant le sommet Russie Afrique de Sotchi, expliquant que le gouvernement envisageait de se doter d’un nouvel arsenal militaire contre les terroristes de Boko Haram actifs dans la région de l’Extrême-Nord.

Le Pantsir-S1 en exercices de tirs réels

Objectif Boko Haram ou “Amba boys” ?

A en croire le plénipotentiaire camerounais qui dévoilait les intentions et la démarche y relatives de son gouvernement, l’éradication de la secte jihadiste Boko Haram, quoique cette dernière soit déjà réduite ici à quelques poches résiduelles de terrorisme, serait principalement visée.

Le chef de la mission diplomatique camerounaise qui a loué la qualité des équipements russes a expliqué que les véhicules blindés et hélicoptères russes aideront beaucoup dans sa lutte contre Boko Haram, qui « installe des mines sur les itinéraires des militaires », de sorte que « dans le cas où le véhicule n’est pas blindé, on perd des gens».

Il a cependant indiqué que l’achat de systèmes Pantsir n’était pas encore acté, mais allait l’être, des tests effectués sur une version récente du véhicule antiaérien Pantsir s’étant révélés concluants.

Les Camerounais, véritable cible du surarmement de leur pays ?

Au-delà de cette raison officielle, des observateurs avisés pensent qu’en réalité, le séparatisme anglophones, et une éventuelle rébellion armée motiveraient la volonté de Yaoundé de s’armer davantage, convaincu que la manière dont il gère sa part dans le contrat social avec les Camerounais ne peut déboucher que sur un bain de sang.

Une situation qu’il expérimente déjà dans les régions anglophones depuis trois ans, ainsi que dans les régions septentrionales où le double phénomène des attaques de Boko Haram et des prises d’otages tire sa source du jeu de dupes entre le pouvoir et certains de ses complices de basses œuvres, qui se vengeraient de n’avoir pas été suffisamment intéressés, après des services rendus (vraies fausses prises d’otages d’étrangers par de vrais faux éléments de la secte Boko Haram) qui ont permis au régime de passer aux yeux des occidentaux pour le meilleur protecteur de leurs ressortissants et intérêts contre les “actes terroristes”, et surtout de présenter tous ses opposants politiques comme des terroristes.

Nigeria too !

Il n’est pas superflu de relever que Yaoundé n’est pas la seule capitale africaine à succomber dernièrement au charme de l’armement russe. Avant l’Ambassadeur Paba Salé, c’est l’ambassadeur du Nigeria en Russie, Steve Davis Ugba, qui a souligné l’intérêt porté par Abuja aux armes et technologies militaires russes dans le cadre de son combat contre l’organisation terroriste Boko Haram. Le Nigeria qui s’était déjà fait livrer fin septembre six hélicoptères d’attaque Mi-35M et en attendait six autres courant octobre, avait également marqué son intérêt pour les avions de combat SU-57, des chars et autres équipement militaire naval.

un exemplaire de MI-35 fourni au Nigeria

Lors du Sommet des 22, 23 et 24 octobre à Sotchi au cours duquel Vladimir Poutine a accueilli presque la totalité des dirigeants africains et représentants de certains d’entre eux, auxquels il a fait miroiter de grandes opportunités inhérentes au renforcement de la coopération entre la Russie et le continent dans de nombreux domaines, en mettant l’accent sur le potentiel militaire que pourraient acquérir ses nouveaux “amis” africains. A quoi il faut ajouter un gros bonus implicite : le non conditionnement de ces “transactions” par le respect des droits de l’homme ou la cessation des conflits armés internes.

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