Cameroun : Voici pourquoi la crise anglophone va s’amplifier

Alors que les exactions gagnent en intensité dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, le régime Biya s’illustre à contrario par des actes à même de créer davantage de problèmes.

Mensonges

L’une des mauvaises manies du régime en place c’est l’art du mensonge et de l’enfumage médiatique.  Alors que les actes de violences perdurent et que le risque est perpétuel pour les populations résidant dans les deux régions anglophones,  les officiels de Yaoundé ne manquent pas de donner l’impression du contraire. Une attitude qui permet au régime d’avoir une apparente tranquillité dans son strapontin mais qui coûte énormément.  Autant les soldats que les combattants armés, tous camerounais, y laissent leur vie au quotidien ;  et l’addition sera un tantinet salé ces jours dans le Sud-Ouest. Orphelin de son sulfureux maire Patrick Ekema, Buea est à nouveau sous la menace d’un combattant redoutable. 

Donné pour mort il y a environ 10 mois , le redoutable chef sécessionniste Field Marshall à repris du service  en s’autoproclamant chef traditionnel d’Essoh-Attah. Commandant des « Red dragons » du Lebialem, l’une des plus virulentes dans le conflit armé qui met aux prises sécessionnistes et forces armées dans la partie anglophone du Cameroun. Il a excellé dans les attaques meurtrières, les incendies d’écoles et autres meurtres ciblés vers les personnes qui ne respectent pas les mots d’ordre de grève et  l’assassinat  des membres des forces de sécurité. Le chef rebel est d’autant plus courroucé et motivé pour une riposte parce que sa mère et sa sœur sont aux arrêts.

Dans le Nord-ouest,  les exactions sécessionnistes sont continuelles. On enregistre fréquemment des cas d’enlèvements. En filigrane des menaces de grève annoncées par les enseignants suite à l’enlèvement de l’un des leurs,  La communauté estudiantine es tu en deuil depuis le 9 novembre dernier.  Suite à une attaque des groupes armés sécessionnistes, un étudiant à été tué. En outre, 12 autres ont été kidnappés. Sans vraiment convaincre, les autorités administratives ont rassuré les populations de ce que des mesures appropriées seront prises pour rétablir l’ordre.

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Lenteurs

S’il est vrai que le Grand dialogue national n’a pas été du goût des séparatistes, Il demeure que ces derniers l’ont suivi d’une oreille et attendaient de voir sur quoi il devait donner. Plus d’un mois après ces assises censées apporter une solution à une conflit qui a engendré plusieurs milliers de morts, Paul Biya laisse traîner les recommandations du GDN sur sa table, mais juge urgent de rajouter une couche de problème notamment avec la convocation du corps électoral pour les élections législatives et municipales.  Il est bien conscient que l’effusion de sang est une hypothèse plausible si des démarches pour la tenue de cette échéance sont engagées dans les régions anglophones.  L’implémentation de ces résolutions aurait pourtant apporté un semblant de stabilité.

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