Cameroun : Les sentiers de la honte

Alors que les interdictions se multiplient à l’endroit des conducteurs de la cité capitale du Cameroun, le vent de la révolte s’avère inévitable surtout avec le regret des infrastructures routières qui laissent à désirer

 « Je n’ai jamais vu le genre de route ci »

Pas besoin de chercher loin pour comprendre combien les routes se portent mal au Cameroun. Cameroon voice s’est permis un détour au quartier Etoudi, non loin de la présidence de la République.  Là-bas les carrefours ne paient pas de mine ; aucun feu  de signalisation entre autres symboles de la circulation présents. Même pas au Carrefour Etoudi. Comme dans une campagne oubliée de la planète, au rythme des coups de sifflet, des policiers s’efforcent à fluidifier le trafic. Ce n’est pas seulement l’insalubrité de cette zone qui surprend, l’état de la route aussi. Au lieu-dit ancien 6em, la circulation se fait en mode rustique. Les nids de poules sont éloquents, les populations y sont déjà habituées malgré elles. Elles suffoquent  sous le poids d’une route qui leur sert inondations spectaculaires en période de pluie et poussière en saison sèche. « On est seulement dépassé. Un quartier comme celui-ci devait au moins être bien lotis » s’exclame Pierre,  un riverain. Il a confié à Cameroon voice que les cas d’accidents se sont récemment faits importants sur cette voie ; tout a baissé avec les travaux routiers engagés pour la CAN 2019. « Je n’ai jamais vu ce genre de route. La société en charge a fait les rigoles avant la chaussée ; et ces rigoles sont hyper surélevées. Ce qui entraine des cas d’inondation. » Les habitants de ce quartier déplorent également la légèreté et la lenteur de l’entreprise adjudicataire du contrat d’aménagement de cette route qui donne sur le stade d’Olembé. « Ils viennent quand ils veulent…Je peux même dire qu’ils nous enfoncent que d’améliorer le tronçon. » explique Pierre à Cameroonvoice.

Chimères

Face à cette situation signalée dans plusieurs zones de la région, les autorités locales multiplient des solutions jugées inappropriées par des observateurs ; entre la circonscription des zones ouvertes aux conducteurs de moto taxi et autres décisions prises récemment à l’endroit de ces usagers de la route, il apparaît bien que la construction même des routes qui vont permettre la circulation fluide au Cameroun ne préoccupe pas. Les chantiers de la CAN étant incontournables, beaucoup d’habitants de la ville de Yaoundé redoutent que les entreprises en charge des travaux attendent la dernière minute pour fignoler impunément des routes de qualité incertaines ; des routes qui vont s’endommager après l’échéance pour plonger les populations dans les mêmes travers.

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