Législatives/Municipales 2020 : Sonné par le boycott du MRC, le régime Biya au bord de l’implosion

« Tout ce qui est excessif est dérisoire » , disait Talleyrand, diplomate, évêque, Homme d’état, Religieux français des 18ème et 19ème siècles (1754 – 1838). Une maxime qui semble très bien s’appliquer au Cameroun où le régime déploie des efforts surhumains d’excès, pour pousser les citoyens à la révolte, et croit toujours, faute de voir venir la réaction appropriée que devrait lui opposer un peuple digne de ce nom, n’avoir pas encore suffisamment traversé le seuil de tolérance.

C’est le cas des fonctionnaires de l’administration préfectorale (préfets et sous-préfets, notamment) qui à force de tout donner pour préserver leurs positions de rente ont fini par se convertir en doucereux petits béni-oui-oui à la solde d’un ministre de l’Administration territoriale dont les mauvaises langues disent qu’il n’aurait même pas le niveau intellectuel requis pour être leur coursier, ont décidé de pousser plus loin que d’ordinaire le bouchon de l’oppression en mettant des obstacles sur le chemin du MRC de Maurice Kamto, décrété “ennemi d’Etat” pour avoir refusé de bousculer la citadelle de la satrapie régnante, au lieu de faire comme les autres : se complaire du simpliste « on va faire comment ? » dont les Camerounais sont coutumiers.

Quand les “chefs de terre” s’échinaient à faire comprendre au MRC que participer aux élections de février revenait à se faire hara-kiri

Les meetings du MRC, on ne faisait même plus semblant de les tolérer de temps à autres, ne serait-ce que par endroits, quitte à trouver pour la plupart des cas, des prétextes pour les interdire, juste question que cela serve d’alibi démocratique à un régime fâché depuis la nuit des temps avec tout ce qui est authentiquement lié à la démocratie véritable. Les meetings du parti pestiféré MRC, les sous-préfets, quelquefois appuyés publiquement par les préfets, sont interdits systématiquement, des militants de ce parti “porte-malheur” systématiquement pourchassés, tabassés, incarcérés, parfois arrosés d’eau (certains parlent d’urines) en public pour être lavés du péché… originel d’y avoir adhéré. Plus grave, des sous-préfets comme celui d’Ebolowa 1er ne se cachent même plus pour déclarer qu’ils mettront toute leur énergie “patriotique”(!) au service du parti-Etat Rdpc, pour empêcher la chapelle MRC de prêcher sur les terres “granitiques” de l’inamovible président naturel de droit divin de la République.

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L’excès de maltraitance qui a fini par trahir ceux que les sous-préfets Rdpc servent

Et pour ne pas s’arrêter en chemin, d’autres, pour ne pas dire la plupart, voire tous, refusaient carrément depuis quelques temps, de signer les documents officiels permettant aux militants du MRC de compléter leurs dossiers de candidature aux élections du 9 février. Comme pour punir le parti du “tireur de penalty” d’avoir décidé dès le lendemain de la convocation du corps électoral, de ne pas pratiquer « la politique de la chaise vide » qui a souvent servi leur régime.

Bien entendu, le corollaire de toutes ces frustrations préélectorales infligées au MRC n’avaient pour but que de créer l’invalidation de ses listes. Mais le parti des empêcheurs de prendre les Camerounais pour des imbéciles a saisi la balle au bond en décidant de laisser le régime et ceux qui accepteront de lui servir de sparring-partners assumer seuls la responsabilité de la farce politique en préparation comme le régime Rdpc sait les concocter depuis bientôt trois décennies.
Malheureusement et fort paradoxalement le régime “Pays Organisateur” qui ne sait plus ce qu’il veut au finish, ne se sent plus à l’aise avec cette décision inattendue de la direction du MRC de le laisser disposer à sa guise de sa chose… électorale.

Des stratégies/stratagèmes pour faire revenir le MRC sur sa décision ?

Des indiscrétions font alors état d’un véritable branle-bas du côté des hiérarques du parti au pouvoir, qui se sont réunis en urgence tard le soir, lundi, pour plancher sur la conduite à tenir après l’annonce de la sortie de lice du MRC.
Certains, prenant la mesure de la situation, et surtout des implications gravissimes de l’absence de Maurice Kamto et ses partisans à des “élections” gagnées à l’avance par le seul parti qui a le droit d’organiser plus de 100 (cent) meetings en un seul jour au Cameroun(*), ont fait savoir aux faucons irresponsables de leur parti qui se frottaient un peu trop vite les mains de voir les sous-préfets mettre des peaux de banane sur le chemin du MRC, qu’il n’y avait rien d’aussi fondé que les raisons ayant poussé le parti de Kamto à se retirer de la course aux sièges des députés et conseillers municipaux, et qu’un report du double scrutin pourrait détourner les attentions qui recommencent à être captivées par la mascarade en préparation. D’autres, plus malins encore, pensaient qu’il serait encore plus efficace de “lâcher” (du moins officiellement) quelques-uns des sous-préfets qui auraient brillé par leur excès de zèle dans le torpillage du MRC, en leur infligeant des semblants de sanctions.

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Bien entendu, ce ne sont pas là des propositions digestes pour les va-t-en guerre qui préfèrent continuer de tester la capacité des Camerounais à digérer l’outrage à leur dignité de peuple souverain.
On dirait, pour reprendre un confrère, que « rien est fini tant que ce n’est pas fini » !

(*) Les jours anniversaire du changement de dénomination de l’UNC en Rdpc -24 mars- et de l’accession au pouvoir du président Biya -06 novembre-, le Rdpc organisé librement, à chaque fois, autant de meetings qu’il compte de sections, (circonscriptions politiques de base couvrant les activités du parti au niveau de l’arrondissement dans les zones urbaines, ou de certains départements plus ou moins enclavés, voire de sous-sections. Malgré la crise postélectorale et la crise sécuritaire dans les régions du Nord-ouest, du Sud-Ouest, de l’Extrême-Nord, il n’a pas dérogé à cette tradition en 2019, alors que le MRC de Maurice Kamto n’a pas pu organiser une seule manifestation sans que ses militants -dont certains croupissent encore en prison au moment où nous mettons en ligne- soient embastillés

https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_nationale_camerounaise
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