Boycott des élections de 2020 au Cameroun : Après le MRC, le SDF. Au rythme du Tango

Un temps non partant, puis un temps partant, revoici le SDF, non partant si…, partant si…, rendant lui aussi carrément impossible la farce du renouvellement par la voie électorale

A l’occasion d’une conférence de presse donnée dans la capitale Yaoundé, par son 1er Vice-président et ancien candidat à la présidentielle de 2018, Joshua Nambangui Osih, le principal parti de l’opposition parlementaire a fait savoir qu’il ne prendra pas part aux élections législatives et municipales de février 2020, si la paix n’est pas rétablie dans les régions anglophones du Cameroun, le Nord-ouest et le Sud-ouest (NOSO), en crise depuis 2016, et en pleine guerre civile depuis début 2018.

Le N° 2 de la formation dirigée par John Fru Ndi a profité de cette annonce de boycott pour mettre le régime en place au Cameroun face à ses responsabilités : « La seule personne qui a la responsabilité d’arrêter la guerre c’est le président Biya (…) S’il ne le fait pas, nous serons dans l’impossibilité de participer à l’élection parce que nous ne voulons pas que cet exercice se transforme en un bain de sang ».

C’est la deuxième fois en moins d’une semaine, qu’un parti au Cameroun se déclare non partant pour le double scrutin reporté à deux reprises en 2018 et 2019. Lundi, c’est le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) de Maurice Kamto qui annonçait le boycott du double scrutin, en donnant comme motivations la guerre dans le NOSO, le code électoral inique favorable au seul parti au pouvoir, et l’inféodation indéniable de l’organe électoral, ELECAM, ainsi que du Conseil Constitutionnel.

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Ce faisant, le MRc avait invité « les partis politiques de l’opposition dont certains se distinguent par leur opposition à lui plutôt qu’au pouvoir néfaste en place, à ne pas se mettre du mauvais côté de l’histoire de notre pays en cautionnant, comme par le passé, cette dernière forfaiture électorale du régime BIYA qui, au regard du contexte politique, sécuritaire, économique et social national risque de détruire les derniers espoirs de reconstruction de la paix dans notre pays. ».
Appel également lancé par le parti de Maurice Kamto à « l’ensemble de la société civile, les organisations et autres forces religieuses à se joindre à lui pour boycotter le double scrutin du 9 février 2020 et résister à la forfaiture permanente. ».

Il ne faut cependant pas croire que le Sdf a répondu à l’appel du MRC. En tout cas, une déclaration de monsieur Osih laisse penser que la décision de boycotter les élections à venir n’avait rien à y voir :

« Je suis aveuglément surpris d’entendre aujourd’hui que Maurice Kamto est soucieux de la cause anglophone. Pourtant en 2018, lors des élections présidentielles, Akere Muna, Franklin Ndifor, et moi-même, avons exigé qu’il n’y ait pas d’élections avant la fin de la crise, ils nous ont dit que l’élection présidentielle est la solution à la crise ».

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