Côte-d’Ivoire-Condamnation : La riposte ferme de Charles Blé Goudé

Condamné par contumace à 20 ans de prison ferme, de 10 ans de privation de liberté  et d’un mandat d’arrêt entre autres charges, Blé Goudé dispose d’une marge de manœuvre, la saisine d’une institution supérieure pour dire le droit sur la violation dont il se dit victime.

Le mystère est levé sur l’affaire Blé Goudé depuis ce 30 décembre 2019. L’ancien ministre de la jeunesse de Laurent Gbagbo  vient d’être condamné à 20 ans de prison ferme, 10 ans de privation de droits civiques et 200 millions d’amende à verser aux familles des victimes. En outre, un mandat d’arrêt national a été lancé contre lui. Le juge  a donc statué et reconnu sa culpabilité pour  « actes de torture, homicides volontaires et viol ». Une condamnation prononcée à son insu ; par l’action des autorités ivoiriennes il a été traduit devant la Cour Pénale Internationale (CPI), acquittés en première de crimes contre l’humanité, il est en liberté conditionnelle dans l’attente de l’examen de l’appel de la procureure Fatou Bensouda par la CPI. Ses avocats estiment pour cette raison que ce jugement n’est pas fondé de droit ; ils dénoncent une « violation flagrante » de ses droits. L’un de ses avocats notamment Me Ndry Claver explique  que « Cette audience est une violation flagrante de son droit élémentaire à un procès équitable, qui requiert la présence de l’accusé. Charles Blé Goudé n’est pas en fuite, il ne se soustrait pas à la justice ivoirienne internationale par l’action des autorités ivoiriennes ». Me N’dri Claver expliquait que le premier droit de son client est d’être présent à son procès. Au sein de son parti, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (Cojep), on parle d’un « harcèlement politique contre son président ». A les en croire, le seul tort de leur leader est d’avoir des ambitions présidentielles, ce d’autant plus qu’il a manifesté son soutien vis-à-vis de Guillaume Soro actuellement à bâton rompu avec Abidjan en raison de ses aspirations présidentielles comme il ne cesse de le marteler. Pour autant les défenseurs de Charles Blé Goudé n’entendent guère essuyer ce cuisant revers dans l’inaction. Comme annoncé récemment, ses avocats vont sans doute saisir la Cour Africaine des Droits de l’homme. L’affaire ne va pas rester sans suite lorsqu’on sait que la Côte-d’Ivoire est non seulement parmi les 30 Etats qui ont ratifié le protocole de création de cette institution juridique, mais que le pays de Charles Blé Goudé figure parmi les neuf  (Benin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Gambie, le Ghana, le Malawi, le Mali,  la Tanzanie et la Tunisie )qui ont fait une déclaration spéciale acceptant la compétence de la Cour africaine pour permettre aux citoyens de la saisir directement. Il est donc indubitable que dans les jours prochains la Cour Africaine des Droits de l’homme connaîtra de cette affaire qui vient s’ajouter bien d’autres.

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