Cameroun/Ambazonie: Un autre civil en voie d’être exécuté sans procès par des gendarmes. Mandela Center International dénonce

(Cameroonvoice). Alors que les forces régulières camerounaises s’illustrent déjà très négativement dans les régions anglophones du Nord-ouest et Sud-ouest avec la résurgence des exécutions sommaires et ciblées ces dernières semaines, comme pour punir les populations pour leurs affinités réelles ou supposés avec les sécessionnistes dont tout le monde sait qu’ils sont le fruit de l’inaptitude du régime de Biya à à résoudre les mouvements de protestation autrement que par la répression sanglante de leurs meneurs, les Camerounais sont sous le choc après la découverte mercredi, du corps d’un citoyen camerounais d’expression anglaise nommé Ntohku Nsangou, abattu et jeté dans la rue à Babessi par des éléments de la gendarmerie.

Ntohku Nsangou n’avait été entendu –a fortiori, jugé,- par aucun Tribunal, quatre jours après son arrestation, en plein marché de l’arrondissement de Babessi où il avait eu la mauvaise idée de se retrouver, au moment même où les gendarmes du coin avaient eu la géniale idée quant à eux de choisir arbitrairement des personnes à envoyer à la mort pour donner l’exemple à tous ceux qui ne reconnaissent pas en les corps habillés des dieux dont il faut faire les quatre volontés, qu’il vente ou neige, à midi ou à minuit, sous le soleil ou sous la pluie.

« Les exécutions extrajudiciaires des anglophones par des éléments de l’armée et de la gendarmerie camerounaises, ce n’est pas un fait nouveau susceptible de constituer un événement. C’est plutôt la juste et stricte mise en application du nouveau postulat du nationalo-patriotisme génocidaire institué par le consortium scélérat des “homo-horribilis” constitué des forces dites de défense et de sécurité ».

Voilà débitée d’un trait, sans même se donner la peine de respirer, la philippique d’un membre de l’organisme gouvernemental de défense des droits de l’homme, le fameux Comité National des Droits de l’Homme et des Libertés (CNDHL),  créé en 1990 par le chef de l’Etat camerounais, qui a fermement recommandé la préservation de son anonymat au correspondant de Cameroonvoice, à qui il révèle ce jeudi 23 janvier 2019 que les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun vivent une situation de mélange d’Etat d’urgence de fait, d’Etat d’exception de fait et d’Etat de guerre de fait, « c’est-à-dire non décrété par le président de la république, mais instruit formellement et rigoureusement par le Haut Commandement de l’armée camerounaise qui détient désormais la réalité du pouvoir dans cette partie du Cameroun ».

Illustrations

Les  forces gouvernementales  se sont vu attribuer ipso facto le droit de vie et de mort sur les populations anglophones au nom de la “lutte contre le terrorisme” et de la notion pompeuse d’un “Cameroun UN et INDISIBLE”, à telle enseigne que des éléments de l’armée et de la gendarmerie camerounaises peuvent se permettre d’arrêter des innocents, de leur coller des “complicités” imaginaires avec les mouvements séparatistes, voire n’importe quel “motif” farfelu, soit pour leur extorquer de l’argent en échange de leurs vies, soit pour leur ôter la vie.    

Comme le dénonce l’ONG Mandela Center International, dans une déclaration dont nous avons eu copie.

Ci-dessous La déclaration Mandela Center International

Mandela Center International, Ong internationale à Statut Consultatif Spécial auprès des Nations Unies, porte à l’attention urgente de la Communauté Nationale et Internationale les faits suivants d’une extrême gravité :

1. Dans la matinée du 18 janvier 2020, deux jeunes hommes ont été arrêtés par des éléments appartenant à l’armée camerounaise au marché de Baba 1, à 39 km de distance de Bamenda, dans l’Arrondissement de Babessi, département de Ngoketunjia, Région du Nord-Ouest. Soupçonnés de coopérer avec les groupés armés, ils ont été immédiatement jetés dans la cellule de la brigade de Babessi.

2. De sources dignes de foi, le mardi 22 janvier 2020 à 08h 27mn, l’un d’eux, le nommé NTOHKU NSANGOU, charpentier, âgé de 40 ans, a été extrait de l’unité de gendarmerie de Babessi sous prétexte d’un transfèrement à la Brigade voisine de Ndop.

3. Il a été conduit à bord de deux pick-up de couleur verte de la gendarmerie nationale pour traverser les villages Babungo et Baba 1, dans l’arrondissement de Babessi. En cours de chemin, le jeune homme a été FROIDEMENT abattu par les militaires et le corps abandonné au village Babungo vers 10 H 13 mn. Le corps a été récupéré par la famille et inhumé dans la stricte intimité traditionnelle ce même 22 janvier dans la soirée à Babessi.

4. L’autre infortuné, le nommé YAKUBU YARI, vigneron et jardinier, âgé de 37 ans, arrêté avec son matériel de vigne, subit depuis le 18 janvier 2020 d’atroces actes de torture et de traitements cruels, inhumains et dégradants dans les locaux de la brigade de Babessi. Ses bourreaux menacent de l’exécuter dans les HEURES A VENIR s’il ne verse pas une rançon de 500 000 Fcfa.

5. Le Sous-préfet de l’Arrondissement de Babessi, Monsieur AYUK Edward TAKOR, Administrateur Civil, nommé par Décret N°2016/179 du 05 avril 2016 serait intervenu auprès des militaires pour plaider le versement d’un montant de 100 000 Fcfa en raison du décès du père de la victime et de l’état de santé jugé critique de sa mère.

6. La génitrice de la victime, Mami BIH malgré son état de santé s’est vu refuser formellement l’accès auprès de son fils dans les locaux de la gendarmerie pour non-paiement de la rançon exigée.

7. Il convient de préciser que cette unité de gendarmerie prospère depuis le début de la guerre dans les arrestations illégales et détentions arbitraires moyennant de fortes rançons.

8. Les autorités militaires et administratives locales ont été saisies en urgence de la situation extrêmement critique de ce jeune camerounais et aucune réaction n’a été enregistrée dès lors.

9. Mandela Center International rappelle aux autorités camerounaises qu’elles seront entièrement responsables de tout ce qui pourrait arriver à ce citoyen privé de ses droits fondamentaux et inaliénables.

10. Mandela Center International s’inquiéte vivement de la RECRUDESCENCE EXPONENTIELLE des crimes de guerre depuis quelques semaines dans les régions du Nord-Ouest notamment dans les villages Babubock et Eyandong dans le Kupe Muanenguba; Ku-Bome dans le Mbengwi; Mbiame dans le Bui; Mbenjom à Awing; Guzang à Batibo; Bali-Kumbat dans le Ngoketunjia; Buabua et Kimbirivers dans le Wum…

11. Mandela Center International tient à rappeler aux parties en conflit que la guerre dans les régions anglophones est un conflit armé non international de grande intensité, et par conséquent les forces gouvernementales et les groupes armés sont astreints au Droit International Humanitaire notamment la Convention de Genève de 1949 et ses protocoles additionnels.

12. Mandela Center International rappelle aux autorités camerounaises qu’elles ont l’OBLIGATION ABSOLUE, en pareilles circonstances, d’ouvrir IMMEDIATEMENT une enquête en vue de déterminer les responsabilités des uns et des autres et de punir sévèrement les auteurs conformément à la loi.

13. Mandela Center International attire l’attention du Gouvernement camerounais que la République du Cameroun a ratifié la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité le 16 octobre 1972 et à cette fin la hiérarchie militaire et les chefs des groupes répondront, par tous les moyens, de leurs actes quel que soit le prix à payer pour y parvenir.

Fait à Yaoundé, le 23 janvier 2020
Le Secrétaire Exécutif Permanent

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