CPI- L’enjeu de l’audience du 6 février 2020 : Le statut d’”acquittés-détenus” de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé doit prendre fin !

Le 15 janvier 2019, au terme d’un procès de trois ans à la CPI, le Président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé ont été reconnus innocents de toutes les charges dont ils étaient accusés.

Acquittés, ils auraient dû être immédiatement libérés, en application du Jugement de la Chambre de Première Instance. En cas d’Appel, l’acquitté comparaît libre. Mais un coup de théâtre tel que seule l’institution CPI sait en fabriquer a transformé cette décision judiciaire pourtant logique et attendue en une incompréhensible liberté conditionnelle. Celle-ci est assortie d’une multitude d’interdits attentatoires aux libertés humaines les plus élémentaires pour ceux qui sont devenus en quelques instants des « acquittés-détenus », quasiment reclus l’un à Bruxelles, l’autre à La Haye, et ne pouvant exercer leurs pleins droits de citoyens ivoiriens.

L’ombre de la politique qui planait dès l’origine sur cette détention, puis sur ce procès, est aujourd’hui à la base du maintien de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé dans une situation de semi-liberté, loin de leur pays. En témoigne le fait que Jean-Paul Benoît et Jean Pierre Mignard, avocats français du régime au pouvoir en Côte d’Ivoire, ont fait savoir à la CPI qu’ils s’opposaient à une libération totale ; de plus, avec l’autorisation de la Chambre d’Appel de la CPI, les autorités ivoiriennes pourront être présentes lors de l’audience qui s’ouvrira le 6 février 2020 pour statuer à nouveau sur les droits des deux acquittés. Ainsi voit-on la politique faire ouvertement irruption dans le prétoire ! Mais tout se passe dans ce procès hors norme comme si sa fin ne pouvait advenir que le jour où la justice déjà rendue cèderait devant l’injustice que l’on s’efforce d’imposer à coup de procédures sans fondement en réalité…

Pourtant aujourd’hui diverses déclarations d’acteurs de premier plan de la crise postélectorale de 2010-2011 viennent confirmer l’absence de responsabilité de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé dans la commission des crimes postélectoraux. Pour reprendre les mots prononcés par Laurent Gbagbo en février 2013, lors de la première audience de « confirmation des charges », « … c’est celui qui n’a pas gagné les élections qui a semé les troubles… ».

L’Association des Amis de Laurent Gbagbo appelle donc encore une fois la CPI à tourner le dos à ces chimères aussi dangereuses qu’hypocrites. Nous demandons instamment que s’appliquent dans leur intégralité l’acquittement et la libération ordonnés librement par la même CPI après plus de sept ans de détention préventive injustifiée et un procès déshonorant de trois longues années. Il faut maintenant rendre à Laurent Gbagbo et à Charles Blé Goudé leur liberté ainsi que tous leurs droits.

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La CPI peut-elle échapper à son instrumentalisation à des fins politiques dans le dossier Laurent Gbagbo

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