Comprendre l’origine de la guerre au Cameroun

Au-delà des assertions diverses, la Guerre au Cameroun est une Question de Traduction et non de « Bilinguisme ».

Le 10 février 2020, le Président Paul Biya s’est adressé à la jeunesse du Cameroun sur l’ensemble du territoire, disent-ils, c’est-à-dire en Français et en Anglais, demandant à la Jeunesse Camerounaise Anglophone de déposer les armes. Il faut noter que plus de trois ans au paravent, Paul Biya avait déclaré la guerre à cette Jeunesse Camerounaise. Le drame est que ce discours est prononcé dans le cadre de la fête de la Jeunesse du 11 Février.

Vous avez compris, le Cameroun de Paul Biya est en guerre contre sa jeunesse en général et contre la jeunesse Anglophone en particulier. Je souhaite saisir l’occasion de ce 11 février, jour de fête de la jeunesse pour rappeler les fondements de cette guerre du régime de Yaoundé contre son peuple et sa jeunesse. Mais avant je vous présente quelques indications rapides pour illustrer la situation de cette guerre absurde :

  • Le régime de Yaoundé est constitué d´un groupuscule de vieillards qui ont investi toutes les ressources du Cameroun dans la formation des Jeunes Camerounais à se tuer entre eux. Pourquoi ces jeunes ne laissent pas ces vieillards aller faire eux même la guerre ?
  • Les trois plus hautes personnalités de l’état du Cameroun dépassent tous les 80 ans et dirigent le Cameroun à partir des hôpitaux Suisses et Françaises. Pourquoi les jeunes ne revendiquent pas ces places ?
  • La guerre dans le Nord-ouest et Sud-ouest du Cameroun Anglophones a déjà fait plus de 30 000 morts (tous de jeunes civils et jeunes soldats du Cameroun). Une vraie tragédie en plein 21 eme siècle. Pourquoi les jeunes acceptent-ils ce sacrifice inutile ?

Le 11 Février au Cameroun marque la fête de la Jeunesse, née d’une volonté de rapprocher les jeunes des deux parties du pays issues de la décolonisation : le Cameroun oriental (francophone), et le Cameroun occidental (anglophone). En effet, le 11 février 1961, à la suite d’un référendum, la partie sud du Cameroun Anglophone se rattachait au Cameroun francophone. Au temps d’Ahidjo, cette fête du 11 Février marquait l’importance et les droits des jeunes dans le pays. En préparation à cet événement, de nombreuses activités (Danses, Exposition des Cultures folkloriques, théâtre, concours, jeux et autres activités sportives) étaient organisées dans les Lycées, campus universitaires, au sein d’associations et de divers villes et quartiers du pays. Ceci afin de permettre l’épanouissement et la célébration de la Jeunesse.

Aujourd’hui sous Paul Biya, cette fête du 11 Février se résume a un défilés administratifs de différentes écoles dans un décor et un désordre indescriptible. Et tout cela devant un parterre de grabataires qui s’imaginent dans le fauteuil d’un Kim Jong-Un ou d’un Lénine lors de ces grandes parades sur les places Kimm II-Sung en Corée du Nord ou sur la place rouge à Moscou. Bref, de véritables apprentis dictateurs qui baignent dans l’insouciance, la paresse et la servitude.En cette année 2020, cette fête de la jeunesse Camerounaise et de la réunification a pris une tournure tragique car le régime de Yaoundé a essayé d’obliger la Jeunesse francophone à aller voter et festoyer pendant que la jeunesse anglophone enterre ses morts avec la participation de jeunes soldats.

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Les pontes du régime pensent fermement que cette guerre est une question de bilinguisme, alors que de l’avis général des Camerounais c’est une question d’indépendance. Pour apprécier cette opposition de vue, il faut souligner qu’après la réunification, le Cameroun était devenu bilingue. Les deux Cameroun s’étaient engagés pour avoir un pays prospère avec l’épanouissement de leur population. C’était le seul point d’accord entre Anglophones et Francophones car la suite va montrer que tout le reste n’était qu’un ensemble de désaccords qui pouvait se résumer en une question de traduction.Les Anglophones, avec une grande partie des Camerounais, traduisent la prospérité comme un Cameroun dirigé « according to the law ». Alors que le régime de Yaoundé, avec une bande d’aboyeurs francophones, traduisent la prospérité comme un Cameroun en parfaite colonie de la France. C’est donc un problème de traduction et non de bilinguisme.

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Au lieu de prendre en compte cette différence de point de vue et de mettre les Camerounais autour d’une table pour en débattre, le régime de Yaoundé s’acharne, dans une frénésie criminelle, à multiplier des actes de communication sur le bilinguisme sans aucune importance et dont l’impact ne dure que le temps de battement de l’aile d’une luciole. On peut citer la création d’une commission de bilinguisme et de multiculturalisme en 2017 qui a simplement enflammer la guerre qui battait déjà son plein. On peut également mentionner la création du statut spécial des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, dont le point central sur le bilinguisme a tout simplement obligé la jeunesse Anglophone d’acter le mouvement de sécession. Et non des moindre, en Janvier 2020, le ministre de la Fonction publique va lancer un concours direct pour le recrutement spécial de 500 traducteurs-interprètes pour enregistrer une cinquantaine de candidatures seulement. Avec ce dernier exemple, il semblerait que face aux dégâts causés par ces violents pachydermes dans le magasin de porcelaine (Cameroun), la traduction au sens propre ou au sens figuré ne soit plus d’actualité. C’est vraiment grave.

Malgré toutes ces défaillances du bilinguisme virtuel prôné par le régime et qui se traduit par la quasi inexistence de traducteurs compétents, toutes les expressions relatives à la lutte et à la résistance sont souvent traduites au Cameroun avec plus ou moins d’efficacité. Et cela n’est pas une surprise car le Cameroun est un pays de lutte et de résistance.

Ainsi, après plus de 3 ans de guerre des Camerounais Anglophones en légitime défense contre la violence du régime de Yaoundé, les Camerounais francophones envisagent de plus en plus à entrer en révolte ouverte contre le régime de Yaoundé car les mêmes causes entrainent les mêmes effets. La violence gratuite et aveugle du régime de Yaoundé sur les Camerounais Francophones a atteint un niveau insupportable aussi bien par rapport à leur variété que par rapport à leur cruauté. Quand un régime impose la guerre, le chômage et la violence coloniale à son peuple, ce peuple doit lui opposer la « war » (mot Anglais qui signifie guerre) au nom de la « self défense » (mot Anglais qui signifie légitime défense) et selon le principe de la sacrosainte « retaliation » (mot Anglais qui signifie représailles). La grogne se repend comme un cancer, de nos villes à nos campagnes et de nos campagnes à la diaspora. Il faut espérer qu’on n’en arrive pas là.

Comme vous l’avez bien compris, le Cameroun est installé dans un malentendu profond qui oppose la jeunesse Camerounaise, assoiffée de liberté et de fierté contre le régime au pouvoir passionné par la servitude. Ce clivage que nous avons qualifié de confusion entre le bilinguisme et traduction, est si grand que le régime de Yaoundé a quasiment abandonné des zones entières du Cameroun aux forces étrangères (Boko Haram dans le Nord Cameroun et les Balaka et Anti B dans l’Est du Cameroun) pour consacrer toute la puissance de l’armée Camerounaise aux massacres de la Jeunesse Camerounaise dans le NO-SO, sous la bénédiction de la France et de l’ONU. Et les Anglais alors ?

Douala Ngando

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