Cameroun-Massacre de Ngabuh, le régime se mord la langue dans la controverse

La polémique n’a de cesse d’enfler autour de l’évènement du 14 février dans le Nord-ouest. Pointé du doigt comme principal responsable de ce carnage perpétré par des soldats ; il tente de se dédouaner sans véritablement convaincre.  

L’ONU et certaines ONG internationales n’ont pas de peine à reconnaitre la responsabilité de l’armée camerounaise dans l’assassinat des 22 civils du 14 février. Alors que l’Etat dément avec la dernière ardeur cette « accusation pas fondée », du côté des civils on ne sait plus vraiment où donner de la tête. Lorsqu’on sait que ce n’est pas la première, encore moins la deuxième ni une troisième … fois que l’armée camerounaise est épinglée pour de telles exactions, il y a de quoi susciter une polémique“constructiveˮ au sein des populations.Dans une récente sortie, le ministre  de la Défense Joseph Beti Assomo « dément formellement les allégations mensongères » à propos du rôle de l’armée dans le massacre des 22 civils dans le département du Dong-Mantung, assurant qu’il s’agit « d’un malheureux accident » après des échanges de tir entre forces de sécurité et rebelles sécessionnistes. Polémique ou vérité retardée ? dans tous les cas, l’analyse de la situation est empreinte d’un certain nombre d’éléments paradoxaux, de quoi faire enfler davantage la polémique.

Faut-il tout rejeter sur le dos des rebelles sécessionnistes ?

Pour l’armée camerounaise, le plaidoyer est le subséquent, il s’agit d’un malheureux incident qui a causé des dommages collatéraux que sont les victimes. Pourtant lorsque la nouvelle fut publiée par l’Agence France Presse vendredi, puis mieux dimanche soir, les différents récits faisaient état d’une attaque inopinée des rebelles sécessionnistes, par conséquent l’armée camerounaise avait été prise au dépourvu, s’il faut suivre la logique des faits. C’est d’autant plus contraignant à la pensée de savoir qu’il y ait des échanges de tirs entre les milices rebelles et les forces armées camerounaises sans perte en vies humaines dans l’un ou l’autre camp. Mais plutôt que la majorité des morts soient des civils innocents.

Le paradoxe de la déclaration du ministère de la défense

Incriminé par l’opposition principalement le MRC et certaines ONG locales, qui l’accusent d’être le commanditaire de cette tuerie, l’armée clame encore haut et fort qu’il s’agit d’un « malheureux accident, conséquence collatérale des opérations de sécurisation en cours dans ces régions ». Subtilement on pourrait sûrement aller savoir, de quel affrontement parle l’armée camerounaise ? lorsqu’on se que souvient que dans dans sa sortie le Ministre de la Communication René Sadi évacuait l’ombre du moindre reproche à l’endroit de l’armée camerounaise. «Comment penser un seul instant qu’une armée aussi disciplinée et aussi citoyenne que la nôtre, puisse perpétrer des actes de pillage des biens civils et des massacres des populations dont elle a vocation à assurer la protection et la sécurité ? En aucun cas, nos Forces de Défense et de Sécurité n’ont entrepris délibérément de perpétrer des exactions de quelque nature que ce soit, contre des populations civiles au service desquelles elles sont commises.», avait-t-il déclaré le 18 janvier avant de rajouter un autre mensonge

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« Le Gouvernement s’inscrit donc en faux contre les accusations fantaisistes et gratuites, portées par des activistes politiques, par les commanditaires des bandes armées sécessionnistes, par des Organisations Non Gouvernementales ainsi que par certains médias nationaux et internationaux, contre nos Forces de Défense et de Sécurité. De même, il y a lieu de s’étonner de la crédulité de ces différents acteurs qui accordent du crédit à des allégations fallacieuses tirées de sources quelconque et dépourvues de toute fiabilité, au point d’en faire hâtivement des certitudes et des vérités établies, toutes choses qui traduisent  leur mauvaise foi et leur état d’esprit voués en permanence à l’instrumentalisation et à la manipulation de l’opinion. Le Gouvernement camerounais dénonce avec la dernière énergie, toutes ces manœuvres dont la finalité est de nuire à l’image du Cameroun, et de jeter systématiquement l’anathème sur nos institutions et notre armée, au moment même où viennent de se dérouler avec succès, transparence et équité sur l’ensemble du territoire national, les opérations de vote relatives au double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020. .» , croyait-t-il convaincre.

Les sécessionnistes n’auraient-ils plus fait irruption dans ce village avant de tuer les civils tels que annoncé au préalable par les autorités locales et les témoins ? L’armée était-elle présente sur les lieux du massacre et n’a pas pu arrêter une poignée de rebelles venus sur deux véhicules ? Malgré les multiples déclarations des hauts cadres de l’armée camerounaise pour tenter de blanchir le tissu maculé par les nombreuses polémiques autour des auteurs de ce massacre, il est bon de retenir comme disait HÔ Chi Minh « que ceux qui n’ont rien à se reprocher, se cachent même lorsqu’un sujet est évoqué ».

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