Cameroun: Tout sur le cas Paul Chouta, Journaliste en détention illégale depuis 8 mois

Arrêté depuis le 28 mai 2019, le lanceur d’alerte Paul Chouta est toujours sous les verrous; des mois après son incarcération, un épais mystère demeure sur son cas qui n’est pas loin d’être une injustice alors que le journaliste fait déjà l’objet d’atteintes diverses du fond de sa cellule.

De la brimade à la cage

L’arrestation de Paul Chouta le 28 mai 2019 à Yaoundé par quelque 5 émissaires armés du régime Biya a fait l’effet d’une bombe dans la sphère médiatique au Cameroun. En effet 123 jours seulement avant on assistait à l’interpellation du président Maurice Kamto et plus d’une centaine de ses militants. Le régime Biya confirmait son degré de barbarie et la menace qu’il représente pour les Camerounais qui osent mettre des mots sur leur déception vis-à-vis de son échec. Plusieurs évènements communs aux régimes dictatoriaux ont précédé l’arrestation du journaliste. A plus d’une reprise, Paul Chouta a reçu des appels anonymes durant il était, à chaque fois, ouvertement menacé de mort. Il lui était demandé de rester silencieux et de ne plus faire des révélations gênantes.  Avide de servir la bonne information à ses compatriotes dans un environnement bondé de médias à louer et surtout de médias aux ordres du régime qui maquillent ou cachent l’information, Paul Chouta ne s’est pas laissé influencé par la corruption. Le lanceur d’alerte a poursuivi son œuvre sur la toile. 

Paul Chouta après son agression février 2019

En février 2019, il sera victime d’une violente agression à l’entrée de son domicile à Yaoundé. Marqué et choqué par l’acte lâche et ignoble, il s’en remettra la tête haute et va garder une détermination indomptable. Le 28 mai, 5 officiers de Police vont l’intercepter dans la cité capitale avant de l’embarquer au  Secrétariat d’Etat à la défense  (SED). Sans avoir été jugé Paul Chouta est derrière les barreaux. Depuis bientôt 7 mois,  Le Tgv de l’info est en détention préventive à la prison centrale de Yaoundé à Kondengui.

Au-delà d’un grief

Il a officiellement été rapporté que Paul Chouta est accusé de diffamation de fausses nouvelles et de discours de haine.  En effet une plainte a été déposée contre lui par l’écrivaine franco-camerounaise Calixte Beyala. Le lanceur d’alerte est accusé d’avoir posté une vidéo sur sa page Facebook (Tgv de l’info). Cet enregistrement  montrait l’écrivaine en pleine discussion avec un homme devant une école à Douala. Une vidéo qui a été relayé par bien d’autres personnes étonnamment.

https://web.facebook.com/244038703077727/videos/394493758041367/?t=6
La vidéo dont on accuse Paul Chouta diffusée par une autre personne

La plaignante reproche également à Paul Chouta d’avoir inventé une interview pour étayer la thèse selon laquelle elle discutait en plein air avec son amant. Difficile de savoir si c’est à raison ou à tort que le journaliste a été froissé pour ce motif. Le dossier n’a toujours pas été ouvert jusqu’à ce jour ; pis encore il est déplacé de juridiction en juridiction sans l’aval ou notification à l’avocat de Paul Chouta. En octobre dernier, le dossier de Paul CHOUTA a été malicieusement transmis à la cour d’appel à cause d’un appel dilatoire et nuisible au journaliste fait par un certain Me PONDI PONDI, avocat de Mme NGO HEGA Mispa, la promotrice de l’école les paradis des anges située à proximité du domicile de Calixthe BEYALA (dont le dossier a été joint à celui de Paul CHOUTA). Il est loisible de remarquer que les plaignants dans cette affaires sont depuis le début aux abonnés absents.

Il y a véritablement à se demander si Paul Chouta n’est pas condamné avant d’être jugé pour autre chose. L’accusation d’incitation à la haine a été abandonnée le lendemain le lendemain de son arrestation, mais rien n’y a fait, il été transféré à la prison de Kodengui à Yaoundé. Sachant que ces motifs sont moins répressif (6 mois de prison maximum si les faits sont avérés), il a été instruit aux magistrats d’ajouter le motif propagation de fausses nouvelles qui est un motif plus répressif afin de le faire mettre plus de temps en prison et justifier sa détention arbitraire. Sauf que dans le cas de cette affaire on ne saurait parler de propagation de fausses nouvelles car cette infraction est liée à la sûreté de l’État ou la tranquillité publique et le Tpi n’a pas compétence pour juger ce type de motif qui relève de la compétence exclusive de la cour de la sûreté de l’État. Au-delà de la raison de façade « acte de diffamation », il ne fait aucun doute que l’arrestation de Paul Chouta est une arrestation politique visant le faire taire. Une dictature qui a mis 200 Camerounais derrière les barreaux pour leurs idéaux politiques n’aurait certainement pas toléré la véhémence et la dextérité  d’un lanceur d’alerte qui dévoile au quotidien les frasques d’un régime aux abois.

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Empoisonné dans sa cellule…

La détention de Paul Chouta est sans aucun doute une preuve vivante du caractère inexistant de la liberté politique, de la liberté d’expression et du respect des droits des citoyens au Cameroun. Les avocats du lanceur d’alerte rappellent que pour une affaire de délit où le prévenu est supposé comparaitre libre selon le code de procédure pénal, l’accusé est plutôt traité comme un criminel. Loin de là, Paul Chouta est loin d’être en sécurité dans les mailles du régime BIYA. Il nous revient que dans la semaine du 20 janvier le journaliste a été victime d’un empoisonnement. Selon ses visiteurs c’est après la consommation d’un repas qu’il a commencé à mal se sentir. Apaisé grâce à l’aide de ses proches, il n’est pas moins craintif, selon lui est difficile de sécuriser ses repas compte tenu du fait qu’il partage une cellule avec plusieurs personnes. Il n’est pas véritablement fixé sur l’origine du poison qui a bien failli lui ôter la vie en prison. 

Pourquoi il faut le libérer

Avant de réitérer la nécessité qu’il y a de remettre Paul Chouta en liberté, il convient de rappeler brièvement le mérite qui est le sien dans la profession. Journaliste et lanceur d’alerte depuis quelques années, ce jeune Camerounais s’est employé à faire du journalisme pour résoudre les maux de la société au travers les réseaux sociaux. Sur sa page Facebook, il a bien souvent rendu   en exclusivité aux Camerounais des informations cachées à l’opinion qui ont  permis à la prise de certaines décisions importantes dans la société. Entre autres, on se souvient du cas « Ibrahim Bello » en mars 2017, un jeune Camerounais injustement  accusé de vol, qui avait été  incarcéré  ligoté avec du caoutchouc et électrisé à outrance au Commissariat d’Ombessa dans le Centre.

Ibrahim Bello après son opération

Ayant vu le détenu dans un état d’agonie, le Commissaire de cette unité  va ordonner sa libération. Ibrahim sera abandonné dans la rue à la merci des intempéries par la police. C’est qu’interviendra le lanceur d’alerte Paul Chouta.Le journaliste va lancer un appel à contribution pour faire connaitre et surtout pour soutenir le jeune homme désemparé. La Campagne « SAUVONS IBRAHIMBELLO » qu’il initie et coordonne alors va ventiler cette injustice à un tel point qu’elle fera le tour du monde. Le régime Biya s’était vu obliger d’agir pour le jeune homme. Dans le même temps les soutiens Sont venus de partout pour accompagner le jeune éprouvé Paul Chouta avait récolté exactement la somme de deux millions cent quatre-vingt mille huit cent cinquante FCFA après son appel. Somme qui a permis à Ibrahim Bello d’être amputé avec succès de ses deux jambes et de la main gauche.

Il en est continuellement remercié par ses followers ;  plusieurs distinctions sont venues reconnaître son mérite. On se souvient qu’il a été sacré meilleur web-influenceur 2019 par la plateforme AfriKinform à la suite des votes ouverts aux internautes. A ce jour, Paul Chouta, tout comme Ibrahim Bello et toutes les autres personnes à qui il a donné le sourire a besoin de NOUS. Très peu de camerounais peuvent faire ce qu’il faisait dans une dictature comme la nôtre. La haine, le tribalisme, la méchanceté ne doivent pas nous empêcher de voir les sacrifices que certains déploient parfois au détriment de leur vie pour nous pour NOUS. RESTER SILENCIEUX DEVANT L’INJUSTICE INFLIGÉE A PAUL CHOUTA C’EST ETRE COMPLICE DU NON RESPECT DU DROIT DE L’HOMME DONT PAUL BIYA ET LES SIENS SE RENDENT DE JOURS EN JOURS COUPABLES.TOUT COMME LUI LE JOURNALISTE MARTINEZ ZOGO CROUPIT EGALEMENT DERRIÈRE LES BARREAUX POUR DES RAISONS ANALOGUES. A QUI LE TOUR ?????? ÇA SUFFIT !

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