Cameroun : Yaoundé prépare une réplique… en l’espèce saignante et trébuchante à Macron

C’est le branle-bas de combat au Cameroun, suite  à l’onde de choc causé par la conversation publique samedi entre un activiste camerounais de la Brigade Anti-Sardinard (BAS) et le président français, Emmanuel Macron.

Cameroonvoice a ainsi appris de différentes sources proches de la présidence et des Renseignements, que les autorités camerounaises, choquées, n’entendaient pas rester sans réaction après le propos du chef de l’Etat français, qui résonne encore ici comme un désaveu retentissant et inédit vis-à-vis du président camerounais Paul Biya, pour certains, et pour d’autres, comme une victoire du camp démocratique contre le régime.

Pour ce faire, alertent nos sources, des hiérarques et stratèges du régime triés sur le volet et se recrutant principalement dans les milieux du renseignement militaire,  du contre-espionnage, ainsi que dans les rangs de l’armée et de la police conventionnelles, sans oublier la presse,  se seraient réunis dès samedi, à l’initiative du Conseil National de Sécurité que chapeaute Atanga Nji, par ailleurs ministre de l’Administration territoriale.

Un montage français avec la complicité de la BAS ?

Pendant la réunion stratégique un plan de communication  aurait été mis sur pied pour dénoncer à travers la presse nationale et “panafrica…niste” et éventuellement les médias dits altermondialistes, « le dévoiement » de la politique africaine de la France par un Emmanuel Macron « inexpérimenté », ignorant des subtilités du langage diplomatique,  qui « joue à apporter sa caution à des anarchistes et fauteurs de guerres qui veulent empêcher le Cameroun et son courageux chef, le nationaliste et patriote président Paul Biya, de poursuivre leur marche vers l’émergence en 2035. ».

Il sera surtout question de démontrer ici, que la nouvelle attitude du président français a simplement  renforcé le sentiment anti-français au Cameroun, voire en Afrique, et qu’elle n’est que la revanche de Macron sur le régime qui n’a pas fait ce qu’il fallait pour que Bolloré rentre en possession du terminal à Conteneurs du Port Autonome de Douala, principal port du Cameroun et de la sous-région CEMAC.

Pour ne pas s’arrêter en chemin, il aurait été suggéré que l’interpellation de Macron par un Camerounais soit présentée comme un montage organisé par les services secrets français qui aurait mis à contribution un sans papier. Et seuls les médias privés (audiovisuels notamment, écrits et cybernétiques), qui seraient chargés de cette besogne, tandis que les médias gouvernementaux, eux, ne devraient s’impliquer qu’accessoirement, de façon résiduelle, par invités interposés, pour que les officiels français n’y voient pas l’ombre des vrais commanditaires.

Les coupures sporadiques et très récurrentes d’Internet, au même rythme que l’électricité que l’on coupe parfois 20 à 30 fois en une journée aurait été également suggérée pour couper de leurs bases locales, les activistes de la diaspora qui les chauffent instantanément à blanc, quasiment minute  by minute, dans la perspective d’une insurrection populaire.   

A ce volet communicationnel de la contre-offensive alléguée, s’ajouterait un autre, politico-sécuritaire, voire militaire, celui-là, dont des ultras du régime non membres du gouvernement et encore moins du Conseil National de Sécurité, mais ayant “voix prépondérante” sont les initiateurs. Ils comptent s’appuyer, pour l’implémentation de leur plan, sur des éléments des unités spéciales de la police et de l’armée, en activité ou à la retraite, mais d’une fidélité incontestable au régime, donc prêts à tuer ou à être tués pour assurer la survie du régime.

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Qui veut la stabilité prépare l’horreur ?

Ce volet aurait pour principale articulation, une série d’actes de nature à créer un climat d’insécurité et à justifier un accroissement de l’offre sécuritaire.  Une source de Cameroonvoice bien introduite   évoque des actes terroristes de plus ou moins faible amplitude à imputer aux sécessionnistes dont on signalera, pour les besoins, l’établissement en régions  francophones de postes avancés, opérés par des activistes armés arrivés dans la foulée des centaines de déplacés internes observées ces trois dernières années en provenance du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Douala, la capitale économique et les agglomérations voisines du Moungo qui accueillent des installations appartenant aux investisseurs français et Bamilékés (désormais à mettre dans le même sac ?) pourraient être les premières cibles.

En ce qui concerne la capitale, Yaoundé, elle devrait être épargnée, mais pourrait servir de théâtre à des manifestations pacifiques de protestation des camerounais patriotes –que la police va “essayer” de réprimer- contre les puissances impérialistes. Ceux qui pensent autrement ne devraient pas essayer de se faire remarquer pour la circonstance, si oui, à leurs risques et périls.

La même source mentionne un regain d’enlèvements d’enfants camerounais, d’abord, et étrangers ensuite, toutes accompagnées de vidéos,  qui seront signés par des « anglophones du régime » pour le compte de mouvements séparatistes ou “restaurationnistes” anglophones authentiques.

Si l’on parlait déjà dimanche matin d’un premier désaccord entre les deux groupes qui se sont réunis samedi pour planifier « la réplique à Macron », les premiers jugeant la stratégie des seconds trop radicale et susceptible de causer plus d’ennuis qu’elle n’apporte de solutions, tandis qu’un des ténors du groupe des “radicaux” disait ouvertement à un ministre camerounais –apôtre de la prudence- qu’il ne savait pas si celui-ci  « roule encore pour le président », il reste que les deux camps « travaillent dans l’optique unique de faire comprendre au président français qu’au cas où il songerait  à l’éjection de l’actuel régime, il commettrait une erreur monumentale, Biya ayant plus d’un tour dans son sac, comme il l’a démontré à chaque fois  » , réussissant ainsi à survivre à Jacques Chirac dont il avait fini par en faire son ami après lui avoir préféré son adversaire socialiste Lionel Jospin lors de l’élection présidentielle de 1995, puis à Nicolas Sarkozy, qui jurait qu’il mettrait hors course tous les régimes  restés trop longtemps au pouvoir en Afrique dont celui en place au Cameroun, et François Hollande qui, après avoir gesticulé contre le régime fut obligé de venir à Yaoundé recevoir à mains propres, l’humiliation de sa vie : “Ne dure pas au pouvoir qui veut, mais dure qui peut” . ».

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