Crise anglophone : Les signes d’une fin ou la chute de Biya

Alors que le régime Biya se montre toujours imperméable aux initiatives pouvant mener à la résolution pacifique de la crise sanglante que traverse le Cameroun, des missions d’enquêtes Onusiennes et autres sanctions américaines se multiplient pour mettre fin à la saignée  

Révélations

« Ils ont tiré sur notre mère en premier. Ensuite, ils ont tiré sur les enfants, puis tous les corps sont tombés sur elle. Ils ont mis le feu à ma maison. »

Victime de l’armée Camerounaise à Human Right Watch

Après le massacre de Ngarbuh, l’ONG internationale Human Right Watch a publié un rapport accablant pour l’armée camerounaise. Il en ressortait que les forces de défense et de sécurité camerounaises ont incendié plusieurs habitations, pillés leurs habitants en filigrane du bain de sang que le régime de Yaoundé reconnait désormais à mots voilés. Le Ministre de la Communication laissait entendre que « l’ONG s’était appuyée sur des témoignages non authentifiés inspirés par des sources non identifiées et dont personne ne peut certifier la fiabilité ». Sans rappeler amplement la mission de Human Right Watch qui est la protection et la défense des droits de l’Homme, on peut remarquer que ce Ministre qui se dit avoir le monopole de la vérité sur une situation qu’il ne suit qu’à partir de son téléphone. Il est très facile pour quelqu’un qui n’a pas lui-même vu mourir des milliers de personnes se rendre de l’ampleur du drame ou de réfléchir avant de débiter des déclarations volcaniques et insensées. Cette démarche n’a rien pour surprendre en effet. Qu’est-ce qu’on peut attendre d’un ministre de Biya si ce n’est de cacher toutes les informations qui peuvent conduire à des actions et autres manœuvres à même de le dévisser de son strapontin ?  Munis de moyens adéquats sur le terrain pour rendre compte de ce massacre perpétuel, l’ONG vient encore de faire des révélations. Il s’agit cette fois d’un témoignage ; celui d’un homme dont la famille a été exécutée froidement par l’armée Camerounaise. « Ils ont tiré sur notre mère en premier. Ensuite, ils ont tiré sur les enfants, puis tous les corps sont tombés sur elle. Ils ont mis le feu à ma maison. », A raconté cet homme âgé de 32 ans à Human Right Watch.

Le tweet de l’ONG relatif à ce témoin

Ce n’est sans doute pas ce à quoi les thuriféraires de Biya se seraient attendus. Ils espéraient que l’ONG se laisse corrompre et commencent à compter des histoires à l’eau de rose sur le quotidien des populations dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest. S’il n’y avait pas des alternatives comme Human Right Watch pour donner des informations exclusives sur la crise, Yaoundé aurait continué d’endormir les Camerounais avec des informations factices d’aide aux populations, de réinsertion et autres. Les Camerounais ne sauraient jamais que la crise anglophone a fait plus de 30000 morts.  

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Enquêtes

A bien y voir, le vent de l’impunité ne va pas souffler longtemps. Des voix s’élèvent pour demander une enquête minutieuse sur le bilan des victimes de la crise dans les régions à majorité anglophone. Le député français Sébastien NADOT avait saisi jeudi la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée Nationale française, pour alerter ses collègues députes et la France, sur la gravité de la situation. Il précisait sur son compte Youtube que « Depuis le massacre de Ngarbuh, toutes les conditions pour aller vers un génocide sont réunies». En sus L’élu de Haute-Garonne vient de  demander une enquête des nations unies au Cameroun pour exhumer tous les crimes perpétrés depuis l’an 2016 dans ces régions. Selon lui elle « permettra définitivement à la communauté internationale de clarifier le génocide en cours. Mais ce type d’enquêtes ne présage régulièrement rien de bon pour les régimes en place. C’est en partie une enquête des Nations unies qui avait permis de mettre à jour les crimes de Kabila en RDC et ouvert progressivement la voie à son départ. » Argumente-t-il.

Dans la même logique, le barreau de New – York vient de réagir. L’intense d’une rare influence dans le monde est au suit de près la situation au Cameroun et vient de demander également la création d’une commission d’enquête internationale sur les violences dans la zone anglophone qui permettra d’établir les responsabilités sans doute pour que des sanctions soient prises. En sus elle appelle de tous vœux une réforme du code électoral en vigueur au Cameroun.

Sanctions

Le Barreau de New – York demande au gouvernement américain de prendre officiellement des sanctions contre des dirigeants camerounais. Il nous revient qu’une liste d’officiels camerounais interdits de séjour aux États-Unis est arrêtées depuis quelques temps ; elle demeure juste dans le plus grand secret pour le moment, mais sera rendue publique incessamment. La commission des affaires africaines du barreau de New-York vise précisément des ministres du régime en place et officiers supérieurs de l’armée camerounaise qui se sont rendus coupables de violations des droits de l’Homme et de corruption pendant la crise majeure que traverse le Cameroun. Par ailleurs, il existe actuellement une nouvelle résolution du sénat américain pour exiger la fin des violences dans la zone anglophone et l’apaisement du climat sociopolitique. La résolution baptisée  « Res. 292 on Cameroon » est déjà prête et ne reste plus qu’à être adoptée par le Sénat. C’est dire que le régime Biya a fort à faire avec les multiples révélations qui seront faites prochainement adossées sur de lourdes sanctions qui iront avec elles. S’il a eu l’habitude d’intimider un média ou une ONG, comment fera-t-il pour intimider le monde entier?

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