Cameroun-Litiges fonciers : L’Etat veut berner les Banen

Expulsées manu militari de leurs terres dans les années 1960 en raison des troubles liés au maquis, un projet du gouvernement est en route pour définitivement exproprier les populations Banen de près de 85 000 ha de leur territoire.

Les populations de Yabassi, Yingui, une partie de Ngambe et une partie de Ndikinimeki sont en passe d’être  expropriées d’une surface de 85 000 ha leur appartenant. Le gouvernement a mis en route un projet visant à les priver d’un vaste espace précisément une forêt désertée. Dans ce sens, les réunions se multiplient dans le département du Nkam sous la présidence de Che Patrick Ngwashi, préfet de la circonscription avec les chefs traditionnels. La dernière en date est celle  tenue le 20 mars dans l’arrondissement de Yabassi après les deux autres tenues respectivement mardi et jeudi à Yabassi et Yingui. Ces entrevues devraient en réalité déboucher une issue connue d’avance. « En effet l’Etat veut classer (se donner un titre foncier) cette étendue qui, dit-il relève du domaine national de 2eme catégorie (non habité et non exploité).Par cette opération elle deviendra un domaine privé de l’Etat. », A appris Cameroonvoice.

C’est alors que les 85 000 ha pourront être attribués à un tiers ; ce qui aurait déjà été fait. Cameroonvoice apprend en effet que la surface a été attribuée  « à un forestier pour exploitation sous forme de UFA (unité forestière aménagée) ». A l’évidence, les multiples Ces réunions Che Patrick Yingui  ne sont donc que des formalités pour un passage en force de l’esbroufe organisée où chacun gagne une grosse cagnotte d’argent au détriment des Banen à qui revient normalement plus de 85% de cet espace. Ils y en ont été débarqués manu militari durant les années sombres du maquis à la force d’un arrêté de 1963 du préfet Koungou Edima à l’époque préfet du Nkam qui faisait de cette espace une « zone interdite ».

Les villages avaient alors été vidés, les populations dispersées. Mais aujourd’hui encore subsistent dans ces forêts les vestiges qui témoignent du vécu et du passé de ces populations à cet endroit ; et donc du fait qu’ils en sont indubitablement les héritiers. Animer par l’intérêt, les officiels Camerounais ne pensent que pour eux-mêmes et pas du tout pour les Banen. C’est sans aucune gêne que ce plan est mis en œuvre pour arracher leur terre. C’est l’occasion ici d’interpeller toutes les forces Banen de l’intérieur et de l’extérieur à s’opposer à cette manœuvre injuste, inopportune, asociale et véreuse. Elle ne vise qu’à assouvir des intérêts égoïstes, cupides et mercantiles au détriment du développement moderne et intégral des fils et filles du Cameroun  natifs de cette partie du pays.  

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