Cameroun-Pénalités: un Camerounais condamné à mort par fusillade publique

Reconnu coupable de meurtre, un jeune Camerounais a été condamné vendredi 20 mars à la peine de mort par fusillade sur la place publique dans une juridiction de Bafia dans la région du Centre.

Derniers jours d’un condamné

Martial Yannick Edoua compte désormais ses jours avant son exécution. Actuellement en détention momentanée à la prison principale de Bafia, il a été condamné à la peine de mort par fusillade sur la place publique. «  L’accusatrice dame Raïssa ayant abandonné les charges depuis », nous informe Jean Fogno, secrétaire exécutif permanent de l’ONG Mandela Center International. En détention provisoire à la prison principale de Bafia, dans la région du Centre du pays, il a été condamné à la peine de mort par fusillade sur la place publique. Cette peine est assortie des dépens liquidés à la somme de 75 650 Fcfa, c’est ce qui a été décidé par Jules Raymond Bilong, le président du Tribunal de grande instance du Mbam et Inoubou.

« Audiences bâclées »

Raïssa Limoue, la plaignante, a longtemps à sa plainte; mais résignés les autorités judicaires de cette localité ont entendu et jugé le mis en cause. Des audiences « bâclées » et « véloces », c’est après quatre audiences  que Jules Raymond Billong, président du Tribunal de grande instance du Mbam et Inoubou, à Bafia va donner cette sentence le 05 du mois dernier pour assassinat. « En sa qualité de délinquant primaire, Martial Yannick Edoua n’a pas eu droit à un procès équitable », a estimé jeudi 19 mars, Jean Fogno, le secrétaire général de Mandela Center International. Dans une société démocratique comme le Cameroun, la prédominance du droit est garantis à la fois par des textes convenus et par un ensemble de principes régisseurs édictés sous l’auspice de l’Onu – notamment les principes fondamentaux de l’indépendance de la magistrature de 1985 -, Les principes basiques relatifs au rôle du barreau de 1990. De même que plusieurs centaines d’autres jurisprudences constantes sur les droits de l’Homme de par le monde.

La peine de mort toujours d’actualité

Le code pénal adopté en 2016 a maintenu la peine de mort, dans ses articles 22 et 23. Il prévoit par ailleurs la peine capitale pour plus d’une vingtaine de transgressions. Les dernières statistiques collectées auprès des 79 prisons que compte la Cameroun, démontrent qu’on a environ 400 détenus qui sont sur le couloir de la mort. Plus d’une centaine parmi eux ont été jugés pour des infractions liées au terrorisme et condamnée à mort après des procès injustes. La majorité de ces jugements sont basés sur des confessions extorquées sous le supplice ou la contrainte. L’article 22 du code pénal de ce texte prévoit également le recours en grâce qui doit être prononcé par le président de la République. Amnesty International en a recensé au moins 690 exécutions dans 20 pays en 2018.

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