Coronavirus : Risque de récession économique en Afrique ?

La pandémie du coronavirus qui continue de plonger le monde entier dans l’émoi, risque avoir de graves conséquences économiques en Afrique et au Cameroun. La chute des exportations de matières premières comme le pétrole, pourrait entraîner une récession comme celle de 2008.

La Chine étant le premier pays frappé fortement par ce virus mortel, l’Europe, et aujourd’hui l’Afrique est confrontée aux réalités du covid-19. Plus de 38 pays touchés sur le continent, plusieurs morts déjà enregistrés, les gouvernements africains ont pris des mesures drastiques allant de la fermeture des frontières au confinement total pour certains et d’autres continuent quand-même de vaquer à leurs occupations quotidiennes et les gouvernements redoutent déjà son impact sur les économies.

Dans une interview accordée au Monde le 17 mars, Vera Songwe, secrétaire exécutive de la Commission Economique des Nations-Unies pour l’Afrique (CEA), affirme que « la croissance économique du continent devrait tomber à 1,8% au lieu de 3,2% en 2020, tout simplement à cause des interruptions dans les relations commerciales ».

Il est à noter que l’impact macro-économique le plus fort pour l’Afrique sera la chute des exportations des matières premières. Ceci parce que tous les pays africains sont dépendants des matières premières minérales. Le pétrole seul représente une partie considérable du produit intérieur brut pour une quinzaine de pays.

Les activités des ports et des aéroports sont touchées. Le continent est affecté par le ralentissement de la demande chinoise et européenne, ses principaux clients. La récession sera bien plus costaude que la crise économique à laquelle l’Afrique avait échappé.

Les secteurs les plus touchés ici seront les secteurs de la logistique dans les ports et transports aériens. Les secteurs du tourisme vont être totalement bouleversés. Ni tourisme d’affaires, ni tourisme de loisirs. L’hôtellerie, la restauration quel que soit sa forme.

Comment l’Afrique pourrait-elle survivre à cela ?

Le ton a été donné par les banques centrales et des gouvernements. La première banque  centrale est celle du Rwanda, elle a mis en place un dispositif pour que le système productif et les entreprises ne chutent pas. Il y a également la banque centrale marocaine qui est active. Au Cameroun, pour éviter cette récession qui s’annonce très dangereuse, l’Association Professionnelle des Etablissements de Crédit du Cameroun (APECCAM) s’est activée.

Dans un communiqué de presse le 20 mars, l’APECCAM préconise les mesures de soutien suivantes : Examiner avec attention particulière, les situations individuelles de leurs clients impactés dans les secteurs d’activités les plus directement exposés en proposant des solutions les plus adaptées de financement à court terme ; envisager avec les clients les moyens compréhensibles de gestion classique de la négociation des dettes bancaires afin d’accompagner et de soutenir les agents économiques qui auraient besoin de négocier leurs contrats et leurs échéanciers de remboursement, pour ne citer que celles-là.

Pour soutenir l’économie nationale de tous les pays africains, les banques nationales doivent donner un coup de pouce aux gouvernements. La sonnette d’alarme est déjà donnée par le Rwanda et le Cameroun.

Dexter Mvé

Facebook Comments
- Publicité -

Plus populaires

Attristé par la nouvelle de la mort du légendaire...
Le déplacement de Paul Biya s'est fait dans la...
Chaque jour les zombies qui usurpent le pouvoir, défient...

Autres actualités

- Publicité -
Facebook Comments