Christophe Guilhou ramène Paul Biya in extremis : La fake audience qui cache mal l’agenda de la France au Cameroun ?

Des empêcheurs d’entourlouper en rond n’ont pas tardé à démêler les intrications de la mise en scène qui a abouti jeudi à la projection… cinématographique sur les médias audiovisuels et les réseaux sociaux de la réapparition du président camerounais dont l’annonce de la mort depuis fin mars a constitué de manière lancinante le menu principal du téléphone arabe, au point de dérouter, voire d’abuser jusqu’aux médias les plus sérieux…

Montage vidéographique loupé comme tend à le faire croire une démonstration d’expert devenue virale sur les réseaux sociaux ? Restitution authentique d’un fait réel malheureusement collecté et traité avec du matériel de reportage et de montage de la chaine de radiotélévision d’Etat devenu subitement défectueux ?

Persistance dans la mauvaise foi des détracteurs du régime faisant feu de tout bois  pour étayer la thèse largement répandue selon laquelle l’homme montré à la télévision en compagnie de l’Ambassadeur de France au  Cameroun n’est pas Paul Biya ? Ces questions et d’autres les opinions et arguments qui vont avec, ne finiront pas de s’entrechoquer,  à moins que l’ambassadeur de France véritable principal protagoniste de cette acte venu en rajouter à la tragi-comédie qui se noue inexorablement sous le ciel politique camerounais depuis le début de la crise politique subséquente à la présidentielle de 2018,  prenne ses responsabilités pour confirmer ou infirmer, via un canal ne souffrant d’aucune équivoque (ce pourrait être le cas ce soir face à Ibrahim Shérif sur la Crtv) la rencontre du 16 avril avec le président camerounais.

PAUL BIYA reçoit l’ambassadeur de France (JT, 16/04/2020)

L’Ambassadeur de France au Cameroun, et au-delà de lui, son pays la France,  occupent une place centrale dans cette affaire qui soulève des passions et entretient la passion au Cameroun depuis 72 heures, tant la subite “réapparition-vidéo” du président camerounais aux côtés de l’Ambassadeur d’un pays dont on sait qu’il conçoit difficilement que le Cameroun puisse devenir un jour un Etat démocratique véritablement au service de ses citoyens, pose questions.

Cela pose d’autant plus questions que ces dernières semaines la France a été évoquée à de nombreuses reprises, par de nombreuses voix et tribunes comme le théâtre du tissage de toutes les combines, devant déboucher sur une succession de gré à gré à la tête du Cameroun qui ne  s’encombrent pas des mécanismes constitutionnels de dévolution du pouvoir. Des combines qui incluraient une consultation assidue de monsieur Franck Biya,  fils de l’autre, pour qu’il accepte de succéder à son père, malgré ses réticences réelles ou supposées pour la chose.

Car dit-on, la France sait qu’après Biya, elle n’aura plus jamais au Cameroun de serviteur ou de président faire-valoir. Du moins si tant est que l’Elysée continue de considérer l’homme à la tête du Cameroun depuis 1982 comme tel, ainsi que le laisse constater une bribe de l’interview accordée à notre confrère Défis Actuels par l’Ambassadeur de France en mars dernier, subséquemment à une audience que lui avait accordée Paul Biya.

Répondant alors à la question du journaliste de savoir si le président Paul Biya lui avait « donné des assurances quant à la suite de certains dossiers économiques d’importance, tels que le terminal à conteneurs du port de Douala ou encore le redressement fiscal de certaines Grandes industries brassicoles », Monsieur Guilhou, avait pris des airs de premier ministre donnant des instructions à son ministre des Finances que serait le président Biya, ou le recadrant sur son “fiscalisme” :

« Nous n’avons pas évoqué la question du terminal à conteneur du Port Autonome de Douala. Il y’a une procédure qui a été lancée, le port a été repris par le Port Autonome de Douala et la concession de Bolloré a expiré le 31 décembre dernier. Les autorités ont tiré toutes les conséquences sachant qu’il y aura un nouvel appel d’offre pour savoir qui va prendre la concession du port après Bolloré.
Quant aux entreprises françaises et la question fiscale, nous avons évoqué cette question et j’ai beaucoup insisté auprès du président pour que le Cameroun soit un pays beaucoup plus attractif pour les investisseurs étrangers. Il faut qu’il puisse attirer davantage de capitaux étrangers. Ce n’est pas en matraquant fiscalement les entreprises que vous arriverez à attirer de nouveaux investisseurs. Surtout pour des entreprises qui sont là depuis toujours, de grosses entreprises, comme le premier employeur privé du pays. On est dans une compétition mondiale, vous souhaitez avoir les meilleures entreprises en les mettant en concurrence les unes avec les autres, il faut aussi tenir compte du fait que le Cameroun est aussi en concurrence avec les autres pays, et de ce fait, il faut que le Cameroun rassure les investisseurs qui viennent mettre de l’argent ici qu’ils arriveront à faire du profit et que l’investissement fait au Cameroun sera profitable à leurs propres entreprises. C’est ce sujet là que nous avons évoqué. Quant à moi je ferai tout mon possible, et je l’ai déjà fait, pour faire en sorte que le Cameroun soit le plus attractif possible et qu’on ait davantage d’entreprises françaises au Cameroun. Et tout dépendra de la capacité qu’a le Cameroun à être attractif dans un système de compétition internationale et régionale. »

La France tombe le masque du complot contre l’alternance démocratique au Cameroun

#ctaText??#  Cameroun/22 septembre : Bibou Nissack convoque le Général Nkoa Atenga pour annuler les menaces d'Atanga Nji et Consorts

Est-ce pour gagner du temps afin de trouver la combinaison consensuelle à proposer aux nombreux prétendants au fauteuil le plus convoité que la France, déjà accusée de préparer le fils (*) pour succéder au père comme c’était le cas au Togo en 2005, aurait, 24 heures seulement après que Maurice Kamto a saisi l’Assemblée Nationale à l’effet d’enclencher le processus de constatation de la vacance à la présidence de la république, dépêché l’Ambassadeur Christophe Guilhou pour tirer de son… confinement  -sous le prétexte d’une causette sur le Coronavirus et de remerciements mutuels- un Paul Biya qui –dans le meilleur des cas- était resté jusqu’ici sourd aux appels des Camerounais confrontés au plus mortel des dangers de leur existence en tant que peuple, ou, dans le pire des cas, les avait complètement abandonnés aux mains de ses supplétifs -avec lesquels ils n’ont signé aucun engagement-, au risque de se faire accuser de haute trahison ou de désertion (toutes choses égales par ailleurs) ?

Cette question parmi d’autres, valable seulement au cas où l’audience accordée le 16 avril à l’Ambassadeur Guilhou ne serait pas un montage (au Cameroun, rien n’est aussi douteux que l’information officielle en temps de crise), en appelle d’autres :

  • Pourquoi après l’annonce par tweet présidentiel de l’audience à lui accordée, l’ambassadeur de France n’a pas à son tour publié un tweet pour corroborer (ou nuancer éventuellement) alors que quelques heures seulement après la divulgation de la rencontre, des internautes et blogueurs  hostiles au régime,   se sont jetés à bras raccourcis sur la vidéo pour la décrypter et démontrer sa fausseté, autrement dit l’inexistence de la rencontre ?
  • Pourquoi alors que Paul Biya triomphait après cette audience, l’Ambassadeur s’est quant à lui, contenté de se retweeter mièvrement  un tweet de RFI, radio du ministère français des Affaires étrangères, comme si c’est à son corps défendant qu’il acceptait d’endosser cette mascarade ourdie par sa hiérarchie…,

…pour ne se raviser que des heures après, certainement après l’interpellation de l’avocat camerounais Me Ntimbane Bomo, et parler de cette rencontre en tant que l’une des parties prenantes directes ?

  • Pourquoi, pour une rencontre qui a eu lieu jeudi, soit la veille du dernier jour ouvré de la semaine, le service de la Communication de l’Ambassade de France au Cameroun n’a toujours pas trouvé le moyen d’informer le public que le chef de mission diplomatique hexagonale a été reçu par le chef de l’Etat du pays d’accréditation, ne serait-ce que pour couper court  à une autre information rendue publique par le Pr. Franklin Nyamsi, activiste camerounais en exil en France selon laquelle,  de sources internes à l’Ambassade de France au Cameroun même, une rencontre du type de celle rapportée par (le tweet) de Paul Biya n’avait jamais eu lieu ?
FRANKLIN NYAMSI AFFIRME AUSSI QU´IL N´YA EU AUCUNE RENCONTRE OFFICIELLE DE PAUL BIYA CE 16.04.2020

Des questions sans fin auxquelles l’Ambassadeur pourrait peut-être apporter des réponses lors de son passage à la télévision d’Etat camerounaise dont il est l’invité de l’émission “Actualité hebdo” ce dimanche soir.

(*) L’idée avalisée par Paris d’une succession familiale à la tête du Cameroun ferait son petit bonhomme de chemin depuis l’année dernière, et serait même à l’origine du départ de l’ancien Ambassadeur de France,  Gilles Thibaut, sur fond de limogeage pour “faute professionnelle”, selon notre confrère béninois beninwebtv.com qui affirmait en 2019 que : « c’est la fuite des confidences du chef de l’Etat qui ont été relayées par certains médias qui en est la raison principale. Alors que le Président Paul Biya lui aurait confié son plan secret pour se faire remplacer par son propre fils, le diplomate n’a pas pu garder l’information secrète. La presse camerounaise l’a abondamment relayée. Ce qui n’aurait pas plu au Chef de l’Etat. Paul Biya pourrait souhaiter son départ pour ce que d’aucuns appellent “faute professionnelle” ».

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